La campagne électorale est mal partie !

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Lancée officiellement le vendredi 28 octobre 2011 à partir de minuit, la campagne électorale pour la présidentielle et les législatives nationales est mal partie. En effet, quelques minutes seulement après le go, Kinshasa a enregistré ses premiers incidents entre membres d’états-majors politiques chargés de monter les calicots des candidats au niveau de places publiques (carrefours, parkings de taxis, arrêts de bus, boulevards, avenues goudronnées). Les poteaux d’éclairage publics et les gros arbres étaient fort disputés durant toute la nuit, jusqu’aux petites heures de la matinée.

Des échauffourées ont opposé « Pomba » et « Shegués » de différents camps. En dépit des appels à une campagne électorale apaisée lancés le jeudi 27 octobre 2011 par Daniel Ngoy Mulunda, président de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), peu avant de laisser libre cours à la propagande tous azimuts, les violences sont au rendez-vous. Elles se sont amplifiées le week-end, singulièrement dans les villes de Kinshasa, de Mbuji-Mayi et de Kisangani.

Dans la capitale, une dame a été poignardée et « pillée » à Masina/Abattoir, au motif qu’elle battait campagne. Au quartier Yolo, dans la commune de Kalamu, un combattant de l’UDPS a été attaqué par un groupe de sportifs du PPRD pendant qu’il arpentait les rues de ce quartier, laissant flotter au vent le drapeau de son parti. Fâché d’avoir été agressé et surtout de la destruction méchante de l’emblème cher à son parti, il est allé chercher du renfort. Et pendant des heures, Yolo a vécu une ambiance propre à la jungle.

Aux quatre coins de la ville, « Pomba » et « Shegués » ont fait régner un climat de terreur, le plus souvent sous l’œil passif des agents de l’ordre.
A Mbuji-Mayi, la police a tiré à balles réelles après une bataille rangée entre militants de la majorité et de l’opposition d’abord, puis entre combattants de l’Udps et militants du PPRD, au terme de laquelle on a compté plusieurs blessés. La réaction du Conseil de sécurité de la province du Kasaï-Oriental, a paru très bizarre. En effet, en réaction à ces accrochages, il a décidé d’interdire toute manifestation publique de l’UDPS jusqu’à la fin de la campagne électorale.
A Kisangani, on laisse entendre qu’une autorité de la place a mis en place un commando ayant pour mission de torpiller l’arrivée d’Etienne Tshisekedi, candidat à la présidentielle, dans cette ville. Et, le week-end dernier, un groupe fantôme se réclamant de l’UDPS s’est mis en vedette en perturbant la campagne des candidats de ce parti aux élections législatives nationales.

La campagne électorale a donc démarré dans un climat d’intolérance politique, d’agressions physiques et verbales, d’interférences de certaines autorités politiques et administratives dans les activités des partis qu’elles ne portent pas dans leurs cœurs. Le signal de départ fait craindre une implosion sociale avant la tenue des scrutins présidentiels et législatifs nationaux annoncés pour le 28 novembre 2011.

Kimp

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