La CENI poursuivie par le signe indien

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Après les scandales des tripatouillages des élections présidentielle et législatives en 2011, de la mise en place de son nouveau Bureau sur fond de tricherie et de course à l’enrichissement facile, des émoluments des membres de son ancienne équipe dirigeante, l’on en est maintenant au désaveu de l’abbé Malumalu, le revenant et nouveau président de son staff, par l’Eglise catholique. Tout porte à croire que la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) est poursuivie par le signe indien. Car, au lendemain des tripatouillages électoraux de novembre 2011, les partenaires de la République Démocratique du Congo avaient mis une croix sur le pasteur Daniel Ngoy Mulunda et ses collaborateurs, coupables d’avoir étouffé la vérité des urnes. Après une année et demi de « rébellion », ce ministre de Dieu et ses parrains ont fini par jeter l’éponge.

            Mais, dès que s’est déclarée la vacance, une guerre de succession sans merci s’est engagée au niveau de la Majorité au pouvoir, de l’Opposition tant institutionnelle que non parlementaire, ainsi que de la Société civile et sa flopée de sous-composantes, dont les confessions religieuses. A l’analyse des combats au couteau engagés entre candidats membres du Bureau de la CENI, le pot aux roses a finalement a été découvert : les mandataires de la CENI sont les citoyens les mieux payés de la République. Ils bénéficient d’émoluments supérieurs à ceux de tout le monde : ministres, sénateurs, députés nationaux, gestionnaires d’entreprises du portefeuille, etc.

            Les rares « salariés » qui peuvent rivaliser avec les membres du Bureau de la CENI à travers le territoire national, ce sont les managers expatriés oeuvrant dans le secteur des industries minières et pétrolières. D’où le triste constat selon lequel certains compatriotes ont failli s’entretuer non pas pour se mettre au service de la patrie, mais plutôt se les mettre plein les poches pendant plusieurs années, le temps de leur mandat à la tête de cette institution d’appui à la démocratie.

            S’agissant particulièrement du cas de l’abbé Malumalu, les commentaires vont bon train autour de son nouveau statut. Démis de ses fonctions de Directeur général de l’Institut Panafricain Cardinal Martino, désavoué par l’ensemble des Evêques de la République et en passe de subir les rigueurs du Droit Canon à  cause de sa désobéissance, il y a lieu de se demander à quel titre il va siéger désormais au sein de la CENI, après avoir été dépouillé de sa casquette de prêtre catholique.

            Si l’on devrait s’en tenir aux textes, le maintien de l’abbé Malumalu, qui ne représente plus que lui-même, au Bureau de la CENI constitue une entorse à la Loi portant création, organisation et fonctionnement de cette institution d’appui à la démocratie. Ce citoyen ne peut plus revendiquer son appartenance à la sous-composante « Confessions religieuses » et partant, à la Société Civile.

            Après les mesures annoncées par la CENCO (Conférence Episcopale Nationale du Congo) et le terrible discrédit qui en découle pour lui dans les milieux des prêtres et chrétiens catholiques, placés devant un cas patent de désobéissance à l’endroit du Vatican et de l’Eglise Catholique Congolaise, le cas de l’abbé Malumalu exige une réponse claire de la part de ceux qui ont parrainé sa candidature, sous prétexte qu’il aurait bénéficié du quitus de sa hiérarchie, en l’occurrence l’Evêque du Diocèse de Butembo. Or, paradoxalement, c’est à ce prélat qu’il est fait injonction d’appliquer les dispositions du Droit Canon à l’égard de sa brebis galeuse.

Une institution aussi stratégique que la CENI va-t-elle être laissée entre les mains d’un abbé «rebelle », qui a longtemps gardé un mutisme, laissant croire à certains qu’il avait reçu mandat de sa hiérarchie pour faire acte de candidature? Or, la CENCO a clarifié la situation en permettant à tous de savoir, aujourd’hui, que l’intéressé est passé outre les instructions du Vatican. Il appartient à ses souteneurs d’en prendre acte.

                                        Kimp

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