La BCC en appelle aux efforts de tous pour préserver la résilience de l’économie nationale

0
29

banque-centrale-bccLe Gouverneur de la Banque Centrale du Congo, BCC, Déogratias Mutombo Mwana Nyembo a présidé hier lundi 14 septembre, la 8ème réunion ordinaire du Comité de Politique Monétaire de l’année 2015, la 28ème de son avènement à la tête de l’Institut d’Emission.

Comme d’habitude, la situation économique au plan international et national ainsi que la conjoncture, ont été passées en revue au cours de cette technique mensuelle.

Au plan international, le ralentissement de l’économie chinoise qui reste en grande partie basé sur le commerce extérieur notamment l’exportation des produits manufacturés, a retenu une attention particulière. Car, cette situation pourrait entraîner des conséquences négatives au regard de l’importance du commerce chinois à travers le monde.

S’agissant des cours des matières premières, on a noté l’aggravation de la baisse des cours du cuivre et du pétrole dont les variations annuelles ont atteint respectivement 20% et 9%. Ce qui constitue un signal d’alerte pour l’économie nationale.

Au plan national, la situation n’est pas rose. Car, on a relevé un recul de la croissance à 8,4%, alors qu’elle était à 9,2% en mars 2015 contre une réalisation de 9,5% en 2014.  Cela s’explique par le ralentissement des activités dans le secteur des industries extractives.

Ci-dessous, le compte rendu de la 8ème réunion ordinaire du CPM 2015 :

Le Comité de Politique Monétaire s’est réuni, ce lundi 14 septembre 2015, pour sa huitième réunion• ordinaire de l’année sous la présidence de Monsieur Déogratias MUTOMBO MWANA NYEMBO, Gouverneur de la Banque Centrale du Congo.

Le Comité a analysé les évolutions économiques récentes au plan national et international avant de donner une orientation conséquente de politique monétaire.

A cet effet, il s’en est dégagé ce qui suit:

Au plan international,

L’économie mondiale s’est ressentie des effets des signes de ralentissement de l’économie chinoise qui a conduit la Banque populaire de chine à dévaluer sa monnaie pour soutenir ses exportations. En effet, au regard de l’interdépendance des économies et de l’importance stratégique et économique de la Chine, cette décision va impacter le commerce international dans le mois à venir.

A court terme, les perspectives de croissance mondiale restent moroses sur fond notamment d’un trend baissier des cours de matières premières.

S’agissant particulièrement des cours de matières premières, les dernières informations font état d’une aggravation de la baisse des cours du cuivre et du pétrole dont les variations annuelles ont atteint respectivement de 20,0 %et de 9,0 % constituant un signal d’alerte notamment pour la croissance de l’économie congolaise. Quant aux cours des produits agricoles dont la tendance s’inscrit également à la baisse, ils sont de nature à atténuer le risque éventuel d’une inflation importée dans l’économie nationale.

Au plan national,

Les estimations de la croissance économiques sur base des données de production à fin juin 2015 indiquent un recul de la croissance à 8,4 % après 9,2 %en mars 2015 contre une réalisation de 9,5 %en 2014.

Cette situation est expliquée par le ralentissement des activités dans la branche «Extraction» dont la contribution à la croissance s’est repliée à 3,0 points de pourcentage contre 4,7 points en 2014.

Par ailleurs, la confiance des chefs d’entreprises de la ROC s’est abaissée au mois d’août se positionnant à 14,7 % après 18,3 % un mois plus tôt principalement influencée par le secteur des industries extractives.

Le marché des biens et services a été caractérisé par la poursuite de la stabilité. En effet, le taux d’inflation mensuel s’est situé à 0,063 % contre 0,077 % en juillet. Toute proportion gardée, l’année pourrait se clôturer avec un taux d’inflation de 0,66 %contre un objectif de 3,5 %.

L’exécution des opérations financières de l’Etat dégage une diminution de la marge de trésorerie de 50,0 % par rapport au mois de juillet induite par la faible mobilisation des recettes face à des dépenses croissantes.

Sur le marché des changes, il a été noté la poursuite de la stabilité sur les différents segments du marché. Le taux interbancaire s’est établi à 927,65 CDF le dollar contre 933,00 CDF sur le marché parallèle, accusant de dépréciations mensuelles de 0,4 % et 0,1 % respectivement. Quant aux réserves de change à fin août, elles se sont établies à 1,6 milliard de USD, soit 6,5 semaines d’importations des biens et services sur ressources propres.

Sur le marché monétaire, les opérations se sont dénouées au taux moyen de 1,7 % à interbancaire et de 4,5 % au guichet des facilités permanentes. L’Institut d’Emission a poursuivi et maintenu une politique monétaire prudente qui a favorisé une évolution contrôlée des agrégats monétaires. En effet, la base monétaire au sens strict et le stock monétaire ont respectivement dégagé des marges acceptables compatibles avec l’évolution économique intérieure.

            En outre, il a été noté un faible recul des taux d’intérêt des banques entre juin et juillet 2015 et un accroissement de 1,0 % du financement de l’économie nationale.

            Dans ce contexte de ralentissement de l’activité économique et des risques de chocs potentiels sur l’économie, le CPM reste persuadé que des efforts soutenus doivent être engagés par toutes les parties concernées pour préserver la résilience de l’économie nationale.

Ainsi, tout en focalisant une attention soutenue aux évolutions économiques à court terme, le Comité de Politique Monétaire a décidé du maintien du dispositif actuel de politique monétaire. Le taux directeur demeure à 2 %. S’agissant du coefficient de la réserve obligatoire sur les dépôts en devises à vue et à terme, il reste respectivement à 8 %et 7 %et celui pour sur les dépôts’ en monnaie nationale à vue à 2 %et à terme à °%.

La régulation de la liquidité se poursuivra via les adjudications des bons BCC.

Par ailleurs, le CPM rappelle la nécessité de mettre en œuvre des politiques macroéconomiques efficaces en vue de préserver la résilience de l’économie nationale.

A moyen et long terme, un plan de développement économique intégré et cohérent, basé sur la relance des infrastructures et du secteur agricole en vue de la diversification de l’économie nationale s’impose.

Fait à Kinshasa, le 14 septembre 2015

Déogratias MUTOMBO MWANA NYEMBO

Président