La BM met 750 millions US sur la table pour l’amélioration de la desserte électrique à Kinshasa

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Depuis un certain temps, la ville de Kinshasa a curieusement renoué avec les trous noirs dans la plupart de ses quartiers. Même les communes de la Gombe, Limete et Ngaliema qui étaient jadis épargnées des délestages et autres fedders, sont aujourd’hui concernées par le problème récurrent de  rupture quotidienne de fourniture en énergie électrique à des heures bien déterminées, plongeant des zones entières dans l’obscurité et obligeant des familles modestes à recourir au bois de chauffage ou au charbon et les fortunées à faire fonctionner des groupes électrogènes.

Mais en amont, il y a l’équation de la production du courant électrique, son transport et sa distribution dans la ville de Kinshasa. Avec les demi-solutions qui ne résolvaient rien, ni n’amélioraient la desserte de l’énergie électrique et ne restauraient la confiance entre la SNEL et ses millions d’abonnés, la Banque mondiale a convenu avec le gouvernement congolais d’intervenir dans ce domaine, à travers le «Projet de marché de l’électricité à la consommation domestique et à l’export (PMEDE).

 L’intervention  de la Banque mondiale chiffrée à 579,70 millions de dollars, va couvrir deux programmes distincts. Le premier qui est un programme d’urgence dans le secteur de la production, du transport et de la distribution. Il vise à stabiliser la situation du réseau de la SNEL, en attendant la réalisation de grands travaux de réhabilitation des installations électriques, tandis que le second programme de base consiste en la réhabilitation des groupes de centrales d’Inga, la construction de la deuxième ligne Inga-Kinshasa et l’extension du réseau de distribution de Kinshasa.

Ce grand projet est scindé en cinq composantes. Si pour la composante I relative à la production, la Banque mondiale entend libérer un financement de l’ordre de 226,7 millions de dollars, destiné à la réhabilitation des installations hydro-électriques au barrage d’Inga, les travaux de génie civil seront réalisés sur le canal d’alimentation, afin d’améliorer l’écoulement des eaux à travers la centrale, la rénovation des turbines et d’autres installations pour augmenter la capacité opérationnelle et la fiabilité des centrales d’Inga 1 et 2, du niveau actuel de 700 MW à près de 1.300 MW de production fiable.

Relative au transport, la composante 2 requiert un financement de 93,8 millions de dollars, qui permettra la construction d’une ligne électrique  de 400 KV entre Inga et Kinshasa. Cette seconde ligne, comme on le sait, aura pour objectif de compléter celle en activité de 220 KV Inga et Kinshasa, apporter une quantité supplémentaire d’électricité, et améliorer la sécurité dans le transport du courant électrique entre Inga et Kinshasa.

         La composante 3 entièrement consacrée à la distribution, nécessite un financement de l’ordre de 88,5 millions de dollars. Elle comprend comme travaux essentiels, la réhabilitation des installations et extension du réseau électrique de distribution de Kinshasa. Notamment par la réhabilitation des postes d’injection, des sous-stations de 30/6,6 KV et des cabines de moyenne et de basse tension, à laquelle il faudrait ajouter le programme de décharge du réseau de distribution de Kinshasa. Ce report des charges permettra de soulager le réseau actuellement surchargé.

         Enfin, il y aura l’extension du réseau aux zones actuellement non électrifiées de Kinshasa. Le branchement dans ces zones prévoit une capacité de 50.000 nouveaux abonnés.

         La composante 4 qui concerne un renforcement des capacités et gouvernance, exige un financement de 41,2 millions de dollars. Elle est axée sur les activités de facturation et recouvrement, la planification et la maintenance du matériel électrique.

         Et la composante 5 chiffrée à 48,8 millions de dollars entend apporter un appui à l’exécution effective des travaux liés au projet, notamment par la nomination d’un consultant pour l’ingénierie et d’un spécialiste de passation des marchés et de la gestion financière.

         Après le démarrage de ces sous-projets, la population kinoise attend toujours la disparition des trous noirs, le retour à la facturation basée sur une réelle consommation et la restauration de la confiance entre le producteur et ses abonnés.

J.R.T.