Kimbuta formel : «la taxe d’assainissement n’existe pas. Ne la payez pas ! »

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C’est un concert des plaintes que les représentants de trois corporations des opérateurs économiques oeuvrant dans la ville de Kinshasa, ont livré mardi au siège de la FEC, et à tour de rôle, par le président national Albert Yuma et le premier vice-président Kiwakana, lors de la concertation avec le gouverneur de la ville André Kimbuta encadré par les membres de l’exécutif provincial. Dans une synthèse savamment de l’administrateur-délégué Jean Kalala Mukongo, modérateur du jour, l’on peut relever que les délégués de la Fédération des entreprises du Congo, de la Copemeco, de la Fenapec et de l’Association des femmes chefs d’entreprises du Congo ont saisi cette occasion, pour dénoncer les  tracasseries administratives et policières qu’ils subissent de la part des agents de l’Hôtel de ville et des inspecteurs de police judiciaire. Chaque vendredi et samedi, ce sont les interpellations intempestives des commissariats et postes de police, couvertes par des bulletins de service avec menace d’arrestation, si on ne cède pas à leurs exigences. Entre autres infractions invoquées, ils ont cité la fraude fiscale, la fraude douanière et la violation à la législation économique. Mais derrière ces interpellations, les opérateurs économiques déboursent des sommes d’argent qui vont dans les poches des individus et non dans les caisses de l’Etat. Il en est de même quand les agents de l’Etat se lancent dans la campagne de recouvrement des recettes. Ils perçoivent ces taxes, d’abord pour eux-mêmes, et ensuite, pour l’Etat. Et souvent, ils se succèdent  pour la même opération auprès du même opérateur économique. Une sorte de double imposition qui ne devrait pas être pratiquée dans notre pays.

C’est plus la taxe d’assainissement perçue tantôt par semaine, tantôt par trimestre qui, ont-ils fustigé, pose problème, alors que rien n’est fait pour la salubrité de la ville de Kinshasa. Kinshasa est toujours très sale, ont convenu les représentants de la FEC, de la Copemeco, de la Fenapec et de l’Association des femmes chefs d’entreprises du Congo. D’où son surnom de Kin-la-poubelle.

Les opérateurs économiques ont dénoncé également  la prolifération des sachets en plastique, la consommation excessive de l’alcool frelaté en sachet par la jeunesse congolaise, tout comme les violations à la législation économique et commerciale par les hommes d’affaires étrangers qui sont à la fois des importateurs, grossistes, demi-grossistes et détaillants. Ce n’est pas tout. Il y a aussi le dossier litigieux des locataires de la Rimmokin, aujourd’hui écartelés entre deux arrêts de la justice qui reconnaissent comme propriétaires des Galeries du marché, du 24 novembre et des 3 Z, tantôt les anciens occupants et tantôt, la Rimmokin.

Une autre plainte concerne aussi les opérateurs économiques, gestionnaires des immeubles qui disposent à eux seuls plus de plus 80 magasins.

Le président national de la FEC pour sa part  le lien étroit entre le secteur privé et l’Etat sur la notion de création des richesses, avant d’ajouter que plus le secteur privé formel se développe, plus l’Etat devient à son tour prospère et capable d’éradiquer la pauvreté. Albert Yuma a ensuite martelé que les opérateurs économiques  ont toujours contribué à cet objectif. Cependant il est important de relever que, ce même opérateur économique a besoin d’un environnement attractif, d’une fisca      lité incitative, renforcée par la sécurité juridique et judiciaire débarrassée de toute tracasserie administrative pour contribuer efficacement à la création des richesses et des emplois.

Le président national de la FEC a salué les avancées significatives enregistrées dans le cadre de la feuille de route du Comité de pilotage pour l’amélioration du climat des affaires et des investissements en RDC, dont entre autres la promulgation de la loi de l’adhésion de la RDC à l’OHADA, la décentralisation de la fonction du notaire, la réduction de taux de certains droits et taxes et la rationalisation de contrôles fiscaux et parafiscaux…

A cela, il faut ajouter le cadre permanent de concertation existant entre le gouvernement provincial et  cette corporation patronale, cadre chargé de trouver des réponses aux problèmes que rencontrent les opérateurs économiques dans la ville de Kinshasa. 

 «  En cas de tracasseries, appelez l’Hôtel de ville ! » a conseillé André Kimbuta 

Dans son intervention, le gouverneur de la ville a pris un ton sévère pour condamner les abus commis par ses agents et les éléments de la police qui s’illustrent par des tracasseries administratives et policières et perturbent les activités des opérateurs économiques. André Kimbuta a à cet effet, promis d’agiter le bâton, contre ces actes pouvant remettre en cause les efforts qu’il déploie pour sauvegarder le partenariat qu’il vient de lancer entre le gouvernement provincial et les associations professionnelles de divers opérateurs économiques.

Comme pour mettre un terme à ces agissements, il a communiqué un numéro d’appel par lequel les opérateurs économiques tracassés peuvent alerter ses services, afin de mettre hors d’état de nuire les auteurs de ces tracasseries.

Concernant la taxe d’assainissement perçue à travers la ville, aussi bien dans les marchés que dans les magasins, il est demeuré formel. « Cette taxe n’existe pas ! Ne la payez pas ! Ceux qui la perçoivent sont des escrocs ! Appelez nos services, dès que vous êtes visités par ce type d’agents », a conseillé le gouverneur de la ville tout furieux.

Kimbuta Yango a rappelé d’autre part, les missions reconnues à la ville, celles de disposer du bénéfice de 40 % des recettes nationales mobilisées, le droit de lever l’impôt foncier, l’impôt sur le revenu locatif et l’impôt sur le véhicule et le pouvoir de percevoir, entre autres, les taxes administratives, fiscales et rémunératoires.

Avec la mise en place de la DGRK, il s’est réjoui des résultats appréciables réalisés avec la moyenne mensuelle de 200.000 dollars qui est passée à 1 million de dollars. Toutefois, il a déploré l’incivisme fiscal et invité les corporations des opérateurs économiques à épauler le gouvernement provincial, afin d’amener leurs collègues du secteur de l’informel dans le formel. Il a exhorté la FEC à apporter sa collaboration pour la mobilisation des recettes et l’opération d’assainissement déclenchée dans la ville de Kinshasa pour redonner à la capitale sa belle robe, dans le cadre des festivités du Cinquantenaire de l’indépendance de notre pays.

Enfin, c’est par la voix de l’administrateur-délégué  Jean Kalala que la FEC a réaffirmé tout son soutien à toutes ces campagnes, étant donné qu’elle tient à voir Kinshasa poursuivre les travaux de la réhabilitation des infrastructures et redevenir Kin-la-belle.

Retenons de cette concertation que le gouverneur a pris une série des mesures pour soulager les opérateurs économiques du poids de la fiscalité, notamment la réduction de 96 % le taux pour les transports fluviaux. Il a promis des avantages particuliers aux opérateurs économiques affiliés aux associations professionnelles bien identifiées et opérant dans le secteur formel.

                                                                                     J.R.T. 

 

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