La BCC et ses partenaires font le point du système bancaire

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            En 2012, le secteur bancaire congolais se portait bien, et même très bien, telle est l’appréciation du gouverneur de la Banque centrale du Congo, livrée vendredi dernier, au Cercle de Kinshasa, aux membres de l’Association congolaise des banques, aux directeurs généraux de la Sofide et du Fonds de promotion de l’industrie, aux patrons des sociétés de téléphonie cellulaire, des coopératives de crédit et des institutions de microfinance. 

C’était à l’occasion de la cérémonie d’échange de vœux que l’autorité monétaire a répondu aux craintes émises par les membres de l’ACB, à la suite des menaces proférées dans certains milieux invitant le gouvernement à sanctionner les banques non performantes. Sanctions allant jusqu’à leur fermeture pure et simple.

Brossant le paysage financier congolais, Jean-Claude Masangu a donné un tableau comparatif de la situation financière entre 2001 et 2012. Ainsi pendant ces 11  dernières années, le gouverneur de la Banque centrale a noté la liquidation de 12 banques et 57 institutions de microfinance jugées insolvables ou irrémédiablement compromises, suite aux audits organisationnels ou financiers.  A la fin 2012, le secteur financier agréé et sous la supervision de la BCC, alignait 20 banques contre 10 seulement pour l’ensemble du pays en 2001. 

            Pour lui, cette belle progression démontre à suffisance la confiance du public toujours croissante vis-à-vis du cœur du système financier, alors que le système non bancaire a très peu progressé. Et pourtant, a-t-il fait remarquer, les fonds du secteur des assurances et de la sécurité sociale devraient peser de tout leur poids dans la balance du système financier et contribuer davantage au financement de l’économie. Promettant de donner prochainement les statistiques de la santé financière du secteur bancaire, Masangu Mulongo retient que les banques sont en adéquation avec les risques qu’elles prennent et l’analyse de leur rentabilité indique une progression du produit net bancaire de 23 % à fin décembre 2012, se fixant à 353 millions de dollars, et une hausse du résultat net bancaire de 86 % par rapport à fin 2011. Et il conclut que c’est la meilleure année depuis que le système bancaire a parachevé sa phase de restructuration et d’investissement. Un coup d’œil sur le total bilantaire indique une hausse significative de 847 millions de dollars, soit 30 %, pour se situer à 3.665 millions de dollars, tandis que les dépôts se sont accrus de 33 % en se chiffrant à 2.637 millions de dollars. Quant au crédit, le patron de l’Institut d’émission fait observer que 95 % du financement de l’économie se fait en devises à concurrence de 1.446 millions de dollars à travers les banques et 91,2 millions de dollars à travers les institutions de microfinance. Par rapport à 2011, cela représente à ses yeux, une progression de 35 % pour les banques et 9 % pour le Système financier décentralisé. Ces crédits ont été octroyés en banque à 60 % aux entreprises privées, 25 % aux ménages et 11 aux entreprises publiques. Examinant la répartition des crédits par secteur, Jean-Claude Masangu note que le financement alloué à l’agriculture, sylviculture, pêche et élevage, est très loin en dessous des objectifs du gouvernement. Son constat est que le secteur productif reçoit très peu de financement. En ce qui concerne les crédits accordés au Système financier décentralisé, le gouverneur de la BCC les chiffre à 91,2 millions de dollars, avant d’ajouter que l’avantage de ce secteur est qu’il permet d’avoir un impact social plus important. Aussi a-t-il attiré l’attention du gouvernement sur ce point, pour qu’il ne tire pas des conclusions hâtives, lorsqu’il fait des comparaisons de manière agrégée entre les taux débiteurs et créditeurs des banques et le taux directeur de la BCC, ou celui de la Banque centrale européenne, voire celui de la Federal reserve bank des Etats-Unis. Il a rappelé aussi que la fixation des taux d’intérêts prend en compte la structure des coûts de chaque institution financière, et par conséquent, les taux ne peuvent jamais être uniformes.

Il a révélé que la BCC a commandé une étude nationale sur la protection des consommateurs des services financiers, dont les résultats sont attendus en mai de cette année.

Les difficultés de l’ACB

Auparavant, Yves Kuypers, le président a.i. de l’ACB, s’était appesanti sur la santé de cette association, soulignant le fait que l’ACB a joué son rôle d’encadrement et les banques commerciales ont apporté leurs contributions au trésor public. Au delà des divergences des vues et de positions, Yves Kuypers a épinglé en cinq points, les difficultés auxquelles sont confrontés ses membres, notamment sur l’application du référentiel comptable de l’IFRS en 2014, qui nécessite des investissements, l’enjeu du Mobile Banking, les contraintes liées à la bancarisation de la paie des fonctionnaires de l’Etat, la centrale des risques, la problématique de la réserve obligatoire, la fiscalité et l’affaire des pénalités à laquelle il faut trouver un consensus et l’équilibre.

            Le président de l’ACB, Michel Losembe, a mis un accent particulier sur la santé de l’association et loué l’action du vice-président et du secrétaire, qui ont fait beaucoup en si peu de temps, pour faire avancer la machine. Il s’est dit préoccupé par les questions fiscales, réglementaires et autres, et attend beaucoup de son partenaire, l’autorité monétaire, pour leurs solutions. Son association a réussi beaucoup d’avancées, les banques se parlent, se professionnalisent et se développent, renforçant leur efficacité et la bonne gouvernance. Aux divergences de vues avec des décideurs politiques, il a plaidé pour qu’on laisse aux banques, de faire les règles du marché. Car, ils sont déterminés à accompagner le gouvernement en ramenant l’activité bancaire au coeur du système financier national. Signalons que des diplômes ont été remis aux jeunes qui viennent de terminer leurs études bancaires dans un centre européen de renom et un stage réussi dans quelques banques de la place.                              J.R.T.

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