La Banque mondiale attire l’attention du gouvernement sur les vulnérabilités

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En sa qualité de partenaire technique et financier privilégié du gouvernement congolais, la Banque mondiale ne cesse de réaffirmer sa volonté à accompagner l’exécutif de la RDC, dans son processus des réformes conduisant à faire de la RDC, un pays émergeant  à l’horizon 2030.

C’est dans ce cadre que cette institution de Bretton Woods a une fois de plus, présenté hier jeudi 1 er octobre 2015, à l’Hôtel Memling, le rapport de suivi de la situation économique et financière de la RDC de 2015, intitulé «  Renforcer la résilience de long terme de la RDC : le rôle de la dédollarisation, de la prospection artisanale, et de la diversification économique.

Fruit des réflexions approfondies d’une équipe solide des économistes principaux du Bureau de représentation de la Banque mondiale à Kinshasa, avec à leur tête, le directeur des opérations, M. Ahmadou Moustapha Ndiaye, cette étude dont la pertinence des analyses conforte les préoccupations de l’exécutif de la RDC, a été appréciée par les professeurs de la Faculté des sciences économiques des universités congolaises, ainsi que par les représentants de la Banque centrale du Congo, du ministère des Finances, et des cadres de commandement de principaux services publics.

            Pour Ahmadou Moustapha Ndiaye, ce rapport s’inscrit dans la détermination commune de la Banque mondiale et du gouvernement congolais de lutter contre la pauvreté, de partager la prospérité et de faire la différence pour les populations congolaises. Une copie de ce rapport a été remise au ministre des Finances, représenté par son directeur de cabinet, M. Mule Mule.

            Au delà de l’analyse des développements économiques récents, couvrant 2014 et la première moitié de 2015, cette étude affiche les principaux résultats des travaux analytiques de son institution en RDC et les replace dans la perspective de l’évolution de l’économie congolaise à long terme.

            L’intérêt de ce rapport est qu’il vise à porter le débat vers un public plus large et à stimuler un dialogue sur les politiques publiques au niveau du pays, entre le pays et les partenaires internationaux, et entre les partenaires internationaux.

            Tout en soulignant des acquis, les bonnes performances macro-économiques, résultat des efforts considérables et soutenus, devraient à son avis, être maintenus. A la Banque mondiale, la stabilité macro-économique et la croissance, restent vulnérables sur le moyen et le long terme et la résilience du pays nécessiterait une meilleure mobilisation des recettes du secteur des ressources naturelles, une réduction de la dollarisation, de la concentration de l’économie et une diversification des acteurs oeuvrant dans le secteur minier. Pour illustrer ses propos, il a affirmé qu’en matière de recettes, alors que la RDC est à la 16 ème position 186 pays et territoires en termes de la part de la rente du secteur des ressources naturelles au PIB, elle se situe à la 104ème position parmi 117 pays au niveau de la mobilisation des recettes. Et d’indiquer que la forte dollarisation quant à elle réduit la marge de manœuvre de la politique monétaire et accroit la pression sur les réserves de change.

            Pour le ministre des Finances empêché, son mot de clôture a été lu par son directeur de cabinet, Mule Mule. Il a fait observer que cette étude donne des pistes au gouvernement de revisiter le cadre légal. Après avoir rappelé les efforts déployés par le gouvernement, et les résultats positifs engrangés, il relève que le secteur minier qui a enregistré des baisses des cours mondiaux, n’a pas permis de soutenir la croissance. Le directeur Mule Mule pense qu’avec le nouveau code minier en attente d’adoption au parlement, le secteur des hydrocarbures, l’expérience du Parc agro-industriel de Bukanga Lonzo à étendre dans d’autres provinces, devraient réduire la dépendance du trésor public au secteur minier.

            Un débat houleux, mais enrichissant a permis aux experts de la BM de répondre aux questions sur certains problèmes économiques persistants en RDC.

                                                                                                                 J.R.T.