Kinshasa toujours dans la spirale de l’insécurité

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kinshasaBraquage par-ci, vol à main armée par-là, extorsion avec des armes de guerre hier, cambriolage d’une société l’autre jour, Kinshasa est entré dans une zone d’insécurité qui pousse ses habitants à limiter leurs déplacements tard la nuit, et à multiplier les dispositifs de sécurité  pour leurs maisons d’habitation, leurs boutiques et magasins. Portes et fenêtres sont blindées, la garde est renforcée, les alimentations, magasins de vente d’articles vestimentaires, parfumeries et cosmétiques, recourent même aux sociétés de gardiennage pour se prémunir contre les attaques des malfaiteurs.  Rien n’y fait, la pègre finit toujours par découvrir quel système peut déjouer cet arsenal des moyens de protection.

 Si de plus en plus, les maisons d’habitation sont plus sécurisées, les véhicules sont malheureusement moins protégés. L’alarme qui claironne et la sirène qui retentit, dès qu’un voleur tente de déverrouiller les portières, ne suffisent plus pour assurer une sécurité maximale contre les vols de voitures et des jeeps qui roulent. Car, c’est au moment où les chauffeurs remontent dans leurs véhicules ou en descendent que surgissent des bandits armés qui les contraignent à sortir et à céder les clefs de contact. A cette étape, sont enregistrés de nombreux cas de braquages qui requièrent d’autres méthodes de protection.

 A Bandalungwa, le propriétaire d’une jeep de marque Toyota Prado de couleur blanche, se désaltérait mardi dernier, avec ses copains dans une terrasse sur avenue Inga. Il était 23 heures. Marcelo Nkunga a cru voir trois gaillards adossés à son véhicule. Il est allé à leur rencontre, afin de demander le mobile de leur présence. Un de ces inconnus l’attira à côté et lui braqua un revolver en lui réclamant les clefs de contact de son véhicule. Pendant qu’il résistait  dans l’espoir qu’il sera rejoint par ses copains, les deux autres braqueurs lui ont proféré des menaces de mort. Devant cette attaque, il préféra sauver sa peau et céder sa jeep. Ayant embarqué, les bandits ont pris une destination inconnue.

La nuit de dimanche 9 février 2014, sur avenue Oshwe, quartier Matonge, la canicule a rassemblé dans des bars et buvettes, les Kinois autour de quelques bières et des rafraîchissants. Vers 0 H 30’, les travailleurs épuisés et fatigués par la longue journée de dur labeur, s’apprêtent à fermer. Dans le bar, les derniers clients ne sont pourtant pas pressés de quitter le lieu. Un groupe de cinq hommes en tenue civile s’est posté derrière une Mercedes Benz 190 de couleur grise garée devant le débit de boisson. Une discussion animée attire l’attention des passants. Albert Monakumbu, ingénieur de son état, a hâte à regagner sa voiture. Curieusement, les suspects sont toujours là, en train de se chamailler. Il les invite à se déplacer, mais l’un d’eux sort de son blouson, une arme de guerre et lui ordonne de leur remettre les clefs de contact. En moins de 20 minutes, la berline change de propriétaire. Monakumbu n’en revient pas. Les bandits ont démarré sa voiture et disparu dans les rues de Matonge.

Bien que les plaques minéralogiques de certains véhicules volés aient été communiquées à la police, les recherches continuent et les engins sont toujours introuvables. L’on croit savoir que ces butins ont soit été cannibalisés pour fournir des pièces détachées, soit re-immatriculés et revendus aux receleurs. Et c’est la tâche qui revient aux enquêteurs de différentes unités de la police, lâchés sur ces affaires de vols de véhicules dans la ville de Kinshasa.

Une source indique que certains magasins de revente de pièces de rechange d’occasion, seraient connectés aux réseaux de vols de véhicules. Car, la plupart de ces pièces ne proviennent pas seulement des véhicules accidentés et dépiécés en Occident, mais bien des véhicules volés à Kinshasa ou dans d’autres villes proches de Bas-Congo et de Bandundu.

Sur base de ces informations, les limiers de la police devraient suivre cette filière criminelle autour de laquelle s’affairent des braqueurs, des commissionnaires, des garages clandestins et des bandes de revendeurs  de pièces d’occasion.

                                                                                                              J.R.T.

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