Kinshasa : syndrome de ville morte

0
238
kinshasa-villeCirculation timide et réduite, écoliers du secteur maternel et primaire priés par les chefs d’établissements de rentrer chez leurs parents, activités commerciales partiellement paralysées au centre-ville, notamment sur l’avenue du Commerce et ses environs, exploitants du transport en commun hésitants aux premières heures de la matinée, fonctionnaires et agents du secteur privé partagés entre le « congé » et le travail, crépitements de tirs isolés et échauffourées entre jeunes et policiers  : tel était le décor de la journée d’hier lundi 6 février jusqu’en début d’après-midi à travers la ville de Kinshasa.  
Au lieu de la paralysie totale  des activités diverses qu’on enregistre en cas d’appel à une journée ville morte, la capitale a plutôt tourné au ralenti.  A la base de cette situation, on signale que des tracts ont circulé le week-end, appelant les Kinoises et Kinois  à rester chez eux pendant deux jours, lundi 6 et mardi 7 février, en vue de l’observation du deuil du président national de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), Etienne Tshisekedi wa Mulumba, décédé le mercredi 1er février à Bruxelles en Belgique.
Des messages invitant les automobilistes à ne pas sortir leurs engins ainsi que les parents à ne pas envoyer leurs enfants à leurs écoles ont fini par installer la psychose dans le mental de bon nombre de résidents de Kinshasa.
Cette psychose a particulièrement touché les écoles des communes de Limete, Kalamu, Barumbu, Lingwala et Kinshasa, ainsi que quelques quartiers des communes situées dans ce rayon. Selon plusieurs sources, une vive tension a régné dans le secteur de la permanence de l’UDPS ainsi que de la résidence du défunt, entre la 12me et la 7me Rues Limete. On a fait état d’échauffourées entre combattants de l’UDPS et forces de l’ordre, au quartier industriel et à Mombele. Des bus de transports en commun et des véhicules des particuliers ont été caillassés mais la situation s’est rapidement normalisée.
Conséquence : les élèves fréquentant les écoles de l’après-midi dans le même secteur, en l’occurrence maternelles et primaires, ont été contraints au repos.
            Toutefois, le secteur secondaire a fonctionné tant bien que mal, surtout que les élèves sont en pleine session d’examens du premier semestre. Cette même ambiance morose a été également observée à l’Université Catholique du Congo, située aux côtés du complexe scolaire Cardinal Monsengwo (ex-St Raphaël) et du collègue Saint Raphaël. Il est espérer que la journée de ce mardi sera moins problématique, tout le monde ayant constaté qu’aucun mot d’ordre de « ville morte » n’a été lancé ni par l’UDPS, ni par le Rassemblement des Forces Politiques et Sociales Acquises au Changement. Au contrairement, au niveau du parti d’Etienne Tshisekedi comme du Rassemblement, des appels au calme et au recueillement, dans l’ordre et la discipline, sont lancés en permanence.
Dom