La BM et la BAD prêtes à booster le DSCRP 2

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A la demande du gouvernement congolais, une grande réunion de deux jours, se tiendra les 21 et 22 juillet prochains à Kinshasa, sous son leadership, avec ses deux partenaires techniques et financiers, la Banque mondiale et la Banque africaine de développement. A l’ordre du jour de cette rencontre, il sera procédé à la revue conjointe de la performance des projets de l’exécutif congolais appuyés en RDC, par les deux institutions de financement au développement.

Il s’agira en somme, pour le gouvernement et ses deux partenaires, comme il faudrait le souligner, de faire un zoom sur les  portefeuilles de ces derniers, de débattre sur la mise en œuvre des projets au regard des problèmes enregistrés sur le terrain, de définir les nouvelles priorités en fonction du DSCRP 2, pour enfin, déterminer les prochaines stratégies sectorielles, de manière à améliorer la performance des portefeuilles.
En marge de cette réunion de deux jours, la directrice des opérations de la Banque mondiale pour la RDC et la république du Congo, s’est entretenue hier avec la presse, pour retracer les grandes lignes de ces concertations entre l’exécutif congolais et ses deux partenaires techniques et financiers, avant de souligner les enjeux de discussions qui seront engagées pour améliorer la performance de portefeuilles de la BM et la BAD.

A cette occasion, Marie Françoise Marie-Nelly a rappelé ce qu’ont été les 10 ans de réengagement de la Banque mondiale en RDC, en termes de réalisation, secteur par secteur, avec le volume des interventions de son institution.
Lors de la présentation de sa stratégie-pays en 2007, la BM qui avait procédé pratiquement à l’évaluation de son plan d’action, avait décidé d’attendre l’élaboration du 2 ème DSCRP qui sera approuvé par le gouvernement congolais en septembre 2011, pour dévoiler sa nouvelle stratégie et lancer un programme intérimaire devant couvrir la période allant de 2007 à 2012.
La directrice des opérations de la BM en a profité pour signaler qu’il a été mis sur pied une plateforme des partenaires au développement se réunissant une fois par mois, afin de conjuguer leurs efforts pour une meilleure coordination des actions de développement en faveur de la RDC.
Au niveau de cette structure, il a été décidé renforcer une meilleure division du travail et d’utiliser le budget de l’Etat congolais comme l’un des instruments importants pour la réalisation des projets de développement.
Pour le programme intérimaire, les partenaires ont apporté une contribution de l’ordre de 1,4 milliard de dollars dont la part la plus importante devait être consacrée aux secteurs sociaux.

Dans ce cadre, la Banque mondiale a débloqué 240 millions de dollars en 2011 pour des interventions conjointes des partenaires estimées à 2 milliards de dollars par an.
Mme Marie Françoise Marie-Nelly a fait savoir que chaque année, la Banque mondiale prévoit un décaissement de plus au moins 500 millions de dollars. Si en 2009, c’est 560 millions de dollars qui ont été prévus au décaissement, en 2010, ce fut 541 millions de dollars.
En termes d’engagement global,  son institution entend  intervenir pour un montant de 3 milliards de dollars.
L’objectif actuellement visé par la Banque mondiale, est de maintenir 300 millions de dollars par an, qui représentent la moitié de l’enveloppe qui a été prévue au budget.

Cependant, en termes de performance, beaucoup de choses ont été réalisées. La Banque mondiale a en effet, quitté la phase des projets d’urgence dans différents secteurs pour s’engager dans la phase de projets de stabilisation, notamment dans la santé et l’éducation.
Elle a cité le projet d’urgence et multisectoriel  PURUS lancé en 2007 qui a bénéficié d’une intervention catalytique de la Banque mondiale, et qui était concentré sur Kinshasa, sur les secteurs sociaux. Il y a eu aussi le PMDA et autres projets.
Dans le secteur du développement humain,  la Banque mondiale est intervenue dans la lutte contre le paludisme, avec la distribution de plus de 2 millions de moustiquaires imprégnés d’insecticide.  Les résultats des études réalisées par la faculté de médecine sont encourageants.
La directrice des opérations de la BM pour la RDC et la république du Congo a évoqué également le décaissement de 100 millions de dollars supplémentaires pour renforcer la lutte contre la malaria.

Dans le cadre de la lutte contre le sida, à fin mai, cette institution s’est lancée avec les autres partenaires dans le projet d’acquisition des médicaments antirétroviraux. Certes, a-t-elle fait remarquer, les besoins sont importants. Mais les interventions opérées se situaient toujours en dessous des besoins exprimés pour l’ensemble du territoire congolais. Voilà pourquoi il faut soutenir les efforts réalisés dans les différents secteurs.
Dans le volet de la réforme des entreprises publiques, le Copirep a travaillé dans le projet consacré à l’amélioration du climat des affaires, notamment avec l’adhésion de la RDC à l’Ohada. Une équipe des magistrats congolais se trouve présentement en formation pour apprendre cette législation supra-nationale.
Un autre projet consiste à mettre à niveau les administrations et a requis un financement de 3 millions de dollars.
D’ici à trois ans, les administrations devront avoir une gestion moderne.

Dans le secteur de l’énergie, elle a parlé du projet de construction de la ligne de transport de courant électrique entre Inga et Kasumbalesa pour lequel la BM prévoit le financement d’un milliard de dollars. Des problèmes subsistent à Inga où il faut réhabiliter six turbines qui n’avaient pas été entretenues depuis leur mise en service. Il faut créer une seconde ligne de transport de courant entre Inga et Kinshasa pour soulager la desserte en énergie électrique. Pour la réalisation de certains travaux, il faut un hélicoptère pour aller repérer et localiser certains sites sur le tracé de la ligne.
C’est un cheminement méthodique, fera-t-elle savoir, car tout ne peut se faire en un seul jour, même si on disponibilisait le financement.
Pour tous ces travaux, l’horizon fixé est 2015. Et les contrats sont en train d’être finalisés entre la Banque mondiale et la Banque africaine de développement. Mais elles n’intégreront le projet que dès que les choses seront plus claires.
Quels sont alors les défis que les partenaires voyent en provinces ?
Pour Marie Françoise Marie-Nelly, il faut voir d’abord les projets d’avant 2006 et l’après-2006. Avec le PASU, la BM est intervenue dans 11 provinces. Le principal défi est d’être de plus en plus présent dans les provinces. C’est dans ce cadre que la BM a lancé des rencontres avec les ressortissants. Avec les bénéficiaires des projets, la BM apprend qu’il y a de plus en plus des besoins. Et cela permet aux populations locales de repenser le développement de leur province.

L’autre défi, a indiqué la directrice des opérations de la BM, est de quitter la gestion autonome des projets de développement pour la restituer aux provinces.
Du point de vue stratégique, on est confronté au problème de la réforme de la Fonction publique dont la majorité des agents ont déjà dépassé l’âge de la retraite.
Lors de la journée de concertation avec le gouvernement et ses partenaires techniques et financiers, les équipes des ministères seront associées aux discussions et l’on débattra que le budget 2012 soit de plus en plus pris en compte dans la réalisation de la plupart des projets. Surtout avec l’enveloppe de 350 millions de dollars récupérés sur l’atteinte du point d’achèvement.
Enfin, Marie Françoise Marie-Nelly a évoqué d’autres projets, tels que la SNCC, et les conclusions de sa visite dans les hôpitaux et centres de santé réhabilités par la BM.

J.R.T.

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