Kinshasa toujours malade de ses routes

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Une des routes principale de la commune de Kimbanseke à Kinshasa le 11/12/2011. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo
Une des routes principale de la commune de Kimbanseke à Kinshasa le 11/12/2011. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo
Une des routes principale de la commune de Kimbanseke à Kinshasa le 11/12/2011. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo

A quoi sert alors la taxe de la vignette ? C’est la question qui revient souvent sur les lèvres des usagers des routes au sujet de ce qui apparait aujourd’hui comme l’impôt routier dont les contribuables ont du mal à voir son impact sur la voirie urbaine.

A ce jour, Il est presqu’impossible de circuler en véhicule à l’intérieur de différentes communes de la capitale étant donné que les routes existantes sont défoncées. Et comme disent les kinois dont le sens de l’humour est pointu, les usagers sont priés de choisir les trous car il y en a trop. En outre, il existe des communes inaccessibles et qui sont devenues enclavées du fait que les routes d’antan ont complètement disparu. Elles sont soit défoncées, soit envahies par des eaux usées d’origine domestique ou des pluies diluviennes fort fréquentes pendant au moins neuf mois par an.

Ce qui frappe les visiteurs ou ceux qui ont immigré en Occident de retour des vacances ou des visites familiales, c’est le fait que les routes vitales sont devenues impraticables à la suite de la vieillesse, des érosions ou des éboulements des terrains. Il s’agit essentiellement des anciennes routes construites pendant la période coloniale et durant les dix premières années après l’accession de notre pays à la souveraineté internationale. Notamment les avenues By Pass, Université, Victoire, Kasavubu entre Gombe et Pont Kasavubu, Route de Matadi entre le quartier Ozone et l’UPN, Commerce, Flambeau, Gambela, Assossa, Bongolo, les deux petits boulevards  parallèles à Lumumba, la 14ème Rue de Limete-Industriel.

Quel gâchis ?

C’est dans le cadre du lancement du programme des cinq chantiers que le gouvernement de la République a mobilisé des fonds énormes pour la réfection des grandes artères de la capitale. Cela, pour faciliter et rendre fluide la circulation dans cette mégapole aux dimensions d’une province du Royaume de Belgique et qui connait une explosion démographique toujours grandissante. En marge du Cinquantenaire et du Sommet de la Francophonie en 2010, les Boulevards Lumumba, 30 juin, Triomphal et les avenues Sendwe, Kasa-Vubu, Pierre Mulele, avaient été réhabilités à la grande satisfaction des kinois et ceux qui ont choisi le Congo comme leur deuxième patrie.

Mais hélas ! La joie a été de courte durée comme la vie d’une rose en l’espace d’un matin. A ce jour, le spectacle désolant de la dégradation de ces infrastructures a atteint des niveaux inespérés car de nouveau, ces belles œuvres offrent aujourd’hui le décor des champs des nids de poule et les usagers sont encore une fois invités à y
opérer un tri.

Que faire ?

Il est établi depuis longtemps que d’une part, ce sont les eaux des pluies qui sont à la base de la détérioration accélérée des routes dans des agglomérations du genre des six principaux chefs-lieux du pays. Et la question ? Les usagers de la route et les touristes vont-ils éternellement se contenter de moins de dix voies principales de circulation dans une ville peuplée de plus de dix millions d’habitants comme Kinshasa ?

D’autre part, faut-il continuer de répéter à l’envie que c’est l’absence d’une politique d’aménagement urbain efficace et efficient face à ce boom démographique qui est à la base de l’accentuation de la détérioration du réseau routier dans des grandes agglomérations urbaines. Qui se caractérise par le non respect des normes
urbanistiques dans la construction des maisons d’habitation et de commerce. Déversant régulièrement sur les voies secondaires et principales d’énormes quantités d’eaux usées qui, faute des caniveaux, rongent les avenues et mêmes les routes secondaires dans les quartiers des différentes communes.

Plan spécial d’aménagement des routes urbaines

Selon un expert en urbanisme, l’une des directions du Ministère des
Travaux Publics dénommé Bureau d’Etudes et d’Aménagement Urbain
dispose d’une panoplie des cartes d’aménagement de la ville de
Kinshasa ainsi que des experts éprouvés dans ce domaine. Il est donc
urgent d’intégrer à ces plans le tracé des nouvelles voies secondaires
et prévoir un programme de réfection et de construction des caniveaux
pour l’évacuation des eaux usées d’origine domestique et industrielle.
Les agents de la direction d’hygiène devraient être mis en alerte
maximale pour surveiller l’état de ces caniveaux et les mouvements
d’évacuation des ordures ménagères. Les mêmes agents devraient être
outillés pour des travaux de lutte contre les moustiques et autres
bestioles contagieuses.
Avant et pendant la construction des maisons d’habitation, les agents
des services de l’urbanisme devront être associés à toutes les étapes
pour bien surveiller le respect des normes urbanistiques. L’Etat
ferait œuvre utile en réfectionnant les avenues tant secondaires que
principales et surtout les panneaux de signalisation routière pour
rendre la circulation la plus fluide possible.
D’autres infrastructures qu’il faudrait ériger, c’est l’accroissement
des échangeurs et des feux rouges au niveau des croisements des routes
principales et même secondaires. Tout comme les passages protégés des
piétons, soit par voie souterraine ou sur des passerelles aériennes.
Bref, un programme spécial d’aménagement des routes en tenant compte
de la démographie galopante. En un mot, l’état des routes à travers
toutes les grandes agglomérations laisse beaucoup à désirer, car il
n’a toujours pas atteint le niveau de développement que l’on observe
ailleurs. C’est une question de volonté politique au niveau des
gouvernants.
F.M