La Congolaise toujours malade de la parité

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 «La pilule est amère à avaler» a déclaré à la presse Félicité Kanku, membre du Cadre permanent de concertation de la femme congolaise. C’était le vendredi 1er juillet 2011 au siège de cette organisation féminine située derrière le ministère du Travail et de la Prévoyance Sociale. Elle faisait allusion à la loi électorale adoptée par le Parlement congolais.

Les femmes n’ont pas encore digéré l’adoption de la loi électorale à la chambre basse le 23 mai 2011, particulièrement en son article 13 qui ne contient comme en 2006 aucune mesure contraignante pour les partis politiques quant à l’application de la parité homme/femme sur les listes électorales, a-t-elle dit.
Elle a souligné que plusieurs organisations des femmes avaient inscrit cette problématique dans leurs agendas. Elles n’ont pas lésiné sur les moyens pour préparer et soutenir une initiative conforme pourtant à la Constitution. Elles se sont mises à l’œuvre pendant plusieurs mois. Pour le Cadre permanent de la concertation de la femme congolaise, une formation avec des experts en la matière à l’intention des femmes politiques toutes tendances confondues pour la relecture de la loi électorale a été planifiée et organisée du 19 au 20 janvier 2011.« C’est du temps, des efforts et des moyens financiers jetés par la fenêtre, » a-t-elle dit.

A croire la dame, il a fallu plusieurs ateliers à son organisation pour cerner pourquoi la femme n’était pas bien représentée dans les instances de prise des décisions à l’issue des élections de 2006. Les femmes ont finalement constaté que la loi électorale ne leur était pas favorable ainsi que le système électoral mis en place. Pour donner plus de chances aux femmes aux élections de 2011, le Cadre permanent de concertation de la femme congolaise a procédé à une relecture de la loi électorale de 2006 afin de corriger les irrégularités et peaufiner des stratégies pour apporter des amendements dans la loi électorale de 2011. «Tout ce travail n’a pas permis aux femmes d’atteindre l’objectif final qu’elles visaient, à savoir l’application de la parité homme/femme sur les listes électorales.
Malgré cette déception, Félicité Nkanku invite les femmes à ne pas baisser les bras, à ne pas s’avouer vaincues. «Nous devons continuer à nous battre, notamment en sensibilisant la femme à voter femme lors de prochaines échéances électorales», a-t-elle déclaré.
A titre de rappel, signalons que constituant plus de 50% de l’électorat en Rd Congo, les femmes n’ont obtenu que 42 sièges sur 500 à  l’Assemblée nationale, soit 8,4%, et 5 sièges sur 100 au Senat, soit 4,63%. 

C’est à un véritable défi que l’interlocutrice de la presse convie les Congolaises. Même si la femme constitue le plus grand électorat en Rd Congo, elle sert plus les hommes que les femmes. A quelques mois des élections, les organisations féminines ont du pain sur la planche pour convaincre les Congolaises à voter femme. Une tâche qui n’est pas facile au regard de ce qu’attendent les électrices et les électeurs en Rd Congo. Il suffit d’un polo, une bouteille de bière, un képi, une boite de sardines ou même un petit savon pour donner leurs voix sans chercher à jeter un regard curieux sur le programme politique du candidat.
Sensibiliser la femme à voter femme ne suffit pas. Les organisations féminines doivent aussi penser à sensibiliser la femme candidate à être plus combative, plus communicative et plus convaincante qu’elle ne l’était en  2006 dans l’arène électorale.  Elles doivent aussi avoir le courage de se présenter comme indépendantes si elles ne sont pas prises en compte dans les listes électorales des partis politiques.

Jean- René Bompolonga

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