Kin propre : Ma Campagne/Ngaliema : un mort, bilan de la lutte contre l’insalubrité

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Depuis plusieurs jours, la police procède à la démolition des étalages, terrasses, et bars. Les rues bondées  d’antan sont vides et ne sont plus bruyantes,   de jour comme de nuit.
Un officier de police accompagnée de toute sa troupe est descendu samedi dernier vers 17heures sur l’avenue Mbenseke dans la commune de Ngaliema pour assainir le coin conformément aux décisions prises.
A l’issue de cette expédition, non seulement le vide et le calme s’étaient installés, mais aussi il y a eu mort d’homme. Bob de nom de famille et de résidence inconnu, exerçant le métier de cordonnier, s’est éteint aux environs de 7heures du matin, a l’entrée de l’avenue Mbenseke , son balai à la main sous les yeux des roulages, des bradeurs de monnaie « cambistes » et des vendeurs d’essence « kadafi ».
 Ancien receveur et  militaire du temps du président Mobutu, né en 1968, cet homme de  nature sociable et un peu « dérangé » de la tête, vivait sous le toit familial sans femme et  enfants.
Selon les dires de Roski, bradeur  au coin de la station de MONALUXE (M.L) sur l’avenue  Trois vallées, la mort du « vieux Bob» était causée par les soucis concernant la destruction de son lieu de travail et des chaussures qu’il réparait. 
Selon lui, il a été fortement tabassé le samedi et le dimanche par les agents de l’ordre. Son corps a été transféré à la morgue de Mama Yemo, aux environs de 12heures, a-t-il conclut.
 
Les plaintes pleuvent…
 
Marc Mara, responsable du chantier du flat en construction du Docteur Modia situé sur l’avenue Kasa-Vubu, voisine à la station Mona Luxe (M.L), en voulant s’expliquer a été sérieusement torturé. Son visage complètement amoché fait pitié, il le cache par le port des lunettes sombres.
Mlle Mimi Anunga, restauratrice au «Take aways au repos des anges » a été frappée d’un coup de machette au bras droit en voulant récupérer le sac d’argent des mains du gérant arrêté près du poste de police au camp Babylone.
 
Une fumée noire s’est élevée  sur le marché de Cité Pumbu….
 
Après la montée de fumée noire du marché de l’Université Pédagogique Nationale (UPN), c’est au tour du marché de la cité Pumbu d’être rasé vendredi dernier vers minuit. Des étalages réduits en cendre, des tôles rouillées propulsées longent les avenues MAYULU et MAYANGI, des flammes en voie d’extinction, avaient peint le décor de l’avenue du marché, sur la route menant vers Rond-point Ngaba. La désolation se lit sur les visages des vendeurs venus récupérer leurs marchandises garde dans des dépôts.
«Nous n’avons pas été avertis officiellement de cette actions sinon nous aurons pris nos dispositions. Ils ont tout rasé . J’espère qu’ils ont prévu un autre endroit pour nous, on ne vit que de ça. Qu’allons-nous devenir à présent », a déclaré Vincent Pozo, propriétaire d’une maison de vivres frais.
«Dura lex, sed lex », la loi est dure mais c’est la loi et elle a été exécutée à la lettre, malgré les regrets, les désolations et les pleurs. Espérons que cette mesure restera en vigueur après le 14ème Sommet de la Francophonie.
 
 
 
Christelle Mokando 
Mamungo
Stagiaire/IFASIC
 

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