La Cour des Comptes doit être revisitée

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Des dossiers des présumés  détournements des membres  de la législature passée sont en circulation sous les manteaux voici des mois. L’on s’entre-accuse entre  politiciens alors que la Cour des Comptes existe et est censée fonctionner normalement. 
La vérité sur l’état actuel de la Cour des Comptes est jusque là peu connue.  
Raison pour laquelle  l’Observatoire de la Dépense Publique (ODEP)  et  la Cour des Comptes ainsi que les membres de la société civile spécialisés en questions budgétaires se sont réunis dans la salle des conférences du cercle Élaeis, le vendredi 15 juin 2012, dans la commune de la Gombe. Le thème de ces huit heures de réflexion  était : « Journée d’information et sensibilisation : la Cour des Comptes  et la société civile ». Cette  activité était financée par le module «bonne gouvernance du Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD).
Quelle est la mission de la Cour des Comptes ? Comment  est-elle organisée? Quel est le contenu du projet de son renforcement? etc. Devant ces petites questions  concernant  cette  grande instance du pays, les réponses sont déplorables.  S’agissant de la mission, il faut préciser elle n’est chargée de contrôler que les comptes et les comptables et non les politiciens.
Cependant,  sur le plan du fonctionnement, elle ne  compte qu’une quarantaine d’agents.  Elle doit normalement être installée à travers  toute la République, ce qui veut dire dans toutes les provinces, les territoires et les districts, etc. Or, l’Afrique du Sud avec  à peu près 35 millions d’habitants compte près de 2.000 agents à la Cour des comptes et la Chine en  a 1 million. Devant cette situation, la Cour des Comptes est incapable d’accomplir sa mission sur toute l’étendue de la république. Pour assurer un certain  équilibre dans son administration, il lui faut recruter au moins soixante magistrats stagiaires. 
 
Néanmoins sur le plan organisationnel, la Cour des Comptes se bat pour donner le meilleur d’elle-même. Elle est butée à beaucoup des problèmes  mais surtout financiers. D’après nos sources, elle a cessé de participer aux  fora internationaux depuis 2007. 
L’on  note qu’aucun projet de loi n’a été  votée sur la Cour des Comptes depuis 2004. Cependant, chaque année,  elle dépose son rapport  annuel au parlement. Mais, le rapport n’est pas vulgarisée d’où une carence criante d’informations au sein de la population. 
Pour une meilleure visibilité de la Cour des Comptes, il faudrait :
– que la société civile accompagne la Cour des Comptes ;
– qu’on anticipe la planification de la Cour des Comptes ;
– qu’on vulgarise l’information publique à tous les niveaux ;
– que l’on diversifie les supports d’information au lieu de se limiter au Journal officiel. Car, il faut militer pour la transparence ;
– que l’on mette en place un mécanisme de collaboration entre la société civile et la Cour des Comptes ; 
– que l’on élabore une feuille de route
– que la société civile  se mobilise pour que la Cour des Comptes ne se transforme pas en Assemblée nationale où la volonté d’un groupe d’individus prime et non le bien-être de l’ensemble de la population ; etc.
 
Où va le Congo ?
 
La République Démocratique du Congo est un pays  grand et riche.  Mais la réalité sur le terrain est renversante. Hélas!, les deniers publics  sont régulièrement détournés. Qui en sont les auteurs? Et qui doit faire le suivi?. 
« En droit de sociétés, une  société est représentée par ses organes qui sont des personnes physiques ou morales. Quand il y a détournement dans une  entreprise publique, un ministère etc. qui  doit le constater? N’est-ce pas la  Cour des Comptes? Ce ne sont pas les politiciens qui  doivent nous informer des opérations de détournement». Il faudrait militer pour le développement du pays et son redressement, indique un juriste de formation et de profession, dans l’anonymat.   
 
Dorcas  NSOMUE

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