Kinshasa : les bourgmestres terrorisent les opérateurs économiques

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Depuis qu’ils ont été nommés pour diriger nos communes, et assurer leur développement. La plupart des bourgmestres actuellement en fonction dans la ville de Kinshasa, ne savent pas ce qu’ils doivent faire, ni leurs priorités à la tête des mairies, ni même les limites de leurs pouvoirs.  

            Quand on leur parle de la gouvernance, ils prétendent que les quartiers sont bien gérés et le tout fait que la mairie se porte bien. Et comment les quartiers sont-ils gérés ? Beaucoup perdent leur latin, en disant que cette question mérite d’être posée aux chefs des quartiers.

            Comment ces communes s’attaquent à la salubrité, luttent contre la criminalité, exécutent des travaux de voirie municipale, ainsi que certains projets de développement ?

            La priorité pour la plupart de ces maires, comme il faudrait le souligner, est la mobilisation des recettes publiques.  Sans moyens, disent-ils, ils ne peuvent entreprendre aucun programme d’action. Certes, cet argument tient debout. Mais comment donc sont perçues les taxes dues à la commune ?  C’est ici que les bourgmestres excellent en imagination.

             Au lieu de se référer à la nomenclature des taxes légalement reconnues, ils en inventent d’autres, estimant qu’ils sont souverains dans leurs fiefs. La parafiscalité est devenue une source d’enrichissement illicite.

            Au nom de la salubrité publique, par exemple, le balayage devant des immeubles et des boutiques ne suffit pas. Une contribution obligatoire est exigée à tous les opérateurs économiques. Ceux qui ne participent pas à cet effort, pour une raison ou  une autre, voyent leurs établissements fermés, scellés même pour une durée indéterminée.

            Cette mesure est à maints égards, illégale et arbitraire. C’est un abus d’autorité qui trahit le comportement tracassier de certains dirigeants des communes.

            L’apport des commerçants donnent à l’administration d’une mairie, ne peut pas être érigé en taxe obligatoire. C’est une aide que les bourgmestres sollicitent dans le cadre du partenariat qui doit exister entre les opérateurs économiques et les responsables des communes.

            Si l’on était dans un Etat de droit réellement respectueux de des droits des citoyens et des lois, de telles fautes de gestion ne peuvent pas demeurer impunis. Car, les bourgmestres ne doivent pas se comporter comme des monarques dans leurs empires, mais comme des fonctionnaires de l’Etat ayant un mandat à accomplir à la tête des entités politico-administratives.

            Sont victimes de tracasseries administratives et policières, les boutiques, les fabriques des cercueils, les petites alimentations, les pharmacies, les garages et les terrasses. Sur cette liste, n’oublions pas les salons de coiffure, les maisons de couture et de communication.

            Pire, quand le bourgmestre tracassier visite ces établissements, son service de protocole ne se gêne pas de demander des cadeaux, prétextant que c’est la tradition. Il faut toujours remettre des présents aux dirigeants des entités politico-administratives, prétendent-ils, ajoutant au passage que c’est comme ça qu’on honore le chef et que l’on reconnaît son autorité.

            A l’intérieur du pays, le chef de secteur entreprend des tournées non pour appréhender les problèmes de son entité administrative décentralisée, mais s’attendre à des cadeaux comme des chèvres, des poules, des bassins de manioc et de maïs. Tout se passe comme à l’époque féodale où les paysans étaient taillables et corvéables à merci.

            Nous avons appris que certains bourgmestres se sont illustrés à sceller des boutiques au motif que les tenanciers ont affiché un mépris à l’endroit de l’autorité municipale, pour avoir exigé des explications sur le comportement tracassier des agents municipaux.

            Actuellement, que des véhicules s’immobilisent pendant des heures devant des boutiques. La faute du mauvais stationnement est attribuée par les bourgmestres aux tenanciers. Ils ferment ces boutiques sans autre forme de procès pour une durée indéterminée jusqu’au paiement du montant des amendes qu’ils auraient infligées aux opérateurs économiques. C’est à un véritable terrorisme administratif que se livrent certains maires de la ville de Kinshasa qui mettent ainsi en péril, la survie de certaines entreprises, découragent les investisseurs et déstabilisent les établissements commerciaux avec leur main-d’œuvre congolaise.

            Ils ne s’imaginent pas les énormes préjudices qu’ils causent à ces petites et moyennes entreprises. L’amélioration du climat des affaires ne peut devenir réalité que si les bourgmestres connaissent leurs attributions et les limites de leurs responsabilités. Agir comme certains le font, doit faire l’objet d’interpellation devant l’autorité urbaine, sinon des poursuites judiciaires du chef d’abus d’autorité pour lequel grief ils doivent réparer les préjudices causés. 

                                     J.R.T.    

 

 

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