Un « kuluna » brûlé à Kingasani

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  Un « kuluna » identifié par la population comme chef de bande, a été brûlé vif au quartier Pascal dans la commune de Kimbanseke dans la périphérie de la rivière Nsanga, dans la nuit du samedi 8 à dimanche 9 novembre 2014.Ce bandit était en pleine opération avec ses camarades, lorsque soudainement, ils ont été prix au piège que la population de ce coin leur avait tendu.

          Ayant compris qu’ils étaient démasqués, la bande des kuluna a tout de suite pris la fuite pour se sauver de la colère populaire. Malheureusement, l’un d’entre eux n’a pas eu la même chance et la population a mis la main sur lui. Fatiguée de la maltraitance que ces inciviques lui font subir au quotidien,  celle-ci  va juger bon de se rendre justice elle-même.  Nuitamment, elle a érigé un  tribunal populaire où les habitants du quartier ont entendu celui qu’ils  ont identifié comme auteur de plusieurs de leurs malheurs. Selon quelques témoins présents lors du jugement, ce kuluna a avoué tous les méfaits que lui et son écurie  ont causés aux habitants de ce quartier. 

Révoltée par tout ce qu’ils venaient d’entendre de la bouche du criminel, les habitants en colère ont décidé tout simplement, de se faire justice eux-mêmes, en mettant définitivement hors d’état de nuire, un de ceux qui sèment la peur, la terreur et les pleurs dans la vie de paisibles citoyens Kinois. A l’aide d’un pneu et de l’essence, ils ont alors mis le feu sur leur bourreau.

Il est vrai qu’une telle attitude de la part de la population est à déplorer, car celle-ci n’est pas appelée à se rendre justice, d’autant plus que cette responsabilité relève de la justice. Mais il y a lieu ici, pour les autorités du pays, la police et même l’instance judiciaire, de comprendre que ceci est une interpellation de la population à leur endroit. A force de voir à tout moment de grands malfaiteurs (bandits, kuluna, etc.) être libérés peu après leur arrestation sans qu’ils n’aient subi aucune peine à la taille de leurs infractions, la population a fini par perdre confiance en la police et en la justice de son pays. C’est ainsi que de peur de voir revenir parmi eux les virus qu’ils ont eu tant de mal à maitriser, ils préfèrent à présent se prendre en charge afin d’éliminer une fois pour toutes, ces inciviques qui très souvent sont de mèche avec la police de proximité.

Il est donc important pour la population, de voir les coupables des atrocités dont elle est victime subir leurs peines à la hauteur des forfaits commis, afin de ne plus ressentir le besoin de se faire justice. Mais qu’à cela ne tienne, les kinois et kinoises doivent comprendre que comme tout pays digne de ce nom qui se distingue de la jungle, la RDC est régie par des lois qui assurent le bon fonctionnement des institutions, auxquelles elle doit se soumettre.

Myriam Iragi 

 

 

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