La dette réduite de 12,3 milliards US

0
25

Les Congolais sont agréablement surpris d’apprendre, en marge des festivités du cinquantenaire de l’indépendance, que les institutions de Breton Wood viennent de leur offrir une prime à la bonne gouvernance. 12,3 milliards de dollars américains viennent ainsi d’être effacés sur un total global d’environ 14 milliards Usd. Comme cadeau du Cinquantenaire, on ne pouvait pas demander mieux. La décision tant espérée d’atteinte du Point d’Achèvement de l’Initiative PPTE (Pays Pauvres Très Endettés) est là.

Au-delà de la fierté légitime à tirer de cette victoire collective, dont le parcours a été parsemé d’énormes sacrifices, surtout pour les moins nantis d’entre nos compatriotes, et de compressions drastiques des dépenses publiques et de souveraineté pour nos gouvernants, il est recommandé à tous et à chacun de garder la tête froide. La RDC demeure sous la haute surveillance de ses bailleurs de fonds. En effet, le FMI et la Banque Mondiale ont saisi l’occasion pour nous rappeler les règles du jeu à ne pas transgresser. Il s’agit notamment de poursuivre la politique de stabilisation du cadre macro-économique, d’assainissement des finances publiques, d’amélioration du climat des affaires, de coordination entre la BCC et les décideurs politiques en matière d’utilisation des liquidités, de lutte contre la pauvreté, d’accroissement des ressources internes, etc.

En fait, concomitamment à la création des richesses, surtout dans les secteurs des mines et des hydrocarbures, et leur gestion rationnelle, notre pays a la lourde responsabilité d’accélérer les réformes allant dans le sens des attentes des investisseurs tant nationaux qu’étrangers. Bref, la RDC n’a plus le droit de se conduire comme un Etat à part.

Si le pays a dû subir une terrible cure de jeûne financier et monétaire lui imposée de l’extérieur pendant près d’une décennie, c’est à cause des erreurs monumentales de gestion accumulées par ses propres citoyens, des guerres fratricides et des querelles politiciennes, de 1960 à 2010. 50 années durant en effet, les Congolaises et Congolais ont gaspillé des chances franches de développer leur pays, de le démocratiser, de le stabiliser politiquement, de le pacifier.

La pilule de la reconstruction, de la bonne gouvernance, de la pacification, de la relance économique, de la démocratisation de, de la réconciliation nationale, a été très difficile à avaler. Il serait injuste que les gouvernants seuls ou les gouvernés seuls revendiquent la paternité de la grande victoire de l’atteinte du Point d’Achèvement de l’Initiative PPTE.

Pour les 50 ans à venir, les défis de bâtir un Congo nouveau, d’intérioriser la bonne gouvernance, la démocratie, la culture de la paix, la justice distributive, exigent d’être relevés.

Personne n’ignore que le Congo d’hier a été détruit par ses propres enfants, notamment à cause du pillage de ses ressources, de l’absence de démocratie, du déficit de patriotisme, de la mauvaise gouvernance, de l’inexistence de l’Etat de droit, de la déification des hommes forts au pouvoir, de la chasse aux ennemis de la patrie, de la « Révolution », de la « Libération »…

Les erreurs du passé devraient inspirer aux décideurs d’aujourd’hui et de demain des attitudes plus souples et responsables à l’égard de la critique, de la contradiction. Les détenteurs des mandats du peuple, à tous les niveaux, devraient s’incliner devant l’obligation de rendre compte, le devoir d’écoute même de ce qui ne leur est pas agréable à l’oreille, l’impératif de rendre le tablier dès qu’ils se sentent désavoués par leurs mandants ou qu’ils constatent leur propre échec dans la conduite des affaires publiques.

Le temps des hommes forts doit être totalement révolu dans le Congo nouveau, celui où la recherche du bonheur collectif devrait commander les propos et actes des personnalités ayant la charge de la gestion de la « cité ». Gérer autrement le pays ne doit plus s’arrêter à une vue de l’esprit mais devenir une réalité de tous les jours. Le temps nous est désormais  pour montrer au monde extérieur que nous avons tiré les leçons du passé, que nous n’allons plus nous donner le luxe de criminaliser l’économie nationale, au point de placer le pays dans une situation d’éternel assisté traînant une ardoise de près de 14 milliards de dollars américains.

                                   Kimp.

 

LEAVE A REPLY

*