La CENI, malade de la catholiphobie et des coups bas

0
66

Ceni_1 (1)Serrez la ceinture lors de cette lecture car la présente réflexion vous fera voguer dans des zones vertigineuses.

Les révérends protestants du sommet du sous-marin (pas les bandimi), et les vénérables catholiques du haut du pavé (épargnant les fidèles) ont rivalisé et rivaliseront en vue d’arracher le contrôle de la CENI, un mécanisme politique ultra-névralgique, créateur des dieux, pardon, faiseur des rois.

En accéléré nous dirons : les protestants ainsi que leurs alliés, crient victoire. Mr NANGAA, leur poulain moulu à l’école de Malumalu, est hissé sur le strapontin. Mais puisque les catholiques, s’inscrivant en faux, refusent de baisser pavillon, alors je prophétise des orages, des vagues impétueuses.

En effet, l’élection du successeur de Malumalu à la tête de la CENI avait eu lieu voici quelques jours sans le combat de coqs attendu, sans non plus résoudre les équations, si non, elle les a multipliées. Le mode opérandi de cette élection a eu pour effet, à la fois, d’énerver les règles procédurières habituelles de votation, et, surtout de mépriser le point d’appui essentiel : le critérium exigible au dépôt des candidatures.

            L’adoption d’une échelle de valeurs conductrice du ou des choix est un noble souci qui a été superbement bafoué in fine. La délégation catholique (âgée de 2000 ans) aux assises concernées, s’affichait pour un accord préalable sur le profil du futur Président du Bureau. Quant à la délégation protestante (âgée de 500 ans), bruyante et brouillante, elle ne voulut point qu’il y ait de critères de base. L’assemblée avait auparavant décidé que ce poste soit dévolu à l’une de ces deux églises. D’où la désignation du nommé NANGAA, élu à la cantonade.

            L’indication de l’âge des organisations des candidats (2000 ans et 500 ans) pourrait s’intégrer comme un des éléments logiques dans  le profil du délégué quand on pense à la maturité, à l’esprit de responsabilité.

  1. LE NOUMENE

 

  1. a) Le vrai perdant

            Lorsque Mr TSHISEKEDI l’avait emporté sur Mr KANZA en 1992 à l’élection du Premier Ministre par les honorables Conférenciers de la célèbre CNS, je disais : Mr TSHISEKEDI n’a pas battu Mr KANZA, plutôt, soulignais-je, il venait de battre Mr MOBUTU et d’écraser son régime. Aujourd’hui, en langage correct, les protestants, à la CENI, n’ont pas battu les catholiques, plutôt, ils ont battu l’Opposition.

            Les ruses jointes aux intrigues dans cette imposture seront à l’étude détaillée plus tard.

            Quelle est la justification ? Il suffira de déchirer le voile qui recouvre la réalité réelle, l’on réalisera réellement bien que le gagnant, c’est le Pouvoir qui a coupé le goulot de bouteilles de vin blanc tous feux éteints. Tandis que le vrai perdant, en vérité, n’est ni l’Opposition, ni l’Eglise Catholique, mais « horreco referens » (j’ai horreur en le constatant), les perdants sont tous ceux qui pensaient passivement que Malumalu parti, la soupape des forces d’étranglement sauterait, que ces forces détaleraient en déroute. Illusion éminente. Ce n’est pas rose. C’est …morose.

  1. b) Le vernis est-il neutre ?

            Le verni est probablement neutre, mais sûrement il se casse, s’efface à terme. Le Bureau de la CENI respire sous une troisième couche de vernis. Il est composé de sept membres représentant la Majorité gouvernante, l’Opposition au pouvoir, devenue Opposition du Pouvoir, plus une certaine Société Civile. C’est la loi organique qui l’impose. Un tel Bureau ne peut pas, scientifiquement, être apolitique, impartial, neutre. En outre, y seront représentés seulement  les six partis politiques membres du Bureau.

            Des théoriciens du Droit disent : « DURA LEX SED LEX », c’est-à-dire que l’on doit se soumettre même à une mauvaise loi. Cette théorie est battue en brèche par les philosophes en deux temps un mouvement :

  1. Le droit est une idéologie (on abolit la peine de mort en France, on la renforce aux USA).
  2. La loi ne doit pas être servie, elle doit servir. Quand une loi ne rend pas le service qu’on en attend, on la change, elle. D’où cette clause revenant souvent : « la présente loi abroge et remplace la précédente »

  1. c) La majorité est un nombre

            Somme toute, parler de délégués de la Majorité à la CENI, suggère de reconnaitre le sens du mot Majorité. Qu’est-ce comme notion ?

            En politicien, la majorité légitime l’exercice du Pouvoir. En juriste, c’est l’âge minimum de la capacité d’ester en justice. Le philosophe, décomplexé, dit ce qui suit :

La Majorité est un nombre et non un nom. Personne ne s’appelle Majorité. La Majorité n’existe pas par elle-même, elle n’en est  une qu’en face d’une minorité consentante. Si ladite minorité s’estime  suffisante, elle est aussi majoritaire que ladite majorité. La majorité on la compte (d’où l’expression majorité numérique).  La Multitude, on ne la compte pas (d’où l’expression majorité sociologique). La Multitude est plus puissante que la majorité en fluides ascendants et autoritaires. Le Pouvoir utilise sa Majorité de bonne guerre ou de mauvais augure. L’Opposition congolaise ne fait pas usage de la Multitude qui lui est cependant proche. Dommage. L’on accède au Pouvoir au moyen de la Majorité, l’on s’y maintient par la faiblesse ou la force de la Multitude. La Multitude fait accéder au Pouvoir qu’elle lâche dès que ce Pouvoir flirte avec une seule des parties de la Multitude, surtout si cette partie sème la confusion. Toutes les Multitudes sont des Majorités profondes. Toutes les majorités ne sont pas des multitudes, mais un fragment. Le débat est ouvert sur ce rendu dialectique.

  1. d) CENI saine, saine Gouvernance

Jean-Baptiste COLBERT, Conseiller à la Cour, avait autrefois demandé au Roi de France (Louis XIV, 17ème siècle) : « Sire, faites-moi une bonne politique, je vous ferai des bonnes finances, une bonne économie ». KALOUBI MANSSANGA (qui n’a que des devoirs), paraphrasant  COLBERT, demande aux dirigeants de l’Etat congolais : « Bandeko na ngayi, faites-moi une bonne CENI ; c’est tout ce qui me manque pour remplir mes devoirs, et je vous gratifierai des véritables élus qui feront « du bien-être le bien de tous les êtres et non de quelques-uns »

Nous perdons énormément d’énergie et de temps à réclamer ou à rejeter la tenue du Dialogue, à nous impliquer activement dans l’attente molle (paradoxal) des échéances électorales. Tenez, lorsque le résultat de notre grande lutte pour ou contre le Dialogue, de notre détermination implacable d’aller aux élections coûte que coûte, sera confronté au chiffre Zéro, il se formera deux Zéros. Pour cause la compagnie malodorante d’une CENI nauséeuse, infirme congénitale, intriguante au possible, inutilement montée contre les catholiques (ma confession est ailleurs) ; et d’une loi électorale sans race. Malgré cela nous cheminons allègrement bras dessus bras dessous avec des compatriotes d’une hygiène mentale sujette à caution.

En une seule CENI, il y a le chemin royal qui  mène à la Présidence de la République, il y a la large chaussée par laquelle on passe avant de grimper les gradins de l’hémicycle abritant le Parlement ; enfin, il y a dans les fibres simulées du corps-CENI trente-six petites ruelles adjacentes empruntées par des piétons ministrables.

  1. LE PHENOMENE
  1. a) L’impertinence des lois

Le fond, soit le nouménal, demeure la loi organique batarde instituant la CENI, plus la loi électorale actuelle revisitée et restée vicieuse, l’une et l’autre ayant été mal emmanchées au départ d’un législateur distrait, fatigué, subjugué, mercantiliste.

Appel est lancé à l’adresse des patriotes de saisir le taureau par les cornes. Nos lois sont illégales. Notre constitution est inconstitutionnelle. Rappelez-vous qu’elle avait été adoptée en 2006 par un référendum déroulé en violation des dispositions de la loi référendaire, laquelle loi référendaire édicte comment organiser les referenda et les plébiscites. Très peu d’entre nous s’en souviennent. Beaucoup d’autres l’ignorent. C’est un point grave à aborder à la débatique future.

  1. b) Des élections malfaisantes

            Quoiqu’il en soit, l’analyse du phénoménal (la forme) prend son ticket pour aller interpeller notre digne classe politique à travers l’avertissement ci-après :

Des élections mal faites sont un moindre mal par rapport à des élections malfaisantes.

Définition : les élections mal faites sont celles dont le déroulement bute à des déficiences à réparer, achoppe à des erreurs à corriger, les humains étant abonnés à la faillibilité. En revanche, les élections malfaisantes sont celles dont la planification est portée par une intention évidente de nuire à un ou à plusieurs candidats connus ou inconnus, ou par le désir avéré de créer subtilement un climat susceptible de torpiller le scrutin, ou à l’inverse en initiant délibérément une action encadrée par des textes de loi visant à favoriser indûment un candidat hors-le-droit. Par exemple, décréter comme critère de validation d’une candidature le fait de porter une queue. Cela en vue de faire proclamer un chien parmi les victorieux. Les élections malfaisantes sont protégées par la haute malice que seuls des initiés supérieurs pourront déceler et déjouer.

Kinshasa, le 24 octobre 2015

(Par KALOUBI MANSSANGA, Philosophe)

E-mail : geelsienne@yahoo.fr

0990022538 / 0850124826 / 0816566178