Koyagialo donne une fessée à Bussa

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 Au regard de l’écart pas très large enregistré après le premier tour
de l’élection du gouverneur de la province de l’Equateur vendredi
dernier (35 contre 22) et du large éventail des votes indécis à la
portée des deux « finalistes », l’opinion pensait assister à un duel
au coude à coude entre Louis Koyagialo et Jean-Lucien Bussa hier
lundi. Mais, contrairement aux attentes, le candidat Koyagialo de la
Majorité Présidentielle a donné une fessée à celui qui se faisait
passer abusivement pour un « Indépendant ».

Cette défaite tire son origine de plusieurs facteurs. Le premier et
peut-être le plus décisif est le rejet de la candidature de
Jean-Lucien Bussa par son propre parti, le Mouvement de Libération du
Congo. En décidant de s’afficher comme indépendant alors qu’il préside
le groupe parlementaire du MLC à l’Assemblée Nationale, l’intéressé a
largement compromis ses chances. Le second facteur de l’échec est la
perte, par le MLC, de la majorité numérique dont il disposait au début
de la législature, en 2006. A cause de la mauvaise gestion d’ambitions
politiques par ses cadres tant à Mbandaka qu’à Kinshasa, nombre de ses
députés provinciaux avaient fini par traverser la rue et rallier le
camp adverse.
Le troisième facteur est à chercher dans la carte de visite de son
adversaire. Louis Koyagialo, après une longue traversée du désert liée
à l’affaire « Lititi mboka » qui lui avait coûté son poste de
gouverneur de l’ex-Shaba (Katanga) en 1990 et 4 ans d’emprisonnement
dans un dossier où sa culpabilité n’avait pu être formellement
établie, a réussi à rebondir au sein de la Majorité Présidentielle. Il
avait eu à assumer, dans l’ombre des « faucons » et « colombes », la
lourde charge de Secrétaire Exécutif adjoint de l’AMP d’abord
(Alliance de la Majorité Présidentielle) et de la MP (Majorité
Présidentielle) ensuite.
Le hasard de l’histoire a même fait qu’il puisse occuper, pendant deux
mois, les hautes fonctions de Premier ministre intérimaire, après la
démission « constitutionnelle » d’Adolphe Muzito en mars 2012. Mais,
l’autre face de Louis Koyagialo est qu’il appartient au cercle fermé
de vieux routiers de la territoriale sous la deuxième République. On
rappelle qu’avant de prendre la direction du gouvernorat de l’ex-Shaba
en 1986, il avait tissé patiemment sa toile comme Directeur de région
de l’ex-Shaba, puis Commissaire Sous-Régional à Likasi, Commissaire
Urbain à Lubumbashi, Vice-Gouverneur au Kasaï Oriental et au Kivu.
Le nouveau Gouverneur de la province de l’Equateur renoue,
pourrait-on dire, avec ses premières amours. Au plan de l’expérience,
de la compétence et de la probité morale, il avait effectué un
parcours sans faute sous le Régime Mobutu. On croit savoir que sous
son mandat, la province de l’Equateur va effectivement se réconcilier
avec lui-même et connaître le décollage socio-économique que ses fils
et filles appellent de tous leurs vœux depuis des décennies.
Au regard de son profil et de son passé, il n’a pas droit à l’erreur.
D’aucuns lui prédisent un fructueux mandat dès lors que son écrasante
victoire électorale ne souffre d’aucune contestation. Bien que membre
de la Majorité Présidentielle, Louis Koyagialo peut se féliciter de
compter parmi les rares originaires de l’Equateur capables de jouer,
avec le maximum de chance de réussite, la carte de rassembleur.
Apparemment, l’adhésion des masses comme des leaders de l’opinion lui
semble largement acquise. Le capital-confiance dont il jouit, va être
un atout non négligeable dans l’affrontement des défis immenses qui
l’attendent.
Il a la lourde charge de montrer à l’opinion qu’il est en mesure
d’amener ses frères et sœurs de province à transformer en richesses,
les potentialités agricoles, minières et énergétiques dont elle
recèle. Economiquement sinistré, l’Equateur est une province où tout
est à faire ou refaire : agriculture, pêche, élevage, routes, cours
d’eau, ports, aéroports, barrages, usines de production d’eau potable,
industries, petites et moyennes entreprises, hôpitaux, écoles,
universités, instituts supérieurs, logements, transport, nouvelles
technologies de l’information et de la communication, etc. Les défis
sont tellement immenses que Louis Koyagialo est appelé à partir de
zéro dans une forêt vierge.
Kimp

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