La colère monte chez les « féministes »

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Les membres de la Ligue des Femmes Congolaises pour les Elections (LIFCE) sont montés au créneau le mercredi 10 mars 2010 pour dénoncer les images télévisées étalant une chienne habillée en pagne, diffusées le lundi 8 mars à Kinshasa. « C’est un comportement inacceptable ! Nous sommes vraiment choquées de suivre ces images en ce jour commémorant le combat de la femme pour gagner ses droits » a clamé Me Mimi Angèle Konde, rapporteuse adjointe et chargée des questions juridiques à LIFCE. Dépitée par l’interprétation malheureuse que l’on fait de cet événement qu’on limite uniquement au port du pagne, Me Konde a rappelé qu’il s’agit, entre autres, d’exalter les grandes dames, tant au niveau national qu’international, qui ont milité pour l’émancipation de la gent féminine. Aussi, c’est une occasion de réfléchir sur l’avenir de la femme. « Alors que nous avons encore des étapes à franchir, voilà qu’un individu fait la promotion des antivaleurs en ramenant la femme au niveau de l’animal. Pourquoi une telle cruauté ? Pourquoi doit-il rabattre sa propre mère au niveau d’une chienne ? » s’est-elle interrogée avec douleur.

La LIFCE s’étant fixée pour objectif de promouvoir le leadership féminin, nonobstant les pesanteurs politiques, ses animatrices ont juré d’entamer des contacts avec l’autorité de tutelle, le ministère du Genre, Famille et Enfant, afin de réprimer cet acte portant atteinte à la dignité de la femme. « Après la dénonciation, nous allons initier des poursuites judiciaires car il faudra frapper dur pour dissuader d’autres intrigants qui seront tentés de rééditer cet exemple… »

Concernant justement la célébration de la journée internationale de la femme au niveau local, les féministes ont tiré la sonnette d’alarme face à l’imbroglio entretenu autour du message essentiel lancé le 8 mars. En effet, elles dénoncent le fait qu’on diffuse des images montrant filles et garçons de l’école maternelle, mis côte-à-côte et habillés en pagne et veste/cravate. « Quel message veut-on lancer par là à ces jeunes bambins ? Il en est de même pour les enfants de l’école primaire, secondaire voire universitaire car ils sont rentrés très tard ce jour-là avec pour seul argument la célébration de la journée de la femme, a déclaré Me Konde.

Emboitant le pas à sa congénère, Honorine Christine Bokashanga a exprimé sa désolation à l’endroit de cet homme qui n’a pas valorisé la femme en se promenant ouvertement dans les rues de Bandal en dénigrant celles qui lui ont donné la vie. « Nous attirons l’attention de l’autorité politique sur ce geste, sinon demain après la chienne, ça sera la chatte, la poule ; la lionne et nous risquons toutes de nous retrouver dans un jardin zoologique ».

Tshieke Bukasa

 

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