La culture refuse de rester au bord de la route

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L’année 2010 reste une année de tous les enjeux en Afrique. Presque tous les pays africains commémorent le cinquantenaire de leur accession à la souveraineté nationale. La RD Congo veut mettre les petits plats dans les grands !  A vrai dire, elle a les capacités et les moyens pour de grandioses festivités à l’image de sa grandeur. Mais, à la seule condition que l’équipe organisatrice s’empreigne des enjeux et soit composée de professionnels aguerris afin d’en finir avec la longue récréation qui relègue la culture au simple amusement d’esprit!

Comme preuve de relâchement, à l’occasion du récent sommet de la SADC, les Chefs d’Etats visiteurs n’ont pu découvrir aucun symbole culturel du pays hôte. La RDC ne dispose d’aucun bâtiment pouvant abriter un Musée digne de son nom. Pourtant, ce ne sont pas les œuvres et les monuments de qualité historique et artistique qui manquent ! Les archives nationales sont également en lambeaux. Plus grave, bien respectée à travers le monde pour sa riche diversité musicale, la RDC n’a aucune industrie musicale ni cinématographique pouvant attirer la curiosité des regards extérieurs.

            Pour ce, il faut recourir à la véritable expertise nationale qui doit déjà se mettre au boulot sans aucune tergiversation, une structure qui devra être autonome et indépendante de toutes injonctions politiciennes sous le parrainage de la Présidence et du Ministère de tutelle.

            A cet effet, nous avons parcouru le plan d’action et chronogramme des activités culturelles du 50ème avec beaucoup d’intérêt. Un projet qui devrait servir de modèle et être perfectionné par les experts. Il présente l’avantage de collaborer avec les Instituts supérieurs des métiers d’art, les centres culturels et les associations culturelles… 

             En liminaire, l’on relève une certaine prise de conscience en ces termes: « La culture est le socle sur lequel se construit toute nation, un facteur de cohésion et de solidarité, un appui fondamental à tous  les secteurs de la vie nationale. L’année 2010 devra marquer le point de départ d’une nouvelle vision politique, profondément ancrée dans la culture et les traditions, riches et diversifiées de notre pays et une belle vitrine pour sa promotion à l’occasion des grandioses manifestations… »

            Grosso modo, ces manifestations devront s’étaler sur une année, soit du 3 janvier au 20 décembre 2010 avec une période clé couvrant la semaine d’avant et d’après la date fatidique du 30 juin. Celle-ci s’intitulerait « Quinzaine du 30 juin ». Elle débutera par un défilé de modes (50 ans de modèle stylistique masculin et féminin) à l’Isam, puis une Kermesse de la cuisine congolaise à la Fikin, un Colloque sur l’histoire politique de la RDC (Vision rétrospective et prospective), Carnavals des artistes de toutes les disciplines ; un Méga concert des vedettes musicales de 50 ans de l’indépendance (5 concerts), une Exposition sur l’histoire politique des 50 ans de la RDC , des Manifestations culturelles de la diaspora, un Festival « La RDC et le monde » avec les partenaires culturels internationaux,  un Colloque et un Festival national des Pygmées et autres peuples autochtones, Journées de réflexion sur la problématique de la promotion du cinéma congolais et Concours du disque d’Or congolais…

  

Où sont les deux millions us? 

           A nos diverses préoccupations, le Ministre de la Culture et des Arts, Esdras Kambale, affiche l’optimisme sur le succès du cinquantenaire : « Ces manifestations sont une priorité des priorités pour le Gouvernement et le Chef de l’Etat, Joseph Kabila. Toutes les batteries sont en marche pour la réussite totale. Le contact avec le comité organisateur est assuré. Nous venons de tirer quelques riches enseignements avec l’expert congolais et international, Professeur Isidore N’Daywell et les directeurs nationaux de différents départements culturels. Nous pensons aussi que l’occasion est là de débloquer les 2 millions de dollars octroyés pour la culture afin de doter le pays d’un studio d’enregistrement moderne… »

Eddy Kabeya 

 

 

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