Kinshasa célèbre la démocratie parlementaire

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Le Chef de l’Etat, Joseph Kabila Kabange, a présidé hier jeudi 2 décembre 2010 au Palais du peuple, la cérémonie solennelle d’ouverture de la 20ème session de l’Assemblée parlementaire paritaire Afrique Caraïbes Pacifique-Union Européenne( ACP-UE). Rassemblement de haute importance, se clôturant le mardi 7 décembre prochain, elle réunit près de 450 délégués au nombre desquels ceux issus du groupe ACP, du parlement européen et d’autres encore venus d’ailleurs. Dans le lot des personnalités nationales et internationales ayant assisté à l’ouverture de cette session, on a observé la présence des présidents des chambres législatives ; le Premier ministre, chef du gouvernement ; le Premier président de la Cour suprême de Justice ; le Procureur général de la République ; les ambassadeurs et chefs des missions diplomatiques ; les chefs des confessions religieuses etc. 

            Occasion présentée au président de l’Assemblée nationale, Evariste Boshab, qui a prononcé le mot de bienvenue, ce dernier a souligné que le choix de Kinshasa comme lieu de cette importante rencontre revêt un triple symbole. 

D’abord, cette ville de tous les rêves est un creuset multiculturel ; puis, une ville charnière, un trait d’union entre l’hémisphère Nord et l’hémisphère sud, de par sa position géostratégique puisque située à la hauteur de l’Equateur : enfin, ville phare de la culture musicale du continent. Ainsi, cette exceptionnelle occurrence marque, selon le speaker de la chambre basse du parlement, un tournant dans l’histoire des rapports interinstitutionnels à l’échelle internationale. D’autant que, affirme-t-il, c’est la première fois dans l’histoire des institutions parlementaires du monde que trois pôles parlementaires différents, tous signataires des accords de Cotonou coalisent au sein d’une institution unique pour former une « Assemblée internationale » paritaire. « Institution qui tranche et subjugue par son originalité, tout comme par la pertinence des promesses dont elle est porteuse »a expliqué Evariste Boshab.  

            Somme toute, a-t-il salué, forts de ses précédents acquis, cette Assemblée paritaire a réussi à contribuer dans une remarquable synergie Nord-Sud, à mettre en place des leviers destinés à assurer la viabilité de nos économies en disparité, l’intégration d’une politique concertée de l’environnement, la mise en route des programmes de développement rural plus adaptés aux contextes et communautés spécifiques, la mise en valeur de la dimension culturelle dans la coopération Nord-Sud. 

Louis Michel : « Une majorité mathématique ne suffit pas…» 

            Coprésident de l’Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE, le député européen Louis Michel a d’entrée de jeu souligné que cette session ne ressemble pas aux autres à plus d’un titre. C’est la 20ème, une étape importante ; elle se tient dans un pays qui a cristallisé pendant longtemps les crises du continent mais qui symbolise aussi la richesse et l’avenir prometteur ; l’année marque le Cinquantenaire de l’indépendance dans beaucoup de pays, dont celui hôte ; elle se tient au lendemain du 3ème Sommet Afrique-Union européenne, qui a réitéré l’importance de leurs relations afin de donner un souffle nouveau au partenariat stratégique.

            Se réjouissant d’ores et déjà des échanges et réflexion profonde qui seront engagés entre les différents partenaires, l’ancien commissaire européen et ministre belge a néanmoins fait noter que la démocratie va au-delà des élections et est garantie par l’équilibre entre les pouvoirs. « Cet équilibre est assuré par le contrôle mutuel des différents pouvoirs… » a-t-il appuyé, en indiquant qu’une majorité mathématique ne suffit pas pour donner la légitimité démocratique. En clair, il y a une différence énorme entre légalité et légitimité. « La légitimité se gagne quand les vainqueurs garantissent l’espace à l’opposition ; quand les vainqueurs garantissent l’espace et la liberté aux médias ; quand ils encouragent l’émergence de la société civile »a-t-il conclu.

            Concernant les thèmes de la plénière, Louis Michel a décliné les grands sujets qui seront exploités durant la session. Il s’agit, entre autres, de la liberté des médias ; des Objectifs du Millénaire pour le Développement ; la réduction de la mortalité, qui sera développée par le président burkinabé, Blaise Compaoré ; le changement climatique ; les violences faites aux femmes ; les contours de la loi « Dodd-Frank Wall Street reform and Consumer Protection Act », voté récemment au Congrès américain et imposant aux sociétés cotées à Wall Street comme les compagnies pétrolières, gazières et minières immatriculées auprès de la Securities & Exchange Commission ( SEC) de révéler publiquement leurs revenus et leurs contrats commerciaux ainsi que les paiements fiscaux qu’elles font de par le monde ; etc.                 

            Pour sa part, le Zambien David Matongo, l’autre coprésident de l’ACP-UE, a déclaré que cette réunion se tient au moment où il y a des multiples défis à relever dans le cadre de leur structure. « En tant que famille, nous allons toujours trouver les moyens de faire avancer les choses, en traitant toutes les questions liées à l’environnement, aux affaires sociales, au développement économique, aux questions commerciales etc. Une des principaux points attendus, c’est l’examen du traité de Lisbonne… » a-t-il clamé. 

Les repères de la nouvelle société, selon Joseph Kabila 

            Invité à prononcé le mot d’ouverture, le Chef de l’Etat, Joseph Kabila, a indiqué à l’assistance que son pays post-conflit est conscient des défis à relever. Reconnaissante des contributions apportées par des pays et organisations frères, il a cependant salué le sursaut patriotique des Congolais eux-mêmes, sans lequel rien n’aurait été accompli. « Se faisant violence, ils ont accepté de dépasser leurs différences et divergences ; se mobilisant pour défendre l’intégrité du territoire national ; sauvegardant son unité ; mettant fin à 46 ans de crise de légitimité et faisant la paix avec tous leurs voisins »

            Sur le plan économique, a-t-il proclamé, à force de sacrifice et de travail, le peuple congolais a réussi à stabiliser le cadre macroéconomique, à relancer la croissance et à engager un programme de développement, sur fond d’amélioration des aptitudes de bonne gouvernance. Somme toute, pour le 1er citoyen du pays, les repères de la nouvelle société congolaise sont clairs. Il s’agit du respect de la vie et de la dignité humaine, démocratie, Etat droit et gestion transparente. C’est en vertu de cela que s’élabore la politique nationale.

            La priorité restant la reconstruction de notre pays post-conflit, le Chef de l’Etat s’est fait l’apôtre de la mise en œuvre d’un partenariat avec les autres pays, en faveur de la paix, le progrès social et le développement durable. Ainsi, il compte sur l’Assemblée parlementaire paritaire pour apporter sa contribution à ce grand chantier. 

Tshieke Bukasa

 

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