Kinshasa propose de délocaliser les FDLR vers le Maniema

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La présence des éléments des FDRL a toujours été considérée par Kigali comme un motif suffisant pour justifier les multiples incursions de ses troupes armées régulières en RDC. C’est ce prétexte que le pouvoir du FPR avait utilisé tour à tour et d’abord tardivement en 1979dans l’aventure de l’AFDL présidée par feu L. Désiré KABILA. Ensuite, il en fut de même pour soutenir les incursions du Rassemblement  Congolais pour la Démocratie et enfin depuis 2004 pour légitimer le CNDP de Laurent Nkunda Mihigo aujourd’hui en résidence surveillée quelque part au Rwanda.

Ce prétexte fut utilisé pour justifier les opérations militaires conjointes congolo-rwandaises de janvier-février 2008. Comme les troupes régulières rwandaises avaient pris part ouvertement à ces opérations, depuis lors, les autorités de Kigali semblent avoir mis du bémol dans leurs revendications sempiternelles pour justifier les différentes randonnées de leurs forces armées sur le territoire congolais.

Est-ce en prévision des échéances électorales que des négociations sont en cours entre les autorités officielles congolaises et la direction politique des FDLR pour trouver une solution à la présence des ces miliciens Hutu rwandais particulièrement dans les territoires du Nord et Sud Kivu ? C’est fort probable, car selon des sources citées par l’agence belge BELGA et confirmées par la MONUSCO, ainsi que le site Afro Americana Network, Kinshasa proposerait une relocalisation du quartier général des FDLR dans la province du Maniema. Ce quartier déménagerait donc de la région de Walikale et Masisi pour un lieu situé dans la province d’origine de la vénérable Maman Sifa MAHANYA, veuve de feu L. Désiré KABILA et mère de l’actuel chef de l’Etat.

Cependant, cette offre n’est pas gratuite, car elle s’accompagne de certains avantages pécuniaires et autres qui demeurent du domaine du secret des négociations, a-t-on indiqué des sources proches des milieux intéressés. De leur côté, les FDLR s’engageraient à déposer les armes pour se consacrer à des activités commerciales, agropastorales, forestières et pourquoi pas minières dans le cadre des entreprises de ce secteur déjà installées ou à installer dans cette province très riche mais la moins peuplée de la République.

Chat échaudé a peur de l’eau froide…

Si aux yeux des observateurs, l’on s’achemine vers des colonies de peuplement comme à l’époque des Grecs Antiques, des Phéniciens et plus tard des Romains dans les territoires des Dardanelles autour de la Mer Noire, il serait intéressant de surveiller les réactions des populations autochtones qui n’ont pas encore séché les larmes ni pansé les plaies des nombreux passages de réfugiés hutu rwandais et de leurs poursuivants de l’AFDL et Alliés tout au long de la guerre qui avait fini par porter en mai 1977 ce mouvement politico-militaire au pouvoir à Kinshasa. Que des massacres, destructions méchantes, assassinats, déportations, disparitions et autres traitements humains dégradants n’a-t-on pas déploré à travers cette région ! Quelle sera la réaction des autres Congolais qui ont du mal à oublier les exactions de ces éléments perturbateurs depuis 1994 et dont les mains sont couvertes du sang frais des nord et sud Kivutiens et surtout de leurs congénères Tutsi congolais et rwandais ?

On rappelle que des démarches de ce genre avaient abouti à l’installation provisoire des éléments des FDLR au Kasaï Occidental en attendant de les diriger vers le Bas-Congo. Un matin, deux passagers enfermés dans un bateau affrété à cet effet dans le port de la ville de Kikwit tombèrent malades et leurs compagnons de voyage les transportèrent vers l’hôpital de référence de la ville où ils trouvèrent la mort. Lorsque cette affaire s’ébruita, ce fut la panique généralisée à travers Kikwit car l’on découvrit que des sujets rwandais accusés de tous les crimes de sang à l’Est avaient séjourné secrètement au port de la ville pour une destination inconnue. C’est à l’issue des débats houleux à l’assemblée nationale du système de 1+4, que l’on apprit que leur destination finale était le Bas-Congo. La tension monta de plusieurs crans particulièrement dans les rangs des députés originaires de cette province. Voilà comment le déplacement secret de ces éléments des FDLR tourna court.

On casse le thermomètre croyant soigner la fièvre….  

Ce n’est qu’un secret de Polichinelle que de dire que Kinshasa n’exerce pas son contrôle sur une grande partie des territoires du Maniema et de deux Kivu. Dès lors, quelles garanties le gouvernement offre-t-il aux populations du Maniema que ces 1.500 éléments des FDLR vontse comporter comme des gens pacifiques eux qui sont habitués à faire couler le sang depuis 1994 ? Comme le trafic illicite des matières précieuses est assuré par celui des armes et munitions de guerre et fait partie du paysage de l’Est, personne ne peut offrir de garanties sérieuses que des éléments des FDLR ne seront pas tentés d’y recourir pour continuer leur sale besogne. Raison pour laquelle, cette solution de déplacer ces éléments des FDLR vers le Maniema présente  le risque de provoquer des réactions à sens divers dans l’opinion nationale et internationale.

N’est-ce pas casser le thermomètre croyant soigner la fièvre ? En effet, il serait plus indiqué de régler de manière définitive cette question de ces éléments des FDLR en y associant la communauté internationale. En organisant des opérations de traque et d’anéantissement définitif de ces éléments nuisibles pour la paix en RDC dès lors que l’on se vante d’avoir formé plus de cinq régiments militaires déployés dans les provinces de l’Est. Sinon, ce serait  donner raison à Vital KAMERHE, lui qui avait courageusement condamné ces fameuses opérations militaires conjointes congolo-rwandaises de décembre et janvier 2009. Kinshasa donne la nette impression d’éviter d’attaquer le fond du vrai problème en se contentant des épiphénomènes. De même, c’est comme si les électeurs du Maniema n’ont pas droit à des élections apaisées et pacifiques.

F.M.       

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