Kisangani : nouvelles échauffourées entre policiers et étudiants

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Victimes collatérales de la manifestation de colère des conducteurs des taxis-motos contre les tracasseries policières, le mardi 22 mai 2018 à Kisangani, les étudiants de l’IBTP (Institut Supérieur des Bâtiments et Travaux Publics) sont sortis hier mercredi 23 mai de leurs installations pour réclamer la restitution de leurs biens pillés par des hommes en uniforme et la réparation financière par qui de droit. Leur indignation était d’autant grande que même certaines autorités académiques avaient vu leurs bureaux saccagés et des équipements de travail (ordinateurs) emportés. Pour cette «contre offensive», ils ont bénéficié de l’appui de l’Université de Kisangani. Des éléments de la police, alertés sans doute par les autorités locales, se sont mis en travers de leur chemin, ce qui a entrainé leur éparpillement à travers plusieurs rues et avenues du centre de la ville. Au vu de la résistance des manifestants aux gaz lacrymogènes et aux tirs de sommation de la police, indique-t-on, des troupes des FARDC ont dû de nouveau entrer en scène, comme la veille, en tirant à balles réelles sur la foule des étudiants, faisant plusieurs blessés. Mais, aucun mort n’a été signalé dans leurs rangs.

 

La communauté estudiantine de l’IBTP était particulièrement fâchée contre les agents de l’ordre et les militaires pour avoir violé la concession de leur établissement et perturbé les cours et examens, alors qu’ils n’y étaient pour rien dans le mouvement de protestation des motocyclistes. Ceux-ci, rappelle-t-on, n’avaient trouvé rien d’autre que venir se réfugier à l’IBTP, pour échapper à la chasse à l’homme déclenchée contre eux par des hommes en uniforme.

Selon des sources sur place, la circulation routière s’est trouvée paralysée, sur le boulevard du 30 juin. Le mouvement de panique ayant gagné le Marché central, ce lieu de négoce s’est rapidement vidé de sa population marchande ainsi que des visiteurs. On rapporte que la situation a pris une tournure fort inquiétante avec la mort d’une dame touchée par une balle perdue au niveau de l’église Mennonite et une autre, atteinte aussi par balle mais en vie.

Jusqu’au soir, la tension était vive entre la population civile et les éléments de l’armée et de la police.

On signale qu’après les graves incidents de mardi, le vice-gouverneur de la province de la Tshopo a pris la grave mesure d’interdiction de toutes les activités de la Police de Circulation Routière à travers la ville de Kisangani.

Les observateurs estiment que les étudiants de l’IBTP ne rencontrant pas une oreille attentive du côté des autorités politico-administratives locales, de nouveaux affrontements entre eux et les forces de l’ordre sont à craindre.

                                    Kimp