Kinshasa KO debout : la gifle des transporteurs !

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Une des routes principale de la commune de Kimbanseke à Kinshasa le 11/12/2011. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo
Une des routes principale de la commune de Kimbanseke à Kinshasa le 11/12/2011. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo

La ville de Kinshasa était KO débout durant toute la matinée d’hier lundi 21 mai 2018, suite à la « gifle » reçue des chauffeurs des taxis et taxi-bus, mécontents à la fois des réajustements à répétition des prix de vente de l’essence et du gasoil, des tracasseries policières et de la « chasse » aux « ketchs ».

Les usagers des transports en commun se sont brutalement rendu compte des limites des parcs automobiles des sociétés publiques, notamment Transco, « Esprit de vie » et « New Transkin ». Bondés comme il n’est pas permis, les bus de ces sociétés publiques avaient du mal à se mettre en mouvement, brûlant du reste tous les arrêts intermédiaires entre les points de départ et les terminus.

Face à la forte demande des passagers, leur « visibilité » était
quasi nulle sur les axes Kingasani/Gombe, Ndjili/ Marché Central,
UPN/Gare Centrale, Kinkole/Debonhomme, Matete/ UPN, Gambela/Pompage,
Bandal/ Gare Centrale, etc. Une forte présence policière était
observée au niveau des parkings des taxis, bus et taxi-bus, en vue de
prévenir d’éventuelles attaques des « shegués » et « Kuluna », que la
rumeur présentait comme corrompus par certains transporteurs privés
pour caillasser les conducteurs qui passeraient outre le mot d’ordre
de grève. Mais, de façon globale, aucun incident majeur n’a été
déploré. Stoïques, des milliers de Kinoises et Kinois se sont tapés de
longues marches à pieds pour rejoindre leurs lieux de travail ou de
débrouille, leurs écoles ou universités.
Pour parer au plus pressé, de nombreux ouvriers et débrouillards
étaient contraints de se tourner vers les taxi-moto, qui ont à leur
tour monté les enchères en multipliant les prix de leurs courses par
deux, voire trois selon les itinéraires. Les « wewa » étaient du reste
les maîtres des routes pendant une bonne partie de la matinée d’hier
lundi.
Cette grève des transporteurs privés a eu pour conséquence immédiate
de planter le décor d’une « ville morte », avec des routes et des
trottoirs envahis par des colonnes des piétons à la queue leu-leu sur
plusieurs kilomètres, des bureaux de l’administration et des services
publics avec des chaises vides, des cours fortement perturbés au
niveau de nombreux établissements d’enseignement primaire, secondaire
et universitaire, des ports privés et marchés publics désertés par les
marchands comme les visiteurs, des policiers de roulage au « chômage »
au niveau des carrefours, des cités résidentielles grouillantes
d’enfants et d’adultes ayant fait « l’école buissonnière », etc.
Mais, comme de tradition, chauffeurs et receveurs des taxis et
taxi-bus n’ont pas pu tenir au-delà de 12 heures. Certains étaient
même présents sur les routes dès les petites heures de la matinée,
assurant un « service minimum » qui ne disait pas son nom.
Le message envoyé par les chauffeurs et receveurs aux autorités
politiques et administratives ainsi qu’aux usagers des transports en
commun est qu’ils sont capables de paralyser plusieurs villes voire le
pays. D’où, leurs doléances relatives au surenchérissement des
produits pétroliers et aux tracasseries policières et administratives
exigent un examen « responsable ». Il est à espérer que le « tour de
table » qu’organise ce matin le ministre de l’Economie Nationale à
l’intention de toutes les parties prenantes va dégager un compromis de
nature à satisfaire leur cahier de charges, tout en sauvegardant le
pouvoir d’achat des usagers des transports en commun.
Kimp