Kinshasa : la « Face B » d’une capitale

0
67

La ville de Kinshasa affiche de multiples visages : économique, social, culturel, mais aussi et surtout sanitaire. Ce dernier aspect, qu’on le veuille ou  non, est le plus déterminant de tous pour le dynamisme et la prospérité de la ville, parce qu’il indique le niveau de salubrité ou d’insalubrité dans lequel vit la population et qui a des conséquences directes sur sa santé. Une population malade est un lourd fardeau à porter pour une ville et ses dirigeants. Personne n’ignore qu’une population saine est une garantie pour le développement  Mais dans quel environnement vivent les Kinois et Kinoises, particulièrement à la fin de la saison sèche et le retour de « dame pluie » ? Un regard attentif sur les rues et artères de la ville, sur les caniveaux et rivières, sur les installations sanitaires des terrasses, des faubourgs et des camps militaires kinois, voire sur certains « ligablo » tenus par des débrouillards appelés
pompeusement « dispensaires ou pharmacies » suffit pour se faire une idée sur l’environnement des Kinoises et des Kinois.

Celui qui débarque fraîchement à Kinshasa, venant de l’extérieur sera surement frappé par le nettoyage des rues qui se fait au quotidien sur les grandes artères. Mais en poussant sa curiosité plus loin, le nouveau-venu pourra facilement constater que les caniveaux, même ceux qui ont ont été récemment construits. Le comble  est qu’à certains endroits, les sables, des emballages en plastiques et d’autres déchets dégagés de la route sont déversés dans les caniveaux et deviennent ainsi des obstacles à l’écoulement des eaux usées ou des eaux de pluie. Ce qui provoque souvent un débordement des eaux sur la chaussée et contribue à sa dégradation. En outre, dans la plupart de nouveaux ou d’anciens quartiers datant de l’époque belge, les caniveaux sont soit inexistants, soit carrément bouchés par les sables et les déchets ménagers. Dans ces coins de la ville, l’entretien de la voirie est inexistant. Les chefs de rue ou
de quartier n’ont aucun moyen de faire face. Les bourgmestres que l’ont dit être  préoccupés par la perception des taxes communales. Les travaux de salubrité d’intérêt communautaire dénommés « salongo » que chaque commune organisait chaque samedi sont monnayés.  Une moindre pluie provoque des boues, des inondations des rues et des parcelles ; inondations qui parfois créent des sillons et brisent des maisons et des murs et atteignent des fosses septiques et des puits perdus des latrines.

Latrines privées ou publiques : nids à microbes
Dans plusieurs quartiers de la capitale, nombreuses sont des familles qui profitent du débordement des eaux de pluies pour vider  leurs fosses septiques en envoyant les matières fécales sur la route ou dans les caniveaux. Ceux qui habitent le long des cours d’eau vident directement leurs fosses septiques. Les services d’hygiènes n’existent plus pour sanctionner de tels comportements. La plupart des Kinois qui ont des parcelles lotis ou qui exploitent des terrasses préfèrent bien s’habiller mais n’accordent aucune importance à l’état des installations sanitaires. Les déchets humains restent exposés à l’air libre, à  la grande joie des mouches, des rats et d’autres animaux domestiques vecteurs par  excellence de certaines épidémies. Il n’est pas rare de trouver des briques posées sur des mare d’excréments humains, dans une cour commune.
Les rivières et les cours d’eau transformés en dépotoire des déchets humains et ménagers sont encombrés et pollués particulièrement par des emballages plastiques. Jusqu’à présent, aucune action n’est envisagée pour les assainir. Ces cours d’eau. Les latrines des camps militaires sont loin d’être entretenues et exposent ainsi des compatriotes résidant dans ces sites à des maladies de toutes sortes

Des solutions pourtant à la portée de la main
Contre cet état de choses, des solutions existent pour protéger les Kinois contre des épidémies. Ces solutions s’appellent la relance de travaux d’intérêt communautaire appelés « Salongo » ; la redynamisation de l’autorité des chefs de rue et de quartier pour bien contrôler les comportements  excentriques de certains habitants et les sanctionner ; la création des dépotoirs publics dans plusieurs endroits de la ville ; l’imposition des latrines adaptées aux terrasses, aux parcelles habitées et aux places publiques. En outre, la ville devra procéder à la destruction et à l’interdiction des conduites des toilettes donnant sur les cours d’eau ou les caniveaux. Enfin, il faut entreprendre une campagne incitant les Kinois au changement de comportement en ce qui concerne l’entretien de l’environnement. Cela coûte peu mais préserve de beaucoup de maladie.

SAKAZ

LEAVE A REPLY

*