La Banque mondiale initie plusieurs études sur l’économie congolaise

0
224

Banque-MondialeLe moteur de l’économie congolaise tourne à faible régime. Ce qui limite ses performances. A cause de certains dysfonctionnements, on n’ose pas lui imposer le plein régime, par crainte que des pannes impromptues apparaissent et l’arrêtent.

Banque de développement, mais aussi banque de connaissance, selon l’économiste Emmanuel Pinto Moreira, la Banque mondiale a opté pour une nouvelle stratégie comprenant deux axes principaux, à savoir financer des  projets du gouvernement congolais et initier des réflexions, susciter des débats et réaliser des études sur toutes les questions de développement qui se posent au pays dans les secteurs-clés de l’économie.

Dans le cadre de ce second axe, la Banque mondiale a, sous la direction de Ahmadou Moustapha Ndiaye, directeur des opérations, avec l’équipe de ses économistes ayant fait leurs preuves dans plusieurs organisations et centres de recherche, initié  plusieurs études, notamment sur la gestion des dépenses publiques, la monnaie avec le problème de la dédollarisation, les mines avec la question de la prospection artisanale et la diversification économique avec la recherche des filières à haut potentiel de création d’emplois et porteuses de croissance.

Une fois de plus, les experts de la Banque mondiale ont fait le diagnostic du secteur des mines qui, à leurs yeux, s’impose aujourd’hui, comme le moteur de la croissance. Et si ce secteur n’était pas affecté par la baisse des cours mondiaux des minerais et hydrocarbures, la croissance atteindrait certainement deux chiffres.

            L’étude réalisée par ces économistes relève que le gouvernement congolais devrait revisiter le cadre légal, notamment avec le code minier et le code des hydrocarbures. Ce qui permettrait  au sous-secteur de l’exploitation artisanale des minerais de contribuer à l’augmentation des recettes fiscales.

            Il y a aussi le tourisme qui regorge un fort potentiel  de rentabilité, mais qui semble moins exploité, à la suite de l’insécurité encore récurrente dans la partie Est, avec la présence des groupes rebelles étrangers, les groupes Maï-Maï et autres coupeurs de routes très actifs dans ces provinces.

Aux dernières nouvelles, nous avons appris que la Banque mondiale se lancerait dans la réalisation d’une étude visant épingler les principaux problèmes qui se posent dans le secteur de l’agriculture. Bien qu’on a enregistré quelques avancées significatives avec le lancement du projet de Bukanga Lonzo qu’il faudrait étendre à d’autres provinces, les problèmes de routes de desserte agricole et certaines voies d’évacuation des produits agricoles, l’absence de silos de stockage des céréales dans les centres de production, le recours aux méthodes artisanales pour la production, la transformation et la conservation des produits alimentaires.

D’étendues de terres arables devraient être consacrées à l’agriculture intensive

            N’oublions pas que dans certains coins de la république, on ignore l’utilisation des semences améliorées pouvant développer un taux élevé de rentabilité. Dans le domaine de l’élevage, les paysans travaillent sans respecter les normes sanitaires avec la vaccination des oiseaux de basse-cour, et du petit et gros bétail, au point que ces ruminants touchés par une épidémie naissante, seraient tous décimés. Dans nos villages, on pense encore moins à l’augmentation de la production. Les paysans se cantonnent toujours à l’élevage de subsistance, expliquant pourquoi les coopératives des fermiers sont rarissimes dans certains territoires. On laisse souvent entendre que les paysans craignent de travailler ensemble, de peur de perdre leur leadership dans la nouvelle entreprise du groupe.

L’étude des économistes de la Banque mondiale devrait dévoiler à la lumière de l’expérience de nombreux projets développés par l’unité de coordination du Parssa, un grand projet appuyé par la Banque mondiale, les difficultés auxquelles font face aussi bien les agriculteurs et les éleveurs. Citons entre autres l’absence des moulins pour la transformation des céréales en farines, et celle de la chaîne de froid qui assurerait une conservation prolongée des poissons et de la viande.

            Dans quelques territoires à vocation pastorale, on ignore l’élevage des vaches laitières pour la production du lait frais, et des chèvres pour la fabrication du fromage. Ce sont là les quelques réalités qui échappent au commun de mortels. L’on comprend alors qu’une étude plus fouillée, permettrait de recenser les sous-secteurs pouvant garantir l’approvisionnement régulier de la RDC, avant d’envisager l’exportation du surplus de la production locale. A la longue, non seulement on réduirait l’indépendance de la RDC aux importations de produits alimentaires, on assurerait à notre pays, l’autosuffisance dans ce domaine.

            On rêve même de faire de la RDC le grand grenier d’Afrique, capable de relancer la production cotonnière, de l’huile de palme, de la banane, de l’arachide, des noix palmistes, du cacao, du café et de tant d’autres produits. Elle retrouverait ainsi sa place de grand exportateur de produits agricoles au niveau de l’Union européenne. Ce qui contribuerait davantage à la création d’emplois, à la lutte contre la pauvreté et boosterait la croissance de son économie. Dans tous les débats suscités ces temps derniers, par la Banque mondiale, des voix s’élèvent pour que soient épinglés les vrais problèmes de notre économie, afin que des solutions durables soient trouvées. Ainsi, les experts de la Banque mondiale auraient  apporté leur expertise au ciblage des réformes que nécessite le développement de nombreux secteurs-clés de l’économie congolaise.

                                                                                                                       J.R.T.