Kinshasa toujours sous la botte des malfaiteurs

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Kinshasa est-elle devenue un véritable Far West, une ville mythique où
pullulaient des bandes de malfaiteurs et où se commettaient des actes
de banditisme en pleine journée ? On est tenté de le croire à la
lumière de derniers cas d’attaques perpétrés depuis le début de cette
année.

Sans revenir sur les anciens coups commis par des bandits, et qui ont
nécessité l’instauration de nombreux points de contrôle routier de
véhicules en circulation, cette semaine a curieusement débuté sous le
signe de l’insécurité. Mercredi 6 juin, Fanny, caissière dans une
société commerciale de la place, transportait des fonds à verser dans
une banque. Elle a pris place à bord d’un taxi qui prendra plus tard,
sur son itinéraire, un autre passager tiré à quatre épingles. Il était
10 heures à Kinshasa. Sur le boulevard Lumumba, à la hauteur de la 6
ème rue Limete, le passager s’est brusquement senti mal en point et a
demandé à la caissière de lui acheter un sachet d’eau pure. Il s’est
même étalé sur le siège arrière, dévoilant la gravité de son malaise.
A la vue d’un vendeur ambulant, le chauffeur s’est arrêté et la dame
l’a interpellé. La personne malade a refusé ce produit, le considérant
comme impropre parce que non traité selon les normes.
Plusieurs mètres plus loin, un autre vendeur de boissons gazeuses a
été aperçu au bord de la chaussée. Et le passager indisposé d’insister
pour l’achat d’un flacon d’eau minérale. Au moment où Fanny sortait de
la voiture pour lui rendre service, l’homme a insisté pour que la
caissière laisse son sac dans la voiture.
Mue par un réflexe de vigilance, la caissière ne l’a pas entendu de
cette oreille. Mais voilà qu’on la tirait vers l’intérieur de la
voiture taxi. Le braqueur déguisé en faux malade s’est disputé le sac
avec la dame et réussi à lui arracher ses deux téléphones portables.
Fanny s’est alors emportée contre le chauffeur qui n’a pas osé la
secourir. D’un air amusé, il a répondu que ces derniers temps, les
passagers ont curieusement ce genre de comportements bizarres dans les
taxis.
Par son courage, la dame a au moins sauvé le montant de 15.000
dollars de son entreprise.

Attaque après un retrait au distributeur
automatique

Masina Sans Fil. Mardi 5 juin 2018. Il est 20 heures. Un distributeur
automatique venait de servir le client d’une banque de la place.
L’homme ne s’était pas imaginé que non loin de là, quatre paires
d’yeux suivaient ses faits et gestes. Il s’est alors engagé sur le
trottoir du boulevard Lumumba, satisfait d’avoir retiré 2.500 dollars.
Balançant son sac, il s’est arrêté et voilà que dans l’attente d’un
taxi, un taxi-motocycliste avec un passager embarqué, s’est approché
de lui. Et hop ! Le sac arraché, les deux voleurs ont disparu avec
leur moto et leur butin, se faufilant entre les colonnes de véhicules
se dirigeant vers le Pont Matete.
Ces genres de rapts sont réguliers dans la plupart des communes de
Kinshasa, où certains motocyclistes se sont constitués en bandes de
malfaiteurs. L’attaque, le samedi 2 juin 2018, de Pélagie, vendeuse
dans une boutique de cosmétiques, au centre commercial de la 7 ème rue
Limete,  où elle est allée rejoindre son amant, est révélatrice du
climat d’insécurité qui a poussé les autorités urbaines à décréter la
lutte contre le banditisme.
Après la rencontre amoureuse, il était 23 heures. Seule, la
demoiselle a pris avec un autre passager, une moto à l’entrée de la
7ème rue Limete, côté industriel. Elle se rendait au quartier situé
aux abords de la voie ferrée. L’autre passager a exigé qu’il soit
déposé le premier, sur la 6 ème rue sur le petit boulevard. A
l’endroit indiqué, la moto s’est arrêtée. L’homme qui est descendu
rapidement, a attendu le démarrage de la moto pour arracher le sac de
la demoiselle contenant ses téléphones, ses produits de maquillage et
ses économies.
Témoin de cette agression, le motocycliste a déploré cette insécurité
sans tenter de pourchasser le malfaiteur. Il a prétendu que le malfrat
n’était pas seul et que toute tentative de traque pouvait susciter une
réplique foudroyante des autres membres de sa bande.
Dans une ville où pour rouler sur des routes défoncées, la moto est
le moyen de transport le plus utilisé, la chasse aux motos dépourvues
de plaques et de documents de bord, posera certainement l’équation de
la mobilité des Kinois. Il en est de même de véhicules en circulation
affectés au transport en commun qui tardent à se conformer aux mesures
de sécurité prises dernièrement par la police.
Ce service d’ordre ferait mieux de rappeler aux Kinois, les numéros
verts pour atteindre rapidement les unités d’intervention dont les
équipes motorisées sont déployées dans certains coins de la ville.
J.R.T.