La démocratie participative est encore à construire

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Comme le dit un adage africain tiré d’un poème de feu Birago DIOP : « les morts ne sont pas morts, ils sont dans l’ombre, dans la forêt, dans la case….. ». La lettre des Martyrs du 16 février rendue publique par 10 organisations de défense des droits de l’homme opérant en RDC, dont rdcparticulièrement le Groupe Amos, Toges Noires, Ekolo ya Bondeko, CIAM-KIN, Congo Web, LMC, SMC, MCCL, Signis et le CALCC, regroupés au sein du Collectif du 16 février et qui furent les fers de lance de cette marche glorieuse, se veut avant tout un appel lancé par des compatriotes morts à l’émergence de la démocratie participative. C’était une des raisons fondamentales de cette marche organisée suite à la déclaration du comité permanent de la conférence épiscopale du Zaïre faite le 27 janvier 1992 et du message des abbés de Kinshasa rendu publique le 26 janvier de la même année.

Des centaines des milliers d’hommes et femmes, tous sexes et âges confondus, descendirent dans les rues de la capitale portant des chapelets, des bibles, des rameaux, des drapelets et chantant des cantiques religieuses. Le sang avait coulé à flots suite à l’intervention violente des éléments des forces armées régulières de la République, auxquelles s’étaient joints des éléments fortement armés provenant d’un Etat du Sahel pour réprimer les manifestants pacifiques. « Au cours de cette marche, nous sommes tombés sous les balles de la répression violente du régime dictatorial de Mobutu», lit-on dans cette lettre provenant du «village des ancêtres».

            Vingt-deux ans après cette marche glorieuse, proclament les martyrs depuis le «village des ancêtres», en direction de ceux qui gardent encore les séquelles de cette violente répression « la démocratie pour laquelle nous avions marché et pour laquelle nous avons donné notre vie est celle qui repose sur les valeurs d’égalité, de participation, de liberté et de justice. Une égalité qui entraine le respect de tout être humain, une participation qui suppose la responsabilité de chacun et de tous, une liberté qui est le fruit de la vérité qui engendre la vraie paix ». Les habitants de ce «village des ancêtres» se disent fiers d’être allés dans l’au-delà sans aucun regret car mort pour une cause noble, à savoir l’intérêt supérieur de la nation.

Castro

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