La bande à Zing Zong défie la police : un blessé grave

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En l’espace de quelques heures, dans la nuit du jeudi à vendredi, le quartier Ngafani, commune de Selembao, a été transformé en un champ de bataille. On tirait de partout et les balles rasaient quelquefois les toitures des maisons, provoquant la panique chez les habitants.

La raison de cette fusillade a été connue plusieurs minutes plus tard. C’était un accrochage entre la célèbre bande des malfaiteurs à Zing Zong qui revenait d’un vol à main armée et des patrouilleurs de la police  à pied faisant la ronde dans le secteur.

Après un bref moment d’accalmie, sur avenue Kipaki, on entendait des pleurs. C’était un malfaiteur blessé par balle à la cuisse droite qui se tordait de douleurs. Son comparse qui tentait de s’échapper à travers les ruelles a été maîtrisé et passé à tabac par les habitants du quartier voulant en finir avec ce banditisme ambiant.

Les patrouilleurs parviendront alors à récupérer le blessé qui a été acheminé cette même nuit, à l’Hôpital général de référence de Kinshasa pour des soins appropriés, tandis que l’autre bandit a eu la vie sauve, grâce au secours lui apporté par les policiers en patrouille. S’il n’a pas été vite extrait des griffes des badauds courroucés, il aurait subi le supplice du collier. Toutefois, il s’en est sorti avec le corps contusionné, couvert des hématomes et des blessures sur la tête. Heureusement, il avait simulé le mort. C’est ce qui l’a sauvé.

Signalons qu’au cours de leur fuite, les bandits avaient pris soin de dissimuler leurs armes dans les broussailles du quartier.

Qui étaient ces deux brigands?

A en croire l’identification faite par le Bataillon de la police d’investigations criminelles, le bandit blessé n’était autre que le soldat de 2ème classe Mabeka Pukuta alias Zing Zong. ( NDLR. Ce nouveau Zing Zong n’est pas à confondre avec un ancien commandant de la Garde civile). La nuit du jeudi à vendredi vers 22 heures, il avait opéré un vol à main armée sur l’avenue Kipaki n° 2/bis, au domicile de Mokemo Ngamoba. Sa bande se composait du soldat de 1 ère classe Eric Kasongo Bandinenganyi et du soldat de 1ère classe Matundu alias Chico, qui est parvenu à s’enfuir.

Lors de la reconstitution de ce vol, les enquêteurs de la police d’investigations criminelles apprendront que la même bande avait attaqué dans la nuit du 29 décembre 2009, vers 22 heures, le domicile de Franck Yamwila Bantu sur l’avenue Mawanga n°185, commune de Bumbu. C’est là qu’ils ont arraché la somme de 715.000 FC, 600 dollars, des téléphones cellulaires, un paquet de bijoux en or, ainsi que des effets vestimentaires.

Interrogés sur les faits, ces deux bandits sont passés aux aveux, se refusant de dévoiler leurs antécédents judiciaires, tout comme aussi leurs anciens forfaits.

Une chose est certaine. Le quartier Ngafani, véritable fief des malfaiteurs en tenue, enregistre tous les deux jours un cas de braquage ou de vol à main armée. Dans ce quartier, ce sont des bandits en tenue qui rôdent la nuit et extorquent à la population quelques effets personnels de valeur dont des téléphones et des billets de banque.

Non inquiétés, ils se pavanaient dans les rues et ruelles, dès la tombée de la nuit, en quête des proies faciles. C’est ce qui explique que leur razzia débutait généralement vers 21 heures et se terminait vers 3 heures du matin.   

Pour la population de Ngafani, l’arrestation de ces deux malfaiteurs a apporté une accalmie que l’on croit précaire dans ce quartier où les malfaiteurs en tenue et en armes sont en connivence avec des délinquants. Ces derniers qui servent d’indicateurs leur donnent régulièrement des informations sur la fortune des habitants, l’arrivée des valises, des colis et des fonds provenant des pays de l’Union européenne, le séjour kinois des membres de la diaspora et l’acquisition des véhicules…

Tous les hommes d’affaires dépourvus de système de surveillants et sentinelles étaient leurs cibles potentielles, s’ils n’ont pas été « visités ».

Le vœu le plus ardent est que des moyens appropriés soient accordés à la police d’investigations criminelles afin de mettre hors d’état de nuire, cette pègre qui ne cesse de donner du fil à retordre aux sous-commissariats et postes de police de proximité. Et que les bandits actuellement en détention, ne puissent bénéficier d’aucune mesure de grâce avant l’expiration de leur condamnation.

  J.R.T. 

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