Kingasani/Pascal : trois jours pour s’enrôler

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La CENI n’a mis en place, jusque-là, que deux centres d’enrôlement pour la populeuse cité de Kingasani/Pascal, dans la commune de Kimbanseke : celui de l’école catholique Saint Boniface et celui de l’Ecole Kimbanguiste. Ici, les agents de la CENI ont instauré une méthode bizarre de travail. Celle-ci consiste à obliger les candidats électeurs à se mettre en file indienne le premier jour rien que pour se faire inscrire sur une liste d’attente. Une fois qu’on est inscrit, on est invité à revenir le second jour pour faire de nouveau la file, dans l’attente de son jeton. Et, c’est le troisième jour, muni de son jeton, qu’on est autorisé à se présenter, en file toujours, devant le bureau d’enregistrement, pour les formalités d’identification.

Au regard de ce dispositif, l’enrôlement semble réservé aux compatriotes sans occupation, capables de sacrifier de suite trois journées sans aller au travail, au marché, aux cours, au champ, etc. Pour obtenir une carte d’électeur, il faut sacrifier trois jours dans de longues attentes dans des rangs où les bousculades ne manquent pas. Se faire enrôler à Kingasani/Pascal est devenu une véritable corvée. Les personnes désireuses de contourner ce terrible parcours de combattant n’ont d’autre choix que de graisser la patte aux policiers et aux agents de la CENI.

A Kingasani/Pascal, la moyenne des personnes enrôlées est très faible, en raison de la présence d’un seul ordinateur de saisie par bureau, du mauvais état technique de ce kit, de l’inexpérience de l’opérateur ou de l’opératrice de saisie, du manque d’électricité, de la vétusté des groupes électrogènes qui sont souvent en panne de carburant, etc.

 

Chaque fois que l’on évoque l’enrôlement, cela donne de la chair de poule à l’homme de la rue, qui commence à se demander si la révision du fichier électorale est une opération ouverte à tous les citoyens ou seulement à ceux qui sont prêts à affronter les intempéries, les crampes, la faim et la soif dans d’interminables files d’attente ou à mettre la main à la poche pour s’épargner ces désagréments.

Jacques Kimpozo

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