La bourde du FLEC

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Le mitraillage, vendredi, par des francs-tireurs du FLEC (Front de Libération de l’Enclave du Cabinda), de l’autocar amenant la délégation et le staff de l’équipe nationale du Togo de football du Congo voisin vers le Cabinda, a mis sous l’éteignoir l’ouverture officielle de la compétition, prévue hier entre l’Angola et le Mali. La mort de deux Togolais (l’entraîneur adjoint des Eperviers et l’attaché de presse de la Fédération togolaise de football) ainsi que la grave blessure infligée au gardien de l’équipe nationale (opéré samedi en Afrique du Sud), ont jeté un terrible discrédit sur ce mouvement rebelle.

La condamnation de cet acte, qui n’a rien à envier à ceux du grand terrorisme international, est unanime, en Afrique comme dans le reste du monde. Partout, il est reproché au Flec d’avoir visé des citoyens étranges et innocents pour faire entendre sa cause, celle de la lutte pour l’autodétermination du peuple cabindais vis-à-vis de l’Angola, qu’il considère comme une « puissance » colonisatrice, après la longue colonisation portugaise de 1885 (Conférence de Berlin) à 1975.

L’on pense qu’il y avait moyen de faire entendre autrement la voix du Cabinda, par exemple en dirigeant la fusillade sur l’escorte de l’armée angolaise plutôt que sur les membres de la délégation togolaise. Une vielle tradition remontant la Grèce antique veut que les fêtes sportives soient des moments de rupture avec la guerre ou la violence, pour le triomphe du fair-play, de la paix, de l’amitié, de la fraternité.

On sait que la révolte du peuple cabindais ne date pas d’hier. Sous l’occupation portugaise comme après l’indépendance de l’Angola, les « indépendandistes » n’ont jamais déposé les armes. Logiquement, ils n’avaient pas besoin du sang des Togolais pour attirer l’attention de la planète sur leur sort. Avec la bourde de vendredi, le Flec a assombri son image à travers le monde. Ses dirigeants ont agi comme si le Cabinda, dans l’hypothèse de son indépendance, vivrait en autarcie, sans contact avec d’autres peuples d’Afrique et du monde ou comme si la barbarie de vendredi allait susciter des élans de sympathie. 

Le fâcheux précédent congolais

Lorsque l’on jette un regard sur la transition congolaise, l’on est tenté d’affirmer que la prime attribuée par la communauté internationale aux seigneurs de guerre est en train de faire des émules dans d’autres Etats africains. Les mouvements rebelles savent que pour être associés à la gestion des affaires publiques, il leur faut faire couler le sang, détruire des infrastructures de base, commettre des viols massifs sur les femmes et les filles, éliminer l’autorité de l’Etat dans la partie du territoire sous leur contrôle. Il n’est pas étonnant de voir le Flec expérimenter une recette qui a fort bien réussi en RDC et dont les derniers dividendes politiques sont en train d’être récoltés par le CNDP (Conseil National pour la Défense du Peuple).

Le terrorisme : un fléau international

Au-delà de la condamnation de l’acte ignoble posé par le Flec, il y a lieu de retenir que le terrorisme est devenu un fléau international. Incontrôlable aux USA (11 septembre 2001), en Europe, en Asie, au Moyen et en Extrême Orient, il fait chaque jour des milliers de morts et de blessés. En Irak et en Afghanistan, des « bombes » vivantes se font sauter au quotidien, causant la mort dans les rangs des soldats américains, britanniques et autres.

On ne peut donc, au départ d’une bêtise isolée, se lancer dans l’afro-pessimisme tendant à faire croire que l’Afrique ne serait pas capable d’organiser des grandes compétitions et pousser le bouchon très loin jusqu’à douter de la bonne organisation de la Coupe du monde en juin prochain en Afrique du Sud.

Kimp.

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