Kinshasa : le tourisme et l’histoire font bon ménage

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Depuis le lancement des travaux de Cinq chantiers de la république, Kinshasa se remet peu à peu de sa décrépitude d’antan pour ressembler à une métropole africaine en pleine reconstruction. Certains vieux bâtiments aux murs lézardés rasés, de nouveaux édifices érigés, de grandes artères réfectionnées, d’autres élargies et abondamment éclairées, la capitale est en perpétuelle métamorphose. Ce n’est pas tout. Reconstruites et bien aménagées, certaines places publiques, tels que la Gare centrale de Kinshasa, le Rond-point Kimpwanza, l’Echangeur de Limete et la Place de la Justice, hébergeant quelques monuments historiques, constituent aujourd’hui des sites touristiques qui attirent à longueur des journées, curieux et autres visiteurs étrangers en séjour à Kinshasa. Même la nuit, les monuments imposants de Joseph Kasa-Vubu, de Patrice Emery Lumumba et des autres pionniers de l’indépendance, illuminés par des projecteurs entourés des jets d’eau, rappellent aux noctambules, l’histoire de la décolonisation de la RDC écrite par les pères de l’indépendance, et aux nouvelles générations, le témoignage du courage, de la persévérance et de la détermination du peuple congolais à se libérer du joug colonial et à bâtir son destin. 

C’est ici le lieu de louer l’action des autorités nationales et de celles de la ville de Kinshasa, de transformer la capitale, afin de lui redonner ses titres de noblesse.

On se croirait ainsi en face d’une nouvelle piste d’atterrissage pour gros porteurs, en longeant un boulevard du 30 juin élargi en quatre bandes, offrant une vue panoramique de nombreux buildings riverains qui s’étendent à perte de vue. Alors qu’il y a peu, Kinshasa ployant sous le poids des taudis de certains quartiers, assiégé par ces bataillons des enfants de la rue, était devenu un immense dépotoir où criminalité et insalubrité avaient droit de cité.

Aujourd’hui, le secteur du tourisme dans la capitale vient d’être boosté avec l’érection de ces nouveaux monuments, la construction et l’aménagement de grandes places publiques. Certes, il va générer quelques recettes substantielles pour l’entretien de ces sites, mais il faut également en organiser régulièrement des visites et procéder au recrutement des guides qui seront chargés de fournir des explications aux visiteurs et aux touristes. Ainsi, les écoliers pourront obtenir auprès de ces guides, des informations complémentaires qui auraient été omises par les enseignants d’histoire. C’est un tourisme culturel qui verra ainsi le jour, alliant visite de la ville et son passé historique et culturel. Voilà pourquoi il faudrait affecter à ces places publiques, des ressources nécessaires voulues pour achever les quelques petits travaux qui restaient et qui avaient été suspendus avant leur inauguration.

Le ministère de la Culture et des Arts ferait œuvre utile en organisant d’abord des visites guidées au profit des écoles primaires, secondaires et supérieures. Un tel programme permettrait de compléter les enseignements reçus dans les établissements scolaires et inciterait les sociétés et les associations des jeunes à s’intéresser indirectement au patrimoine culturel congolais et revisiter quelques pans de l’histoire de notre pays.

Avec le projet de restauration des monuments historiques, c’est l’occasion  de dépoussiérer enfin les statues des rois belges, Léopold II, Albert Ier et autres colonisateurs, qui ont marqué l’histoire de la RDC, et de les replacer dans des sites accessibles régulièrement à la circulation automobile et aux visites, au lieu de les constituer en pièces de musées nationaux.

On ne le dira jamais assez, l’histoire de notre pays a toujours été falsifiée par certains de nos dirigeants habités par la volonté de cacher l’action jouée par des colonisateurs et les politiciens de la première heure.

Il faut donc nous incliner devant les monuments et la mémoire de ceux qui avaient versé leur sang, pour nous arracher la liberté, ainsi que devant ceux qui nous ont permis d’avoir les premières infrastructures de base qui faisaient jadis la fierté de notre pays.

Ce n’est donc pas le lieu d’engager des débats politiques stériles et renier l’apport de tel ou tel acteur colonial, ou de privilégier tel ou tel pionnier de l’indépendance pour ses appartenances ethniques ou régionales, mais pour sa contribution effective à l’avancement de la cause de notre liberté. Et par la même occasion, de revisiter l’histoire du développement culturel et économique de notre pays. Car, la relance du tourisme culturel de la RDC en dépend largement.

                                     J.R.T.

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