«Kuluna» : la population réclame des opérations coups de poing

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Zemanta Related Posts ThumbnailDès la tombée de chaque nuit, Kinshasa plonge désormais dans la peur bleue. Jeunes, adultes, enfants et vieilles personnes gagnés par l’angoisse dans la plupart de quartiers de la capitale où prolifèrent des termitières de Kuluna, n’osent plus mettre leur nez dehors. Les rues jadis bruyantes des noctambules et des vendeurs installés sur les trottoirs restent désertes jusqu’à l’aube. Car, la menace persistante des «kuluna» est là. Ces criminels en herbe dont on connaît la cruauté, surgissent souvent n’importe où et n’importe quand, pour frapper n’importe qui, sans état d’âme particulier.

 Dans cette psychose, les risques d’agression sont majeurs, au point que pour des fêtes, il est toujours recommandé de passer la nuit sur place, au lieu de regagner son domicile en traversant des coins criminogènes à ses risques et périls. Les cas d’agression sont légion. Cet échantillon constitué de derniers cas en date,  montre que le phénomène a pris de proportions alarmantes et il est plus que temps à la Police nationale congolaise d’agir.

Bandalungwa. Au croisement des avenues Dekani et Inga, Mme Londa Angèle, tenancière d’une terrasse, regagne à pieds son domicile. Il est  2 heures, ce dimanche 1er septembre 2013. Mme Londa, le pas lourd, fatiguée et épuisée par une journée de dur labeur, ne fait pas attention à trois jeunes garçons debout sous un arbre qui ne la quittent pas des yeux. A peine qu’elle les a dépassés, voilà que deux se détachent du groupe et se lancent à sa poursuite. Sur avenue Bwete, les deux garnements accélèrent. A sa hauteur, l’un lui  demande de s’arrêter et de leur remettre son sac à main contenant les recettes de la journée, ses téléphones et ses pièces d’identité. La menace ne l’effraie pas. Elle résiste. Le plus cruel sort alors sa machette et menace de lui trancher le bras. Soudain, une voiture s’engage sur cette avenue et braque ses phares sur le groupe. Ainsi dévoilés, les deux «kuluna» abandonnent leur victime et disparaissent à travers les ruelles. Traumatisée, les jambes tremblotantes, cette dame rentre à son appartement.

Vendredi 30 août, au bord de la rivière Makelele, à la frontière avec le quartier Jamaïque, de quelques bambous touffus s’échappe l’odeur du chanvre. Le coin paraît bizarrement calme. Kizola Bernard, 47 ans, cuisinier à la résidence d’un expatrié, chargé de quelques provisions alimentaires, se voit encercler par quatre gringalets dont l’âge ne dépasse pas 30 ans. Il est seul contre ces délinquants décidés à lui causer du tort. On lui arrache son colis. Il les supplie, mais l’un le rase. Kizola qui tombe, se voit menacé avec une machette. On tente de lui administrer un coup sur la jambe. Question de l’effrayer et d’arracher son consentement. Dès qu’il se met à pleurer en langue maternelle, les délinquants éclatent de rire. Un coup de lame sur le dos à la manière d’une gifle, Kizola  hurle  de douleur, maudissant pourquoi il a tenu à rentrer à son domicile au Camp Luka. Soudain, trois vendeuses d’orange passent par-là. Les dames tombent dans les griffes de ces criminels qui les détroussent de leurs économies. Kizola  toutefois remercie le ciel, car son salaire bien rangé dans les chaussettes n’a pas été arraché par les petits voyous.

La même nuit, Matumona et son épouse, quittent une fête de mariage vers 2 heures, dans la commune de Kasa-Vubu. Ils embarquent sur une moto-taxi et vont descendre à l’arrêt Bakayau à Bandal Synkin.

Ils passent à travers quelques ruelles pour longer enfin, le terrain «  Allemagne », réputé pour les agressions qui s’y commettent par des malfaiteurs.  Des obsèques ont rassemblé plusieurs familles sur le lieu. Bien que rassurés, ils se verront interpellés par deux Kuluna qui leur intiment l’ordre de remettre les téléphones et l’argent. Le couple s’exécute, avant d’être appelé à courir sans regarder derrière.

Ces quelques cas auxquels s’ajoutent tant d’autres à Ngiri-Ngiri, Makala, Ngaba, Kingabwa, Kisenso, Matete et quartier Debonhomme, pour ne citer que ces coins de Kinshasa, interpellent les responsables de la police vers qui se tournent les regards de nombreux Kinois. Tous réclament que soient organisées des opérations «  coup de poing » visant ces marginaux. Ne se sentant pas traqués jusque dans leurs derniers retranchements, ils s’imaginent que la police a d’autres préoccupations  et n’est plus intéressée par cette catégorie des marginaux à la machette. A la police de se ressaisir et de désillusionner ces malfaiteurs en herbe.

                                   J.R.T.

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