Kutino interné depuis hier au Centre hospitalier Nganda

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kutinoLa prison centrale de Makala a connu de fortes turbulences dans la nuit de mercredi 28 à jeudi 29 août, à la suite de l’alerte générale donnée par le colonel Alamba, qui venait de constater que son voisin de cellule, l’Archibishop Kutino Fernando, était pris d’un malaise cardiaque. La nouvelle s’étant répandue comme une traînée de poudre à travers ce centre pénitencier, les secours se sont rapidement organisés. Conduit rapidement à l’infirmerie de la prison, son cas a été jugé tellement préoccupant qu’il fallait une évacuation d’urgence vers une formation hospitalière de référence.

A cette étape, a-t-on appris, des détenus militaires se sont mobilisés pour trouver un véhicule qui a pu transporter Kutino jusqu’au Centre Hospitalier Nganda. Aussitôt pris en charge au niveau des urgences, ce ministre de Dieu a pu échapper à l’accident cardiovasculaire qui le menaçait.

A en croire des membres de sa famille ainsi que plusieurs fidèles de son Eglise, qui n’ont pu être mis au courant de la situation que jeudi matin, la tension artérielle du chef spirituel de la « Mission Evangélique Message de Vie » s’est stabilisée. Et les signes annonciateurs de la paralysie qui menaçait la partie droite de son organisme ont disparu. Son bulletin de santé, assure-t-on, n’inspire plus autant d’inquiétude que la veille au soir.

            On apprend qu’Emie Kutino, l’épouse du grand malade, a dû écourter son séjour à Brazzaville, où elle animait une campagne de raffermissement spirituel auprès des fidèles de l’ »Armée de Victoire », et retraverser précipitamment le Pool Malebo dans la matinée d’hier. Sa présence au chevet de son mari a certainement eu un effet bonificateur sur sa santé.

            On rappelle que Kutino Fernando a déjà purgé, à la Prison Centrale de Makala, six des dix ans de prison retenus contre lui par la Cour militaire de garnison de Kinshasa, après sa condamnation pour tentative de meurtre sur son collègue pasteur Ngalasi de l’Eglise « La Louange ». Cette infraction, fondée sur une absence totale de preuves, avait finalement était mise à charge après que cette juridiction se soit butée à la difficulté d’asseoir celles d’atteinte à la sûreté de l’Etat et de détention illégale d’armes de guerre.

            Il y a lieu de noter qu’en juin 2002, Kutino Fernando avait dû fuir Kinshasa et se réfugier à Paris, après avoir échappé aux services spéciaux qui cherchaient à l’arrêter, pour avoir lancé la campagne « Sauvons le Congo » à l’ancien siège de son église, sur l’avenue de l’Enseignement, dans la commune de Kasa-Vubu. A cette occasion, plusieurs de ses collaborateurs, ainsi que des sympathisants et des journalistes accourus sur le lieu avaient été interpellés, arrêtés, brutalisés, détroussés avant d’être remis en liberté plusieurs heures ou jours plus tard.

            Réagissant au cas Kutino, le député national Jean-Claude Vuemba pense que ce prisonnier politique est victime d’un règlement des comptes, à l’image de ses co-détenus, Diomi et Chalupa, mais aussi d’un ancien «bagnard», Gabriel Mokia. Son sentiment est que le pouvoir serait à la recherche des «boucs émissaires» à la veille des Concertations.                                        Kimp

1 COMMENT

  1. Nous pensons que le pouvoir en place n’a pas un état d’âme, laisser cet homme Dieu à servir son maître.

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