Kinshasa : renforcer les services de génie civil et de traitement des ordures

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Au lieu de verser des larmes de crocodile à chaque catastrophe
naturelle qui s’abat sur la ville de Kinshasa ainsi que d’autres
villes et localités de la République, le gouvernement devrait chercher
à négocier des financements extérieurs pour intervenir utilement à
temps. Gouverner, c’est prévoir, a indiqué hier Julien Massamuna,
secrétaire général de l’Ong de défense des droits de l’homme « Haki Za
Binadamu ».  Ce cri d’alarme a été lancé au cours d’un point de presse
tenu au siège de cette Ong situé à Gombe, sur l’avenue Colonel Ebeya.
Cet activiste a d’emblée rappelé qu’il a toujours existé des services
spécialisés en génie civil au sein des Fardc, de la Police ainsi que
dans certaines entreprises de l’Etat, tel l’Onatra et la Regideso. Ces
financements devraient servir à doter les grandes agglomérations et
autres localités environnantes des infrastructures modernes pouvant
assurer des interventions efficaces à tout moment pour porter secours
aux sinistrés et limiter des dégâts tant humains que matériels.
Il est aujourd’hui déplorable, a-t-il noté, de constater l’absence
criante des services anti-incendie dans une ville peuplée de près de
huit millions d’âmes comme Kinshasa. Que des dégâts ne cesse-t-on de
vivre lorsqu’un incendie survient le jour comme la nuit dans l’une des
24 communes de Kinshasa. Causant morts d’hommes et surtout des enfants
de bas âge sans secours.
Toujours selon cet activiste des droits de l’homme, la ville de
Kinshasa, par exemple, devrait disposer d’au moins quatre véhicules
anti-incendie dans chacune des 24 communes pour assurer des
interventions à temps la nuit comme le jour comme cela se fait dans
d’autres Etats du monde. Des gros engins, notamment des élévateurs
puissants, des grues, des bouées et d’autres matériels techniques
devraient être mis en service pour voler au secours des sinistrés en
cas d’érosion ou d’éboulement de terrain.
Julien Masamuna a cité le cas survenu mercredi dernier, caractérisé
par des éboulements de terrain provoquant le dépôt des tonnes de sable
ayant couvert le tronçon de la Nationale N°1 au niveau du site de
Mitendi situé juste à la frontière de Kinshasa avec le Kongo Central.
C’est là que stationnent les gros véhicules de transport,
essentiellement de grands bus pour touristes et voyageurs et les
géants porte-containers en provenance des ports fluviaux de Matadi,
Boma et Muanda. Pour éviter des embouteillages monstres au niveau de
la route de Matadi, la Police de roulage bloque l’entrée de la ville à
ces gros véhicules jusqu’à 21 heures de la nuit.
Julien Masamuna s’est aussi intéressé à l’avènement des sociétés de
traitement des ordures ménagères et industrielles, particulièrement
pour les bouteilles et sachets en plastique qui sont déversés
régulièrement dans les nombreux cours d’eau de la capitale. L’Etat
devrait songer à interdire aux sociétés commerciales privées la
commercialisation de ces produits non biodégradables qui, à la longue,
risquent de détruire l’écosystème et nuire à la santé de la
population. Comme cela se fait dans les pays de la sous-région des
Grands-Lacs et d’ailleurs.
F.M.