La Ceni a confisqué la souveraineté du peuple

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C’est un Dr Anatole Matusila très remonté qui a improvisé hier dans les couloirs du Palais du Peuple un point de presse pour crier son ras-le-bol et affirmer que le temps est venu pour la représentation nationale de faire preuve ne fût-ce que d’un minimum de respect à l’endroit du peuple souverain.
Tout le monde sait ce qui s’est passé au mois de novembre à l’occasion des élections présidentielle et législatives. De mémoire de congolais, on n’a jamais vécu un tel chaos. 
Le peuple a opéré ses choix et ces choix ont été ignorés par le pouvoir organisateur des élections. Aujourd’hui que ceux qui siègent à l’Assemblée Nationale ont la possibilité d’évaluer les pilotes du processus électoral, l’honnêteté recommande de faire l’évaluation sans états d’âme. Le peuple qui observe et qui a été floué dans ses ses choix et dans ses espoirs n’acceptera pas qu’on continue de se moquer de lui. Maintenir les auteurs du crash aux commandes de la Ceni sera perçu comme un message de démobilisation des électeurs qui comprendront ainsi que le vote n’a aucun sens dans notre pays.
 
A l’heure qu’il est, a déclaré le député issu des rangs de l’Abako, un grand fossé sépare la population et ceux qui exercent le pouvoir, à cause des tripatouillages dont la Ceni s’est rendu coupable.
Matusila s’est dit convaincu que les mises en garde des forces sociales réelles, indiquent clairement que persévérer dans la voie du défi serait à court terme suicidaire et ne pourrait conduire qu’à la paralysie de l’action politique. Sauf si l’objectif poursuivi est celui d’une vision purement jouissive de l’autorité de l’Etat , une vision qui, par le passé, a conduit à la faillite de l’Etat, a-t-il souligné.
Pour conclure, Anatole Matusila a affirmé qu’aucun compromis n’est possible entre un peuple meurtri et frustré avec une Ceni qui lui confisque sa souveraineté et le prend en otage. Il a suggéré que la loi électorale soit revisitée pour renforcer le dispositif de la transparence et instaurer les conditions non négociables du respect de la volonté du peuple exprimée dans les urnes et des droits ainsi que les libertés fondamentales consacrés par la constitution. 
 
 
ERIC WEMBA     

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