Kimvula pleure son premier abbé : Mambimbi

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Une large page noire s’est ouverte pour l’église catholique de la République Démocratique du Congo au cours de ce mois de septembre. En effet, pendant que les chrétiens catholiques de Kinshasa étaient frappés par les décès successifs de l’abbé Izwa et de Mgr Matondo Kwa Nzambi, leurs frères et sœurs de Kimvula pleuraient, pour leur part, l’abbé Vincent de Paul Mambimbi Lutetu, le tout premier fils de leur territoire à porter la soutane. Décédé le 12 septembre 2011 aux heures de midi, à l’Hôpital Saint Luc de Kisantu, où il était interné pendant plus d’une année, l’illustre disparu a eu droit aux funérailles dignes de son rang dernièrement dans cette même cité.

De nombreux ressortissants de Kimvula, venus des quatre coins du pays, ont pris part à la messe célébrée par l’évêque du Diocèse de Kisantu, Mgr Fidèle Nsielele, en sa mémoire, avant son inhumation au cimetière ecclésiastique. Un hommage mérité a été ainsi rendu à ce serviteur de Dieu qui était considéré à la fois comme une icône et un patrimoine commun aux filles et fils de cette contrée.

On retient que l’abbé Mambimbi était né vers 1929 dans une bourgade de Kimvula où il avait entamé ses études primaires, avant de se retrouver au Petit Séminaire de Lemfu. Au terme de ses études secondaires, il avait été admis au Grand Séminaire de Mayidi où il avait décroché un diplôme en Philosophie et Théologie, avant d’être ordonné prêtre le 20 juillet 1958, par Mgr Scalais, Evêque de Léopoldville.

Au cours de son long ministère, il s’était occupé particulièrement de la formation des jeunes en qualité de préfet dans plusieurs écoles de son diocèse. Après sa retraite, il fut nommé par son Evêque Conseiller Spirituel de la Propédeutique de Lemfu. A l’issue d’une mission pleine et bien accomplie, il fut nommé Vicaire de la Paroisse Saint Joseph de Kintanu, fonction qu’il a exercée jusqu’à ce que la maladie le mette dans l’impossibilité de se rendre utile à ses compatriotes.
En dépit de la douleur qui secouait de nombreux cœurs sensibles, les funérailles de feu l’abbé Vincent de Paul Mambimbi ont épousé, à certains égards, les contours d’une grande fête d’adieu, marquée par des chants religieux, des battements de tam-tams ainsi que des chansons et danses propres au folklore « Mbeku ». Tout le clergé de Kisantu était là, de même que des autorités politico-administratives, coutumières et traditionnelles pour l’accompagner jusqu’au cimetière où il repose désormais pour l’éternité.

Dans ce décor féerique cependant, l’attention des Kimvulaises et Kimvulais était portée sur une dame « mundele », venue de Belgique en compagnie de celui que l’on a reconnu comme l’abbé Hubert Mayituka, une vieille figure du coin. Emportée par le rythme endiablé du tam-tam et de la musique folklorique des « Mbeku », l’Européenne n’a pu résister à l’envie de se trémousser, sur des airs de campagne politique.
En dépit de la nombreuse assistance attirée par ses numéros, elle s’emballait de plus belle, esquissant tantôt des pas de danse, se retournant souvent vers l’abbé Mayituka qu’elle arrosait de « bizous » de manière ostentatoire. Au vu de ce spectacle, Kimvulaises et Kimvulais se sont mis à se poser des questions sur le statut de leur fils consacré prêtre et envoyé en Europe par le Diocèse de Kisantu pour raison d’études. Cela a créé un petit scandale aux yeux de ceux qui auraient souhaité voir l’abbé Mayituka se mêler à ses coreligionnaires pour concélébrer le culte organisé en hommage à son aîné et prêtre sorti du même terroir.
Alors qu’elle n’avait pas fini de s’interroger sur le feuilleton de la « mundele », celle-ci a surpris tout le monde en laissant entendre qu’elle se préparait à redescendre à Kimvula en vue de soutenir un candidat, pourtant réputé sans réalisations ni service quelconque en faveur des autochtones. D’aucuns se souviennent qu’en son temps, l’abbé Mayituka avait envoyé à Kinshasa et à Kimvula un autre ressortissant belge du nom de Michel Walhelet, qui avait fait beaucoup de promesses demeurées sans lendemain pour les écoles de ce territoire. Les plaies provoquées à l’occasion sont loin de se cicatriser dans la mémoire collective.

Kimp

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