La BCC réfléchit sur le développement des marchés financiers

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images (2)Le gouverneur de la Banque Centrale du Congo (BCC) a procédé, hier jeudi 8 août, à l’ouverture des travaux du « séminaire-atelier sur le développement des marchés financiers en République démocratique du Congo ».

Dans son discours, Deogratias Mutombo Mwana Nyembo a indiqué que la réforme du secteur financier constitue l’un des axes majeurs de la vision actuelle de la Banque centrale qu’il dirige. Une réalité qu’il a eue à répéter à plusieurs occasions, a-t-il souligné.

En guise de justification du bien-fondé du séminaire-atelier dont il était en train de lancer les travaux, il a déclaré : « …l’Institution d’émission entend promouvoir le développement d’un marché financier en République Démocratique du Congo en vue de parvenir à un financement adéquat de l’économie et, par ricochet, accompagner efficacement les efforts du gouvernement de la République dans la recherche d’une croissance à deux chiffres avec comme objectif : l’émergence de l’économie à l’horizon 2030 ».

Ainsi face à la situation nationale marquée par la réduction de l’aide publique au développement et à la faiblesse des financements bilatéraux et multilatéraux au regard des besoins de développement du pays, le gouverneur de la BCC envisage comme remède : l’élargissement du système financier congolais en incluant le volet marché boursier afin d’optimiser le financement de l’économie nationale.

«C’est dans ce cadre que la Banque centrale, avec le concours de tous, souhaite au cours de ces deux journées, donner l’impulsion à la matière par des réflexions sur les conditions d’émergence d’un marché financier structuré et moderne en République Démocratique du Congo ».

Pour enrichir davantage les débats au cours des travaux, Deogratias Mutombo a rafraîchi la mémoire des participants sur les différentes actions ayant milité en faveur de la configuration de l’actuel système financier congolais, et la problématique du sous-financement de l’économie nationale.

Il a renseigné, à cet effet, qu’au cours des deux dernières décennies l’Institut d’émission a initié un vaste plan d’assainissement de l’environnement macro-financier national. Plusieurs actions ont été menées, notamment :

– La liquidation des banques non viables et la restructuration de celles présentant un état financier soutenable ;

– Le renforcement du dispositif de surveillance de tous les intermédiaires, y compris l’augmentation du capital minimum des banques et le durcissement des normes relatives à l’actionnariat dans le secteur bancaire ;

– L’adoption d’une loi contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme ;

– La libéralisation du marché des changes et l’adoption du régime de change flottant ;

– L’élimination des restrictions qui pesaient sur les marchés monétaires et l’activité bancaire, notamment les conditions d’octroi des crédits, l’ouverture des comptes de dépôt et la fixation des taux d’intérêt ;

– L’automatisation de la compensation au sein du système bancaire ;

– L’introduction du mobile banking.

En outre, le gouverneur a informé que certaines actions sont en cours. Il s’agit entre autres de :

– L’étude de la loi organique de la Banque centrale, de la loi bancaire et de celle sur la microfinance ;

– La migration du système bancaire aux normes IFRS ;

– La mise en place de la centrale des risques.

Tous ces efforts du fond de stabilité du cadre macro-économique installée dans la durée, a soutenu Deogratis Mutombo, ont débouché sur plusieurs résultats qui ont positivement affecté le système financier national.

Dans la foulée, il a cité :

– L’augmentation fulgurante des dépôts de la clientèle des banques qui ont été multipliés par 28,6 entre 2001 et fin juin 2013, en passant de 90 millions à 2,7 milliards de dollars américains. Soit un accroissement moyen annuel de 198,0% ;

– L’accroissement de l’encours des crédits bancaires multiplié par 49,5 durant la même période, passant de 30 millions de dollars à 1,6 milliard, soit une progression moyenne annuelle de 372% ;

– L’amélioration du paysage bancaire qui, à ce jour, compte 18 banques agréées et opérationnelles contre à peine la moitié en 2001 ;

– L’augmentation significative du total bilantaire de la profession passant de 180 millions de dollars à 3,7 milliards entre les deux périodes, soit une progression moyenne annuelle de 148,0% ;

– L’amélioration du taux de bancarisation du pays, passé de 1,5% à 5% ;

– La confiance mutuelle banques commerciales-ménages et entreprises a été rétablie.

            Au sujet de l’amélioration du taux de bancarisation, D. Mutombo Mwana Nyembo renseigne qu’hormis les sièges d’exploitation des banques commerciales, 238 agences ou points d’exploitation ont été recensés en 2012 contre environ 90 en 2001.

En 2013, le taux de financement de l’économie est estimé à 7,3% contre 0,30% en 2.000.

            Quant au taux de mobilisation de l’épargne, il est estimé à 15,1% en 2013 contre 0,6% en 2000.

« En dépit de toutes ces performances, l’économie congolaise demeure, de manière critique, sous-financée que ce soit en termes de financement indirect ou bancaire que direct », a conclu le gouverneur, en indiquant que les crédits à l’économie en RDC restent exclusivement bancaires et faibles au regard des besoins de financement dégagés par l’économie nationale.

Face à la situation, il a tiré la conclusion suivante : «Faute d’un marché financier organisé, l’Etat, comme les ménages et les entreprises, peine à mobiliser les capitaux frais nécessaires au financement des projets de développement et autres susceptibles de soutenir l’émergence économique du pays et l’avènement d’une classe moyenne nationale.

En conséquence, la RDC continue à être classée parmi les pays dits fragiles, l’exclusion financière y demeure sévère, ses principaux indicateurs de développement humains sont essentiellement faibles et toutes ses richesses tant du sol que du sous-sol, y compris celles relatives à sa biodiversité, demeurent essentiellement potentielles, faute d’investissements idoines, exploités du reste par l’absence des financements indispensables ».

Dom

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