Kinshasa compte sur ses « amazones » pour traquer les violeurs à l’Est

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La salle des conférences du Centre d’études pour l’action sociale (CEPAS) a abrité samedi une conférence-débat dont le thème a porté sur « Au-delà de la justice pénale internationale pour un processus holistique de justice transitionnelle pour la République démocratique du Congo ».

Trois temps fort ont marqué  cette journée. D’abord l’intervention de David Tolbert, président du Centre international pour la justice transitionnelle (CIJT). Ensuite, celle d’Emmanuel Luzolo Bambi, ministre de la Justice et Droits humains. Enfin, l’intervention de Nyabirungu, député national et auteur de la proposition de loi pour l’adoption d’une loi de mise en œuvre du Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI).

Il s’agissait d’évaluer le  fonctionnement de la Cour  pénale internationale et ses avancées depuis sa mise sur pied à la lumière des textes juridiques congolais.

Tout en reconnaissant les avancées de la justice internationale à travers l’institution de la Cpi qui compte à ce jour 111 pays signataires, David Tolbert a fait savoir que  la Cpi est une institution nécessaire mais pas suffisante. Pour lui, il faut adjoindre à cette institution d’autres mécanismes sur le plan interne afin de la rendre performante et efficiente. 

Le ministre de la Justice et Droits Humains, Luzolo Bambi Lessa  a,  pour sa part, mis un accent particulier sur l’état de la coopération entre le gouvernement et la Cpi. Il s’est félicité en présentant la Rd Congo comme le partenaire modèle parmi les pays signataires du statut de Rome avec la livraison de trois compatriotes actuellement devant cette juridiction. Et c’est au nom de cette coopération exemplaire que le Congo ne veut pas d’une vision réductrice de la justice s’agissant du cas Bosco Ntaganda, a fait savoir le ministre.  Luzolo a, par ailleurs, relevé   le paradoxe dans le cas congolais qui existe  entre   les attentes de justice des victimes  et les moyens  disponibles.  Ce paradoxe, à son avis, serait dû au peu de financement dont bénéficie le secteur de la justice de la part des bailleurs de fonds. Il a souligné qu’au sujet de Ntaganda, l’exception devra confirmer la règle. Très clairement, Luzolo a porté à la connaissance de l’auditoire que Kinshasa privilégie la paix et ensuite la justice.

A propos de nombreux viols signalés lors des conflits armés, le ministre a annoncé la mise en place d’une « brigade d’amazones ». Ces magistrats, cent au total,  auront pour mission de traquer   tous les auteurs de ces  crimes. Cent autres magistrats, a souligné le ministre, seront lancés avec l’unique objectif de traquer les corrupteurs mais aussi les corrompus au col blanc. Les échanges ont pu se tenir sous la modération de Me Mirna Adjami, chef de mission du CIJT en RDC. 

D-I.K & A.Vungbo

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