Kinshasa menacée par des maladies d’origine hydrique

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Des camions déversent tous les jours des immondices dans le fleuve Congo. Ce sont particulièrement et curieusement des camions bennes portant les signes de l’Union Européenne affectés au ramassage des immondices. C’est sur les rives du fleuve Congo, notamment dans les communes de Masina et Limete au quartier Kingabwa que l’on dénombre de nombreux sites transformés en dépotoir des immondices et autres déchets. Le plus étonnant, c’est que les camions déversent ces immondices même aux environs des habitations et ports de fortune fréquentés par des petites embarcations provenant des l’arrière-pays ayant à leur bord des vivres frais ou secs. Quant on sait que des familles entières vivent le long du fleuve, l’on mesure à peine les risques de contagion des maladies diverses sur les enfants de bas âge ! Ce cri d’alarme a été lancé par l’Ong VIVENDI, membre de l’organisation mondiale WWF lors d’une conférence de presse organisée hier à son siège et qui a connu la présence de certains officiels, dont ceux des ministère de l’Intérieur, de l’Environnement, Conservation de la Nature et Tourisme et de la Ville.
 
L’humanité ne consomme que 3% des 70% des eaux douces
           
            L’une des actions éclatantes de WWF a été la protection des eaux de l’un des derniers fleuves sauvages de l’Europe, à savoir la Loire qui traverse la France. Il y a ensuite la création d’une réserve naturelle des espèces menacées grâce au réseau TRAFFIC, a indiqué M. Paul NSAMBWA.  Or, à ce jour, les immondices déversées régulièrement dans le fleuve Congo et ses affluents contiennent des produits toxiques tels le plomb, du zinc, les nitrates et les pesticides. Des véritables poisons pour l’environnement dont le degré de toxicité est fort élevé et de nature à nuire à la santé des habitants non seulement ceux qui vivent le long de ces cours d’eaux mais aussi ceux qui habitant à travers tous les quartiers de la capitale. Même si la RDC est considérée comme l’un des poumons de la planète, le fait de déverser des immondices tous les jours dans le fleuve Congo et ses affluents ne constitue pas moins une grave menace contre la santé de ses habitants de cette mégapole.  
            Si 70 % de la surface de la Terre est recouverte des eaux mais seuls 3% de ces eaux sont douces et c’est à cela que l’humanité a accès. Aussi, 23 pays se partagent les 2/3 des ressources mondiales en eaux douces. De même, les cours d’eaux ne représentent que 0, 001% des eaux douces sur Terre. Voilà où se situe le grand danger qui menace un pays comme la RDC, a fait savoir le délégué de VIVENDI.
           
Le chef de l’Etat, le Président de l’Assemblée Nationale et le Premier ministre menacés par la pollution du fleuve Congo
 
            Les principales raisons de la pollution sont essentiellement liées aux inégales répartitions des richesses financières, à l’augmentation déraisonnable de la consommation, à la contamination des nappes, des cours d’eaux douces, à la politique déficiente de l’eau et la non application des lois existantes en matières de la protection de l’environnement, à la défaillance des réseaux de collecte des eaux usées et surtout au manque de performance des stations d’épuration d’eaux. Mais, que constate-t-on ? Des camions portant des insignes de l’Union Européenne déversent régulièrement et de manière désordonnée des immondices d’origine ménagère et industrielle dans le fleuve Congo et ses affluents. Et cela au vu et sous les yeux et la barbe  des autorités administratives locales et centrales. Le plus grave, c’est que la REGIDESO dispose d’une station de pompage des eaux du fleuve dans ce que l’on appelle la Baie de Ngaliema non loin des résidences officielles des principales hautes autorités du pays, notamment le chef de l’Etat, le Premier ministre, le Président de l’Assemblée nationale etc. Autrement dit, l’eau potable que sert la REGIDESO dans les quartiers les plus huppés contiendrait des substances nocives contre la santé ! Et que dire des quartiers pauvres dont les systèmes de canalisation sont vétustes et défectueux car datant de la période coloniale ! Selon toujours ce délégué de l’Ong « VIVENDI », la pollution du fleuve Congo et ses affluents va causer un véritable crime contre l’humanité dans un avenir proche. Notamment par des maladies d’origine hydrique tels la dysenterie, le choléra, la fièvre typhoïde, la fièvre jaune, le cancer des organes intestinaux, etc., des maladies éradiquées partout ailleurs mais qui risquent de faire leur apparition au pays de P. Lumumba. Ces immondices contiennent des matières toxiques tels les nitrates, le plomb, le zinc, les pesticides qui sont utilisés dans les usines installées le long du fleuve ou ailleurs.
            Aussi curieux que cela puisse paraître, ce sont des camions portant des insignes de l’Union Européenne qui sont utilisés  pour déverser les immondices  affluents sans que les représentants de ces pays européens ne s’en émeuvent le moins du monde. Et pourtant la plupart des pays de l’Union Européenne sont dirigés par des coalitions comprenant des partis écologiques, c’est le cas de la France, de l’Allemagne, de la Belgique et surtout des pays scandinaves.
            La RDC remplit toutes les conditions de la pollution des eaux douces telles que décrites par l’Ong WWF. Kinshasa connaît un boom démographique d’une ampleur considérable qui influe sur la consommation. Les stations d’épuration d’eaux sont défectueuses à Kinshasa à telle enseigne que les 3/5ème de ses populations ne sont pas servies et sont donc condamnées à consommer de l’eau non potable provenant de ce fleuve et ses affluents fort pollués par des produits toxiques déversés par ces camions portant des insignes de l’Union Européenne. La politique de traitement des eaux douces est battue en brèche par le manque des moyens et le non respect des lois existantes en la matière. Enfin, les inégalités dans la répartition des richesses jouent en défaveur des populations moins nanties qui ne sont pas capables de se procurer de l’eau potable. Un véritable crime contre l’humanité, s’est exclamé le délégué de l’Ong «VIVENDI».
                                                                                    Fidèle Musangu              
 

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