La Banque mondiale prépare une «feuille de route»

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Aux nombreux problèmes que connaît la RDC, qui ralentissent son développement et entravent la mise en œuvre des programmes économiques du gouvernement, la Banque mondiale, un des partenaires privilégiés du gouvernement congolais au développement, recommande comme recette-miracle la bonne gouvernance dans ses multiples facettes.

Cette recommandation a été formulée vendredi dernier par l’économiste principal de la Banque mondiale, Johannes Herdeschee, qu’assistait Moïse Tshimenga, économiste résident, lors d’un échange avec la presse économique.
C’était en prévision de la présentation du rapport de synthèse du mémorandum économique pays pour la RDC, prévue demain au Salon rouge du ministère des Affaires étrangères.

Dans son exposé, Johannes Herdeschee a d’entrée de jeu, signalé que la RDC se trouve à un moment important de son histoire. Il a rappelé les efforts déployés par le gouvernement qui ont abouti à l’allègement de sa dette extérieure. Tous les indicateurs signalent en effet, qu’on tend vers une période de stabilité qui connaîtra l’accélération de la croissance.
La Banque mondiale qui accompagne le développement de la RDC, a réalisé une série d’études et travaille en appui avec le gouvernement dans le cadre du Document de stratégie de croissance pour la réduction de la pauvreté.
Il a évoqué à cette occasion, l’étude diagnostique sur le commerce, réclamée jadis par le ministre André-Philippe Futa sur recommandation de l’Organisation mondiale du commerce.

De l’étude des obstacles à la croissance, les experts de la Banque mondiale ont éclaté le travail en quatorze études sur les aspects principaux des obstacles à la croissance. C’est ce travail qui vient d’accoucher d’un rapport synthèse qui sera discuté demain, avec le gouvernement et les députés.
Pour récolter des avis des milieux spécialisés, un rapport analytique sera discuté avec les professeurs de l’Université de Kinshasa appelés à œuvrer dans une étude qui vise l’amélioration du climat des affaires en RDC. Cette étude, a-t-il signalé, sera transmise aux autres partenaires au développement du Congo démocratique.
L’économiste principal de la Banque mondiale pour la RDC, a laissé entendre que cette étude permettra l’amélioration des politiques nationales pour un développement économique harmonieux de la RDC.

C’est le premier rapport que cette institution de Bretton Woods vient de réaliser après 20 ans de coopération économique entre la RDC et la Banque mondiale.
Ce travail qui a débuté par la collecte des données, a exigé des contacts avec plusieurs services de l’Etat ne disposant pas des personnels outillés et des moyens pour le faire, ni quelquefois des instruments appropriés. Au nombre des problèmes rencontrés, il a cité également le désenclavement du pays.

La RDC pourra disposer d’une base de données sur le développement économique de chaque province

Johannes Herdeschee a signalé d’autre part que grâce au financement de la Coopération technique belge, une base de données vient d’être réalisée sur le développement économique de chaque province de la RDC. Cette étude est consacrée à la croissance et à la production agricole.
L’expert de la Banque mondiale a ajouté que son institution travaille sur la deuxième base de données qui sera axée sur le climat des affaires. Elle collecte des éléments et en fait la mise à jour, étant donné que la base de données de la Banque centrale et de l’INS doit être réactualisée.

En effet, il y a croissance, mais on ignore le seuil exact de pauvreté et scolarité. Voilà pourquoi il faut une enquête sur la crise pour pouvoir déterminer le taux de la croissance d’emploi. Avec les grandes entreprises, il y a croissance d’emploi, mais dans les petites.
Complété par l’économiste résident Moïse Tshimenga, il a relevé qu’il y a problème de croissance d’emploi, parce que, à son avis, il n’y a pas de gouvernance.
Devant cette situation, l’étude de la Banque mondiale a ciblé trois problèmes. Il s’agit de l’efficacité de l’Etat, des infrastructures et du développement du secteur privé. Pour la Banque mondiale, les solutions reposent sur quatre instruments principaux.

La première solution consiste à travailler ensemble de manière coordonnée. A ce sujet, il a signalé qu’il y a une coordination nationale pour résoudre les problèmes. La deuxième solution, c’est la technologie. Il a cité l’impact de la téléphonie mobile dans le développement économique, avec le succès enregistré dans les réseaux de télécommunications.

La troisième solution est le contrôle de flux financiers. A ce sujet, il a fait observer que l’instauration de la taxe sur les transactions financières pose problème. Et en RDC, il est recommandable de recourir quelquefois aux modèles importés qui ont fait recette ailleurs.
La quatrième solution est la responsabilité sociale. Il a évoqué l’exemple des écoles en Inde et fait allusion aux pressions des élèves sur la direction de l’école en l’absence des enseignants.
La Banque mondiale a fait un travail appréciable sur la facilitation du commerce qui a souligné le rôle de quatre postes aux frontières, la responsabilité sociale des commerçants et le dialogue avec les autorités. L’économiste résident a parlé des activités de la cellule BREM qui a préparé le 1 er rapport sur le développement économique après la reprise de la coopération structurelle avec la RDC.

Johannes Herdeschee s’est étendu sur les trois problèmes principaux qui se posent, ainsi que sur les quatre instruments préconisés par la Banque mondiale.
Pour lui, il faut une coordination nationale qui inclurait la participation de tous les acteurs et travaillerait avec des ancrages extérieurs.
A la question du Phare de savoir pourquoi le rapport n’épingle pas le taux de pauvreté avant la reprise de la coopération structurelle, de faire voir le seuil atteint après l’intervention de la Banque mondiale, l’économiste principal de la Banque mondiale a reconnu la faiblesse dans la production des statistiques en RDC, et mis un accent particulier sur la gouvernance qui est revenue dans presque toutes les études.

C’est le problème fondamental. Car, il n’y a pas de services de l’Etat dans certains coins du pays et la décentralisation n’a pas été mise en œuvre.
Un autre journaliste s’est intéressé à la corruption qui est à la base de nombreux problèmes. Herdeschee a reconnu qu’en RDC,  c’est un vrai problème. Des efforts sont faits, et il faut une volonté politique pour éradiquer ce phénomène qui mine le développement économique de la RDC. A ce sujet, il a indiqué que l’adhésion à l’Ohada aidera à accélérer certaines choses.

Retenons pour l’essentiel que pour le développement économique, la communauté internationale a un engagement de longue date en RDC dont le redressement est toujours fragile avec les conflits récurrents à l’Est. Les niveaux de revenus pour les pauvres se sont sans doute améliorés, mais il y a peu de possibilités d’emploi pour les travailleurs qualifiés.
L’analyse des experts de la Banque mondiale constate que la mauvaise gouvernance entraîne la faible performance du secteur formel des petites et moyennes entreprises.           

                        J.R.T.             

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