La chasse aux Congolais : le Pr Banyaku met le doigt dans la plaie

0
80

 A vouloir trop jouer au malin, on finit par se faire démasquer devant l’épreuve des faits par ceux qu’on prend souvent pour  des bourriques. Car, il est étonnant de constater que l’expulsion révoltante des RDCongolais  de refoulerBrazzaville n’a pas fait réagir tous ceux qui, jadis, insistaient pour  voir  les concertations nationales pourtant initiées par le Président Joseph Kabila se tenir à Brazzaville sous le haut patronage de son Voisin d’en face. Que serait-il arrivé si au cours du déroulement des travaux,  un scandale diplomatique comme celui de l’actuelle expulsion barbare des RDCongolais s’était produit ? Nul doute, l’opposition radicale serait sortie ragaillardie, car en refusant de se rendre à Brazzaville, elle aura bien déjoué  ce piège récurrent  sur fond de complicité entre l’opposition républicaine sous la conduite de son autorité morale et les  autorités congolaises d’en face. 

            On peut aujourd’hui se permettre de croire que tous ceux qui voulaient faire prévaloir le modèle politique du Modérateur de Brazzaville, n’avaient qu’un seul objectif, celui d’humilier le peuple RDcongolais et son Président. Du coup, le scenario d’engrenage infernal se serait mis en place, prenant en étau la RDC par la guerre à l’Est  et l’humiliation à l’Ouest  sous le regard intéressé du premier d’entre les militants du Médiateur de Brazzaville. Il s’en serait suivi des blocages pour aboutir au jeu du partage équitable et équilibré  du pouvoir à la suite d’une légitimité ainsi effritée des Institutions issues des élections de 2011.

Le Patriarche des Anamongo s’était fait prendre à ce jeu

            Ce scenario politique a déjà été tenté en juillet 1994 et seul le renversement du pouvoir par l’AFDL en mai 1997 avait empêché la concrétisation de ce plan mis en marche depuis 1990. Feu Justin Marie Bomboko a toujours regretté de s’être fait prendre  la seule fois de sa vie à ce vilain jeu. En effet, lorsqu’il fut Président de la fameuse Commission HCR-PT du 8 mai 1994 composée  de 33 membres, dont 15 étaient d’origine Anamongo, il avait soutenu  l’idée de faire passer un des leurs, présenté comme Anamongo par adoption.

            La suite a démontré le contraire, car une fois élu Premier Ministre, il a pris ses distances d’avec les Anamongo et le Gouvernement qu’il forma ne compta que  trois Anamongo qui occupèrent du reste des postes peu enviés..

La colère du Patriarche fut incommensurable et ce, jusqu’à la fin de ses jours. On peut donc comprendre l’empressement du dernier  Comité d’Organisation de ses Funérailles à exiger que tous les messages préparés à cette occasion soient passés  au tamis du Comité  avant toute lecture en public. C’était pour éviter tout débordement de langage ou encore toute contestation publique par la Ligue des Anamongo.

Silence du Médiateur Préféré de l’Opposition Républicaine

            En revenant aux faits, on constate avec amertume que le Médiateur préféré par l’autorité morale de l’opposition républicaine  lors de dernières  Concertations Nationales s’est terré  dans un silence froid et ses adeptes en RDC  imputent cyniquement la responsabilité de cette expulsion barbare des RDCongolais à l’Autorité de Kinshasa au prétexte que celle-ci aurait provoqué l’exode des «Kuluna» de Kinshasa vers l’autre rive du Fleuve Congo. Et le refoulement barbare de nombreux jeunes congolais ressemble à un coup de colère du parrain sûrement déçu par la longue attente du Gouvernement de Cohésion nationale que l’opposition républicaine  et son autorité morale réclament à cor et à cri.

Le plus dramatique de l’enjeu diplomatique actuel est la tournure conspiratrice que prennent les événements liés  à  cette expulsion massive des Congolais, où on ne distingue plus certains fauteurs de troubles descendants de soldats de l’ancienne  DSP et les autres expulsés. Tout ressemble à un cocktail social  pour faire flamber Kinshasa.

Expulsion sauvage

Pour la petite histoire des relations Congo-Kinshasa et Congo-Brazzaville, on note que les RDCongolais ont fréquemment  été victimes de la politique  cynique d’expulsion sauvage de la part des autorités brazzavilloises. En effet, déjà en juillet 1960, il y eut des expulsions brutales des Congolais par l’Abbé  Fulbert Youlu pour faire pression sur le premier Gouvernement nationaliste de Lumumba.

            En 1964, les RDCongolais ont été refoulés massivement par le Président Massamba Debat en rétorsion au discours incendiaire de Moïse Tshombe contre certains régimes africains socialistes après son retour de la réunion de l’ex-OUA au Caire.

            En mars 1970, plusieurs RDCongolais sont arrêtés et quinze d’entr’eux sont exécutés pour participation supposée  au complot contre le régime de la République Populaire du Congo du Président Marien Ngouabi. Et en mars 1977, de nombreux RDCongolais sont encore expulsés après l’assassinat du Président Marien Ngouabi, cette fois-ci  sous le nouveau régime de Denis Sassou Nguesso.

            Entre  août  1997 et octobre 1997, les RDCongolais sont pris pour cible dans la guerre civile à Brazzaville opposant Pascal Lissouba et Denis Sassou Nguesso, dont nombreux parmi eux perdent innocemment leurs vies. Pendant les deux dernières décennies  2000, la situation a même empiré  malgré les multiples réunions de la Commission mixte RDCongo et Congo Brazzaville.

Gêne de la Majorité

            Pour cette dernière expulsion barbare des RDCongolais, la Majorité n’a pas cru bon d’élever la voix pour demander des comptes à l’opposition devenue républicaine pour le besoin de la cause et particulièrement à sa nouvelle autorité morale devant la grave situation des RDCongolais expulsés de manière inhumaine  du pays de leur pressenti Modérateur aux Concertations Nationales.

Cela aurait pu bien être une alerte précautionneuse  face à la nature machiavélique de la démarche menée avec insistance et urgence par les tenants de la démocratie consensuelle en termes  d’un ultimatum pour la formation d’un Gouvernement de Cohésion Nationale sous le label du partage équitable et équilibré  du pouvoir. On ne peut qualifier cette manie des tenants de l’opposition républicaine que  «  d’adduction politique pour les coups fourrés ou les coups de force  permanents» dans la scène politique congolaise ».

            L’adduction politique à la subversion se justifie du fait que ce sont les  mêmes Acteurs qui conspirent  depuis bientôt trente ans pour accéder par des voies détournées à la magistrature suprême du pays. La vieille opposition radicale et la nouvelle opposition du centre sont  mises hors jeu  et  la Majorité, à court de stratégies opérationnelles, se trouve submergée par l’opposition républicaine en quête de pouvoir par effraction.

 On peut se demander devant ce tableau funeste,  s’il s’agit de la part de la Majorité d’une gêne embarrassante devant un rapport des forces en faveur de l’opposition républicaine ou d’une complicité sordide par appât de gains.  Dans un cas comme dans l’autre, la majorité est sonnée debout   devant le pugilat de ses adversaires plus aguerris politiquement, en  perdant ainsi l’initiative et  en subissant  la loi du plus malin.

L’ampleur du Complot

Il paraît  de plus en plus évident que la présente expulsion ciblée des RDCongolais répond à une volonté politique de  créer un front social en augmentant la pression avec les jeunes incontrôlés  et préparés à des actes terroristes, puisque nombreux d’entr’eux ont refusé tout enregistrement aux services d’immigration du Beach Fima. Le Gouvernement congolais doit prendre la mesure de l’ampleur du complot et des actions subversives initiées pour faciliter  la prise de pouvoir par des arrivistes patentés.

Désormais, un seul mot d’ordre : « ne jamais trahir le Congo et ses institutions».

LEAVE A REPLY

*