Kivu : psychose d’une nouvelle guerre

0
41

L’idée d’une nouvelle guerre plane dans tous les esprits, dans la province du Nord-Kivu. Roger Meece, Représentant spécial du Secrétaire Général de l’Onu et patron de la Monusco (Mission des Nations Unies pour la Stabilisation du Congo) l’a constaté lors de son passage à Kitshanga, ancienne base militaire du CNDP (Congrès National pour la Défense du Peuple), le samedi 30 octobre 2010. Il a tout de même tenu à délivrer, à cette occasion, un message d’apaisement : « Le temps de la violence est révolu. Il faut désormais privilégier le dialogue entre toutes les parties pour la résolution des problèmes ».           

            Un tel message, les Congolais se souviennent l’avoir déjà entendu de la part de la Monuc, à l’époque où les groupes armés nationaux, le CNDP de Laurent Nkunda, étaient très actifs au Nord et Sud-Kivu. 

La psychose de la guerre est particulièrement est née des mouvements incessants des ex-combattants CNDP et Mai-Mai à travers plusieurs territoires et localités du Nord-Kivu, où ils n’hésitent plus à frapper qui ils veulent, allant jusqu’à défier la Monusco dans sa base de la Rwindi.

            Le chef du groupement de Bashali Kahembe, Taumaini Bahati, dans une déclaration à « radiookapi.net », est très explicite : « Ca, c’est un message de la guerre : quant vous voyez des gens qui courent derrière les ex-militaires, qui commencent à recruter des jeunes-gens dans les villages comme dernièrement à Busumba, on se dit que ça va barder d’un moment à l’autre. Vous savez aussi que les Mai-Mai ont fui. Ils sont allés dans la brousse. Ils sont mécontents parce qu’ils n’ont plus de mainmise sur leurs terres. Et là, on se dit, ça y est ».

            On se rappelle quand dans une déclaration rendue publique à Kinshasa au milieu de la semaine dernière, des députés nationaux originaires du Nord-Kivu se sont aussi inquiétés des mouvements d’infiltrés rwandais dans cette province. Ils sont arrivés, eux aussi, à la conclusion selon laquelle une nouvelle guerre était en gestation dans cette partie de la République.

            De telles alertes devraient interpeller les autorités civiles et militaires, nationales comme provinciales, ayant en charge les problèmes de sécurité intérieure et de défense nationale. C’est le moment ou jamais, de réfléchir aux actions préventives réellement efficaces pour décourager les ennemis de la paix dans notre pays. Au Kivu, les populations civiles, traumatisées par les guerres à répétition, espèrent que Kinshasa ne va pas attendre que la guerre éclate pour intervenir sur le tard.                                   Kimp.

 

LEAVE A REPLY

*