Kinshasa vers une gestion intégrée des eaux urbaines

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regideso-statue2En vue de résoudre les problèmes liés à l’approvisionnement en eau potable des populations et à l’assainissement de la ville de Kinshasa qui demeurent un défi et une urgence pour l’atteinte des Objectifs du
développement durable d’ici 2030, la nécessité d’adopter une nouvelle approche pour une meilleure gestion de l’eau et de l’assainissement s’avère indispensable. C’est dans ce contexte que le gouvernement congolais, grâce à l’appui financier de la Facilité Africaine de l’Eau (FAE) à travers la Banque Africaine de Développement (BAD), a mis en place le Projet « Elaboration du Schéma Directeur pour la Gestion Intégrée des Eaux Urbaines (GIEU) de la ville de Kinshasa et Etude de faisabilité de la desserte en eau potable de Kinshasa Ouest », dont
l’exécution est confiée à la Regideso. Ledit projet lancé officiellement par la vice-ministre de l’Energie, Maguy Rwakabuba, hier  jeudi 7 avril 2016 au cercle Elais dans la commune de Gombe, en présence du ministre des Affaires Foncières, du Représentant du gouverneur de la ville-province de Kinshasa, du Directeur général de la Regideso, Jacques Mukalayi Mwema, du Représentant Résident de la BAD, Sylvain Maliko, et de plusieurs autres invités, va s’étendre sur une durée de 30 mois, au bout desquels une table ronde des bailleurs de fonds sera organisée pour mobiliser les ressources financières nécessaires à la réalisation des projets prioritaires définis par le schéma directeur.

A cette occasion, François Brikké, expert de GWP (Global Water Partnerhip), a fait la présentation du concept de la Gestion intégrée des eaux urbaines qui a parmi à l’assistance d’apprécier le caractère
stratégique du projet.

Dans son mot de circonstance, Maguy Rwakabuba a souligné le bien-fondé et le bénéfice de ce projet, qui pourra permettre au pays de générer des recettes et de contribuer à la réduction du chaumage,
avec le traitement des déchets solides et liquides.

Le DG de la Regideso, Agence d’exécution du projet, a expliqué quant à lui que ce concept novateur de Gestion intégrée des eaux urbaines qui utilise une approche très holistique en développant une chaîne de valeurs dans tous les secteurs de la gestion des eaux urbaines, confère une certaine dignité à la composante assainissement qui passe du statut de facteur de nuisance au statut de générateur de revenu au stade primaire de la collecte (transformation des boues de vidange en électricité et composante pour amender les terres agricoles, création
d’emplois, etc.).

Un projet porteur d’espoir pour la Regideso

Jacques Mukalay a noté qu’en tant que gestionnaire de réseau public d’eau potable, il attend beaucoup de ce projet qui à coup sûr, va leur permettre d’améliorer la qualité de leur service et de faire des économies très importants dans leurs coûts de production et de distribution impactant positivement pour les populations les
conditions d’accès à une eau suffisante et de bonne qualité sans dégrader les conditions sanitaires.

En ce qui concerne les situations des inondations épisodiques des ouvrages du captage de l’usine de Ndjili, l’augmentation de la charge de l’eau brute à l’usine d’eau de Lukaya, qui occasionne des arrêts de production, sans compter l’ensemble de la prise d’eau de l’usine de Ngaliema, le DG de la Regideso a expliqué qu’il s’agit là des illustrations des conséquences du manque d’harmonisation entre secteurs qui partagent l’espace urbain. Une préoccupation à laquelle ce projet est notamment appelé à donner satisfaction.

A cet effet, il a promis de ne ménager aucun effort pour mettre ensemble toutes les énergies nécessaires (autorités provinciales, entités œuvrant dans le domaine urbain, société civile, populations locales,) pour planter les jalons du bien-être social des populations urbaines.

De son côté, Sylvain Maliko, Représentant résident de la BAD, a indiqué que ce financement à  hauteur de 1.875.000 Euros, quoi que paraissant pas très consistant, aura une portée hautement appréciée quand les activités envisagées ouvriront la voie à la mise en route d’opérations de plus grande envergure, dans le domaine de l’eau et de l’assainissement à Kinshasa.

Au regard des statiques sur la croissance démographique de la ville de Kinshasa (10 millions d’habitants en 2014 et les 17 millions en 2030), Sylvain Maliko a rappelé l’urgence qu’il y a du fait que les besoins de consommation d’eau potable vont croitre conséquemment.

Il sied de signaler que la GIEU contribue à une meilleure sécurité hydrique grâce à l’adoption d’une approche holistique. Il s’agit de concevoir la gestion de l’eau comme un système au sein d’un bassin versant, en prenant compte de l’ensemble du cycle de l’eau (ressource, traitement, distribution et régénération). Elle considère les eaux usées et les déchets en général comme une ressource et non une nuisance.
Myriam Iragi