Kinshasa et Bujumbura interpellés par la fraude

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On l’a dit et répété assez souvent : un trafic minier intense bat son plein entre la République Démocratique du Congo et le Burundi voisin, deux pays liés par des siècles d’histoire commune, bien avant l’arrivée des Colons belges en Afrique centrale et dans la région de Grands Lacs. En effet, depuis des décennies, le coltan, l’or, le wolframite, la cassitérite et d’autres substances minérales précieuses passent régulièrement la frontière poreuse commune, échappent au contrôle des services de douanes, alimentent la contrebande et financent les différents groupes rebelles et autres trafiquants de tous bords. Ce « commerce de minerais de sang » qui opère en toute illégalité et en toute impunité, a été maintes fois dénoncé par les médias, les organisations internationales de défense des droits de l’homme, ainsi que par quelques leaders politiques.

En dépit des critiques lancées partout, les mines congolaises sont investies par des enfants en bas âge exploités dans l’extraction de ces minerais, les rebelles et autres éléments armés. La fameuse marchandise est acheminée ensuite vers des pistes de brousse d’où décollent et atterrissent des petits porteurs chargés de les transporter jusque dans les aéroports des pays limitrophes.

Ce négoce illégal prive les gouvernements de ces deux pays voisins  d’importantes recettes financières pouvant contribuer largement à leur reconstruction et à la lutte contre la pauvreté.

A l’occasion de la récente visite du président burundais en RDC, ce sujet de brûlante actualité qui ravive jusqu’à ce jour des passions, a été largement évoqué lors de la rencontre organisée entre Pierre Nkurunziza et les milieux d’affaires congolais représentés par la FEC, la Fenapec et la Copemeco, au Grand Hôtel Kinshasa.

Même s’il a été inscrit à l’ordre du jour de la prochaine Grande commission mixte république du Congo et le Burundi, ce trafic a été déploré par les dirigeants de la FEC qui ont profité de leur entretien avec les officiels burundais, pour offrir la contribution de leur organisation patronale dans la recherche de meilleures solutions pour lutter efficacement contre la fraude et la contrebande. C’est dans ce cadre que Jean-Pierre Kiwakana, premier vice-président national chargé des investissements et infrastructures, préconise que soit demandé aux entreprises et comptoirs au Burundi de n’acheter que les minerais venant de l’Est de la RDC couverts par des documents officiels.

De même, le gouvernement congolais pourrait faciliter l’ouverture en RDC, des comptoirs opérant au Burundi.   A ses yeux, cela permettrait de réduire la fraude et servirait d’exemple aux autres pays limitrophes qui sont des points de transit des produits miniers sortant de la RDC.

Dans cette action, sa fédération est disposée à explorer dans le cadre d’un partenariat avec la Chambre de commerce et d’industrie du Burundi, les moyens les plus appropriés pour promouvoir les échanges économiques et commerciaux de très haut niveau entre les deux pays. Cette approche a le mérite de contribuer largement à formaliser, les échanges qui échappent au contrôle de deux gouvernements. Pour les milieux d’affaires de la RDC, la dynamique suscitée par leur rencontre avec le numéro un burundais, pourra certainement se consolider avec l’échange de visite des délégations économiques et commerciales congolaises au Burundi et celles du Burundi en RDC. Ce flux de contacts pourra s’intensifier de manière à consolider efficacement les relations entre la RDC et le Burundi, qui seront profitables aux populations congolaises et burundaises.

Cette démarche rejoint un des principes fondamentaux de la Fédération des entreprises du Congo qui a toujours insisté sur la nécessité de voir les Etats voisins soutenir et encourager leurs différents secteurs privés. La réduction de la pauvreté et de la misère, sources de plusieurs maux devrait inciter à plus de réflexion et contacts, afin de d’œuvrer ensemble pour le bien-être général.

Nous pensons que l’exécutif central saisira l’occasion de cette proposition des milieux d’affaires congolais, pour explorer tous les contours de ce filon, arrêter une fois pour toutes la fraude et la contrebande qui ont occasionné un manque à gagner important au trésor public, et pour que notre pays puisse enfin bénéficier de l’exploitation et de l’exportation de ses ressources minières.   

J.R.T.           

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