Kinshasa toujours livré aux incendies

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Les habitants de la Ville-Province de Kinshasa se sentent impuissants et démunis lorsque un incendie se déclare dans leur environnement ; ceci est une réalité vécue chaque jour avec angoisse dans les vingt-quatre communes de la capitale. De la Gombe à Maluku, en passant par Barumbu, Limete, Bandalungwa, Kimbaseke, N’Djili, Mont-Ngafula ou Ngaliema, personne ne se sent en sécurité ou ne peut espérer être rapidement secouru lorsqu’un incendie survient chez-lui. L’une  des démonstrations les plus désolantes a été fournie au début de la
semaine dernière dans une parcelle attenante à la concession de la défunte société de transport « City Train » au croisement de la 18 Rue et du Boulevard Lumumba, à Limete. Juste en face du monument Lumumba et du gigantesque Echangeur de Limete qui abrite également les installations de la Police du « Groupe mobile d’intervention-Est » (GMI-Est). Autant dire que ce site est particulièrement visible, accessible et important. Cela n’a pourtant pas empêché l’incendie qui s’est déclaré le mardi 07 juin 2016, de consumer allégrement tout ce qui se trouvait sur son passage dans cette parcelle, y compris la maison d’habitation.

Ce sinistre, selon les habitants de la parcelle sinistrée, était
causé par un dépôt à ciel ouvert d’une centaine de futs de carburants,
dont le propriétaire n’habitait même pas la parcelle. En effet,
plusieurs voisins ont témoigné qu’au début de l’incendie, le
propriétaire aurait pris la poudre d’escampette pour se  réfugier dans
des lieux plus cléments. En attendant les conclusions définitives des
investigations, tout le monde a accusé une marchande de brochettes –
communément appelée ici « malewa ou restaurants de fortune » d’avoir
allumé par imprudence le feu pour griller ses brochettes et autres
poissons frais. C’était aux environs de 09 heures du matin. Tout
semblait bien se dérouler jusqu’au moment où les vapeurs des
carburants ont subtilement happé les flammes, provoquant ainsi
l’incendie des fûts de carburant les plus proches. Brusquement
rappelée à la réalité, la dame, de peur d’être carrément lynchée par
les propriétaires sinistrés et la furie de la foule, s’est confondue
dans la masse pour disparaître, et sans doute, aller chercher les
sapeurs pompiers. Ces derniers sont enfin arrivés à bord de petits
véhicules rouges don de la coopération nippone qui ont eu de la peine
à maîtriser l’incendie.

Multiplication des cas et manque criant de logistique et d’organisation

Le feu a continué de brûler tout sur son passage jusque dans l’après
midi. Malgré la bonne volonté des pompiers, le sous-équipement se
faisait sentir. Non seulement il n’y avait pas de bouche
d’alimentation  en eau dans les environs – ce qui obligeait les
véhicules à  faire des longs trajets aller-retour pour
s’approvisionner – mais aussi la pression d’eau éjectée par ces
véhicules était très faible, pas du tout à hauteur de l’ampleur de
l’incendie qui atteignait pratiquement les sommets des manguiers
situés dans la parcelle et ravageait tout sur son passage. Les dégâts
causés sont énormes, car il a fallu attendre pratiquement le soir pour
voir s’apaiser la furie de cet incendie.
Ce sinistre rappelle plusieurs autres qui se sont produits à travers
la capitale. Il convient d’évoquer l’un des derniers qui s’est aussi
produits dans les mêmes circonstances, à « Libongo ya zelo de N’dolo
», au bord du Fleuve Congo. Dans tous ces accidents, deux paramètres
reviennent constamment : retard dans l’intervention et insuffisance
des moyens mis en œuvres contre le sinistre. Cela appelle
nécessairement une réorganisation de la Protection civile à travers la
capitale. L’idéal serait de doter chaque commune de Kinshasa d’une
équipe des sapeurs pompiers, dotés des moyens appropriés à leur
mission. En outre, il faudra réglementer la vente de carburant par des
tiers, en dehors des stations services. Enfin entreprendre une
campagne d’éducation de l’opinion kinoise contre les comportements
dangereux, pouvant provoquer un incendie (vente illicite de carburant
en famille, bricolage dans les cabines électriques de la SNEL, etc.)
SAKAZ