Kinshasa sans toilettes

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A l’approche de chaque pluie, au lieu de s’en réjouir, de nombreuses familles de Kinshasa deviennent incontrôlables et fort soucieuses. Surtout celles qui habitent le long du fleuve, des rivières et autres cours d’eau qui traversent les différents quartiers de cette mégapole. Certes, le même phénomène est vécu dans de nombreux Etats de la planète où des pluies diluviennes occasionnent des dégâts énormes aux bilans indicibles, avec des destructions, des inondations, les coupures d’alimentation en eau et en électricité, parfois des noyades.

           

Selon les services de la santé publique relayés par des Ong de développement, les églises chrétiennes, l’on enregistre régulièrement des nombreux cas de décès dus à cette épidémie essentiellement dans 24 provinces de la République. De par sa dépendance en vivres provenant des quatre points cardinaux du pays par voie aérienne et des différents cours d’eau, Kinshasa est placée sous une menace certaine.

 

La question des toilettes

 

98 % des vivres consommés dans la capitale proviennent des provinces et des Etats voisins, notamment le Congo-Brazzaville, la RCA, l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi, la Zambie, l’Angola, la Tanzanie et les Etats de l’Extrême Orient, etc.  Le grand vecteur de la propagation de cette épidémie demeure la voie lacustre, fluviale et dans une certaine mesure les routes qui sont dans un état désastreux.

On sait que la voie fluviale et lacustre constitue le parent pauvre des moyens de transport actuellement fréquentés. Qui se trouvent dans un état de délabrement fort avancé. Le fleuve et autres cours d’eau ne sont pas régulièrement balisés, ce qui occasionne des pannes et autres accidents qui surviennent régulièrement sur les embarcations de fortune que doivent emprunter les commerçants et autres voyageurs. Or, ce sont ces embarcations qui servent à alimenter la capitale en vivres frais et secs, notamment la volaille, le gibier, les poissons, le petit et même le grand bétail.

La mégapole est surtout confrontée à la problématique des toilettes due essentiellement à l’exode rural qui a engendré la surpopulation et par voie de conséquence les constructions anarchiques. La modicité des moyens financiers n’a pas permis à de nombreuses familles de se construire des toilettes convenables et répondant aux normes hygiéniques normales. Bien plus, de nombreuses familles modestes vivent entassées dans des parcelles exigües, forcées de se partager une petite toilette à ciel ouvert. Vu le nombre d’habitants, certains d’entre eux qui ne parviennent pas à utiliser les toilettes se débrouillent avec des sachets. C’est le cas, longtemps vécu à l’Université de Kinshasa et dans d’autres instituts supérieurs de la ville, avec le phénomène dit de « sachetisation ».

La précarité ou l’absence des toilettes à travers certains quartiers populeux ainsi que la présence incroyable des immondices sont à l’origine de la réapparition de cette épidémie de choléra pourtant éradiquée au Congo et ailleurs dans le monde. Les pluies diluviennes qui tombent sur la ville pendant près de neuf mois de l’année occasionnent alors la propagation de cette épidémie du choléra. Les excréments des hommes et des animaux, les millions des tonnes des déchets industriels, domestiques et animaux se répandent alors à travers la ville provoquant de nombreuses maladies contagieuses, dont la malaria et le choléra. Lesquelles tuent plus que le sida et le cancer.

 

Vivement des usines de traitement des ordures 

            Partout ailleurs, essentiellement dans des mégapoles à l’instar de Kinshasa habitée par plus de huit millions d’âmes, l’Etat a mis en place des entreprises de traitement des immondices d’origine domestique, animale, humaine et industrielle. Mieux, l’Etat, à travers les ministères de l’habitat, Urbanisme, développement rural, devrait surveiller le secteur de la construction des habitations existantes et à venir, pour se rassurer sur le mieux-être des populations. Particulièrement au sujet des toilettes et des réservoirs des immondices. Les différentes communes urbaines devraient renforcer les services d’hygiène en produits de lutte contre les moustiques et autres insectes propagateurs des maladies épidémiques.

                        Castro