La BCC et la SFI ont signé un «Protocole d’Accord-cadre sur l’opération de Swap de devises»

0
75

Béatrice Hôtel a servi de cadre, le vendredi 29 mai 2015, à la signature du « Protocole d’Accord-cadre sur l’opération de swap de devises entre la Banque Centrale du Congo (BCC) et la Société Financière Internationale (SFI)» La Bcc était représentée par son numéro un, le Gouverneur Deogratias Mutombo Mwana Nyembo, et la Sfi par son représentant en RDC, Andrew Cross.

Avant de donner les grandes lignes et les enjeux relatifs à cette opération, le Gouverneur Deogratias Mutombo a tenu à préciser que la signature du présent Accord-cadre avec la Sfi marque une approche supplémentaire de la Bcc dans sa quête des instruments innovants de financement de l’économie congolaise.

Il a aussi signalé que la Bcc mettra à profit cet accord de crédit réciproque pour accroître l’encours du crédit à l’économie nationale congolaise.

L’état des lieux du financement de l’économie congolaise, le processus de l’opération de Swap avec la Société financière internationale ainsi que les avantages de la signature de l’accord sont les trois points développés par le Gouverneur de la Banque centrale dans son discours de circonstance.

            «L’économie congolaise demeure à ce jour sous-financée en dépit d’avancées significatives enregistrées dans le système bancaire », a-t-il fait remarquer. Avant de démontrer qu’entre 2001 et 2014, le crédit bancaire a été multiplié par 70, passant ainsi de 30,0 millions d’USD à 2,0 d’USD. Ce qui représente seulement 6,0% du PIB contre une moyenne de 20% en Afrique subsaharienne.

En outre, l’essentiel du portefeuille des crédits évalués à environ 70%, est constitué des crédits à court terme en monnaies étrangères, le financement en monnaie nationale étant marginal, soit 9% de l’encours total de crédits octroyés», a-t-il souligné.

            Avant de poursuivre : «Dans ces conditions, les besoins réels indispensables pour assurer l’émergence de l’économie nationale demeurent non couverts, financièrement parlant. Voilà qui explique l’urgente nécessité pour l’économie nationale de se doter des moyens de financement additionnels pour faire face aux défis actuels de son développement. Cet accord-cadre de Swap revêt une importance cruciale pour l’économie congolaise ».

Cet accord swap conclu entre deux parties, permettra l’échange des flux des paiements à des dattes fixées d’avance. Il y en a deux types, à savoir : le swap de taux d’intérêt et le swap des devises.

            «Cette opération consistera pour la BCC, à mettre à la disposition de la SFI un montant en Francs congolais pour une durée déterminée, et pour la SFI, à céder à la BCC la contrepartie en dollars américains », a indiqué le Gouverneur.

Il a affirmé, en outre, que l’opération se conclura sans perte de change pour les deux parties contractantes sur la période retenue.

            Pour la SFI, les Francs congolais reçus serviront à accorder des crédits aux entreprises résidentes en général, et en particulier aux petites et moyennes entreprises et industries.

            L’orateur a rappelé, à ce propos, que ce swap de devises est rendu possible grâce au maintien de la stabilité du cadre macroéconomique et présente trois principaux avantages pour l’économie congolaise.

            D’abord, il permettra aux opérateurs économiques d’obtenir le financement à moyen et long termes en monnaie nationale. Un guichet Sfi est mis à la disposition des investisseurs résidents.

Ensuite, l’accord contribuera au processus de dédollarisation de l’économie nationale. Car, les prêts se feront désormais en Francs congolais.

Enfin, l’accord swap de devises permettra à la monnaie nationale, le Franc congolais, d’être cotée dans la salle des marchés de la Sfi à Washington. Une opération qui contribuera à gagner la confiance des investisseurs tant nationaux qu’étrangers.

            Pour sa part, le représentant de la Sfi à Kinshasa a soutenu que sa structure compte, aux termes de cet accord, faciliter le financement des investissements en Fc dans le secteur privé congolais, en appuyant les efforts du pays pour accroître l’utilisation de la monnaie nationale dans l’économie.

Il aidera également la Sfi à accroître sa capacité d’intervention en monnaie locale en faveur des entreprises congolaises en vue de les protéger contre tous les risques de change.

Dom