Koyagialo propulsé à la Primature

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Nommé Premier ministre le 26 octobre 2008, en remplacement d’Antoine Gizenga, qui avait remis sa démission au Chef de l’Etat, Joseph Kabila, le 25 septembre de la même année, Adolphe Muzito a finalement rendu le tablier hier mardi 06 mars 2012. La démission du locataire de l’Hôtel du Conseil a entraîné automatiquement celle de l’ensemble du Gouvernement, conformément aux prescrits de l’article 78 de la Constitution.

En effet, élu député national dans la circonscription électorale de Kikwit et « validé » comme tel, Adolphe Muzito a choisi de siéger à l’Assemblée Nationale, ce qui a eu pour conséquence de le placer dans un cas d’incompatibilité de fonctions, une matière réglée par l’article 97 de la Constitution.
Après la chute de l’équipe ministérielle conduite par ce cadre du Palu, Joseph Kabila s’est appuyé sur les articles 8 et 30 de l’Ordonnance n°08/073 du 24 décembre 2008 pour propulser à la Primature Louis Koyagialo Ngbase Te Gerengbo, jusque-là Vice-Premier ministre et ministre chargé des Postes et Nouvelles Technologies de la Communication.

Selon le communiqué officiel parvenu à notre rédaction, l’intérim des autres membres du Gouvernement ayant fait, comme le Premier ministre, le choix de la carrière parlementaire, sera assuré par de nouveaux ministres à désigner par le Chef de l’Etat. L’on doit ainsi s’attendre, à bref délai, à la mise en place d’une équipe ministérielle restreinte chargée d’expédier les affaires courantes jusqu’à l’investiture du futur nouveau Gouvernement de la République.

Les dispositions constitutionnelles voudraient que Joseph Kabila commence par nommer un Informateur, qui disposera d’un délai de 30 jours, renouvelable une seule fois, pour mener des consultations devant aboutir à la formation de la nouvelle équipe ministérielle à soumettre son l’appréciation. Et, une fois acquis le quitus de ce dernier, le nouveau Premier ministre et son Gouvernement devraient se présenter à l’Assemblée Nationale en vue de leur investiture. Chronologiquement, le Gouvernement intérimaire à conduire par Louis Koyagialo pourrait expédier les affaires courantes pour une durée maximale de 60 jours, à compter de la nomination de l’Informateur.

Compte tenu de la précarité de son mandat, les observateurs souhaiteraient que l’équipe de Koyagialo soit composée en priorité des ministres sortants non élus députés, auxquels pourraient s’ajouter une demi-dizaine de nouvelles unités. Dans le souci de réduire au maximum les dépenses de fonctionnement de cet exécutif intérimaire, un fusionnement des ministères serait souhaité. On pourrait par exemple regrouper l’EPSP et l’ESU ; Plan et Portefeuille ; Budget et Finances ; Environnement, Urbanisme et Habitat ; Affaires Etrangères et Coopération Régionale; Economie et Industrie; Justice et Relations avec le Parlement ; Commerce et Transports ; Communication et PTT ; Sports et Culture ; Travail et Affaires Sociales, Agriculture et Développement Rural ; Mines, Energie et Hydrocarbures; etc. En tout cas, on devrait rechercher des combinaisons de nature à favoriser l’économie des moyens tout en préservant l’efficacité.

Les amoureux du droit déplorent le fait que la Constitution soit muette au sujet de la procédure ayant abouti à la désignation de Louis Koyagialo en qualité de Premier ministre intérimaire. Certains auraient préféré que le Premier ministre sortant puisse expédier les affaires courantes jusqu’à l’investiture de son successeur.

On retiendra toutefois que la séparation entre Joseph Kabila et Adolphe Muzito s’est passée à l’amiable. Le Président de la République a remercié le chef du gouvernement sortant pour sa collaboration sans nuage avec lui tout au long de son mandat. Quant à Adolphe Muzito, il s’est réjoui d’avoir rempli correctement son contrat, à savoir le rétablissement de l’autorité de l’Etat, la stabilisation du cadre macro-économique avec comme point d’orgue l’effacement de près de 10 milliards de dollars représentant  la dette extérieure du pays et la reconstruction des infrastructures de base. Bref, l’homme se retire avec la satisfaction d’avoir laissé, derrière lui, un bilan positif.

Kimp

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